I. Alphonse P"' de Naples
lO L. I. — ATRI.
infligea au vice-roi Gilbert de Bourbon, duc de ]\Iontpensier. Grièvement blessé et fait deux fois prisonnier, le duc d'Atri parut une si belle capture qu'il fut emmené en Espagne, afin de servir de trophée au triomphe du Grand Capitaine.
Acquaviva était heureusement aussi artiste que guerrier ; il sut charmer la cour d'Espagne par son esprit, et, rendu à la liberté, il revint à Naples, où, disant adieu aux querelles qui lui avaient si mal réussi, il se fit le Mécène des lettrés de son temps. Très instruit lui-même, il avait organisé dans son palais une imprimerie, et c'est de ses presses que sortirent, éditées à ses frais, les premières œuvres de Sannazar, qui lui sont dédiées. Ses intelligentes largesses mirent en assez mauvais état la fortune du duc d'Atri, mais elles lui valurent l'admiration reconnaissante des écrivains contemporains, dont les plus distingués lui dédièrent leurs ouvrages (i).
Tandis qu'André-Mathieu prenait parti pour Charles VII I, son frère cadet, Bélisaire, était demeuré fidèle aux princes d'Aragon, et sa conduite, si opposée à celle du duc d'Atri, lui avait valu toutes les faveurs des rois de Naples. Ferdinand II avait dépouillé André du comté de Conversano pour le donner à Bélisaire, mais ce dernier, fidèle à son frère comme il
I. Paul Jove attribue à André d' Acquaviva une encyclopédie. Il aurait aussi composé un commentaire sur quelques traités de Plutarque.