BRACKLHT CHAINE, PAR ROBIN
semblait affectionner particulièrement le bijou tout en or, et qui tenait autant à la solidité de Taspect qu'à celle que devait avoir réellement le bijou, donnait une plus grande épaisseur au métal, ce qui, joint à la parfaite correction de ses ouvrages, lui avait créé une place à part dans la fabrique.
En 1860, Crouzet, un autre dessinateur plein d'idées originales et d'un mérite égal à Marchand comme fabricant, semble puiser ses inspirations dans les souvenirs du Maroc et de l'Algérie. Il suspend presque toujours à ses bracelets des chaînes^ des glands ou des médailles. Il y emploie avec bonheur tantôt le corail, tantôt l'onyx ou le lapis. Le nœud algérien qui enserre les boules lapis est d'une proportion et d'un jet charmants. Il n'est pas besoin d'insister sur l'élégance de cette composition non plus que sur celle qui suit. Ces bracelets étaient très décoratifs au porter; tout au plus pouvait-on leur reprocher, surtout au second, d'être un peu gênants dans certains cas particuliers. De Crouzet encore est ce tour de bras en forme de jarretière; le bouton qui fait plaque laisse échapper une chaîne, dont les mailles, faites en brillants, vont en diminuant d'une façon très agréable.
A la même date, Duron, qui s'était fait une réputation si grande et si méritée comme orfèvre d'or, en reproduisant d'une façon admirable plusieurs des belles pièces repoussées et émaillées de la galerie d'Apollon au Louvre, nous montre que, bien qu'identifié avec les œuvres de la Renaissance, il se plaisait souvent à puiser ses inspirations ailleurs.
BRACELETS. joi
Cette ronde d'amours et de roses était exécutée en ors ciselés de différentes couleurs. On retrouve ce goût pour le tendre et le coquet
BRACRLKrâ DE CROUZET.
dans un crochet de ceinture du même artiste. Duron aimait les fins détails, et ses dessins étaient fouillés comme sa bijouterie.
Ces bracelets, aussi bien que les bijoux de la même époque qui figurent dans les autres parties de cette étude, viennent corroborer ce
fait que j'ai énoncé plus haut, à savoir qu'en empruntant ses éléments décoratifs à d'autres industries, la bijouterie a produit, en somme, des bijoux nouveaux qui ne ressemblent en rien à ceux des époques qu'ils rappellent. La bijouterie contemporaine est restée dans les mêmes traditions. C'est ainsi qu'on a vu, dans ces derniers temps, fabriquer commercialement des bijoux dits genre Henri II faits en petits rinceaux d'émail blanc courant sur fond noir, qui n'ont jamais été fabriqués sous le règne de Henri II ; c'est ainsi que, plus récemment en-