PLASTRON ARTICULA
nous avons précédemment étudiés, et dont le point de départ, la
BROCHES ET FIBULES
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spirale proprement dite, forme à elle seule un tout complet, dans certains cas.
On verra au musée des antiquités nationales de Saint-Germain, ainsi qu'au Cabinet des Antiques et dans la salle des bronzes, au Louvre, à Paris, des fibules, des agrafes de manteau et peut-être des parties du harnachement d'un cheval, car on ne sait au juste à quel usage certaines de ces pièces étaient destinées, qui ne sont composées que d'une ou deux spirales, parfois grandes comme de petites assiettes, très souvent plates, mais quelquefois relevées au centre en forme de cône obtus. Il semble que toutes peuvent prendre rang parmi les bijoux défensifs, entre autres, cette énorme pièce dont le musée Schewerin, dans le Mecklembourg, possède un original trouvé à Plauerhagen. Elle ne mesure pas moins de trente-quatre centimètres, et celle de Saint-Germain en a trente-neuf. C'étaient de réelles cuirasses.
Il est à remarquer que tous ces objets en bronze sont fabriqués sans sou-
lao LES BIJOUX ANCIENS ET MODERNES.
dures, ce qui ne laisse pas que d'être fort extraordinaire, si — déve-
loppant par la pensée dans toute leur longueur ces fils enroulés, — on cherche à se les figurer tout droits, à Tétat de préparation, prépa-
BROCHES ET FIBULES. jti
ration entièrement faite au marteau. Si nous passons à TeKamen de pièces plus compliquées, parce qu'elles sont formées de pièces assemblées, on fera encore la même remarque. Voici une grande fibule appartenant à la même période historique, qui est composée de deux morceaux et dont les assemblages ont été faits avec des rivets. Les quatre cygnes sont grossièrement moulés en ronde bosse, d'un seul tenant, avec le fil de bronze qui vient se rattacher à l'intérieur de Parc. L'arc est orné, par intermittences, de parties qui sont taraudées, et le fourreau est fait d'une sorte de spatule relevée et décorée au pointeau, comme les bijoux primitifs et les bractées. Cette fabrication est très intéressante, en ce sens que le fourreau, l'arc et l'épingle sont faits d'un seul morceau de métal, qui a dû, de même que les fibules à spirales, être préparé et décoré alors qu'il était droit, et ne recevoir qu'une fois terminé la forme d'arc telle qu'elle est représentée. Il fallait qu'à cette époque, les toreuticiens eussent l'esprit prévoyant, car lorsqu'une faute était faite, lorsqu'un morceau du métal avait été retiré en trop, ils n'avaient pas, pour réparer leur maladresse, la ressource d'employer la soudure qui leur était inconnue.
Cette pièce, qui fait partie de la collection Kircher, à Rome, a été trouvée dans la nécropole de Monterozzi, aux environs de Rome.
La grandeur de l'arc de cette fibule fait supposer qu'elle servait à un autre usage qu'à relever le vêtement, à moins qu'on ne suppose un vêtement de peau. Nous verrons plus loin que les Romains en employaient de fort grandes aussi, sans doute à maintenir de lourdes étoffes, peut-être le manteau, peut-être la couverture du cheval, peutêtre des tentures, faisant ainsi l'office d'embrasses de rideaux.
Au milieu d'une grande quantité de spirales énormes qui sont au Capitole, à Rome, exposées dans le palais du conservateur, il y a des fibules en bronze composées de nombreux petits disques plats qui semblent enfilés par l'arc de la fibule. Les vides laissés entre ces disques ont, à coup sûr, été remplis d'une matière quelconque qui a été détruite. L'ambre était fréquemment employé à cet usage. Peutêtre enfilait-on alternativement sur l'arc un disque d'ambre et un disque de bronze, peut-être l'ambre était-il entré à force, car les anciens devaient posséder, aussi bien que nous, l'art d'amollir le succin. Ils le faisaient pénétrer entre les disques de métal et, lorsque les vides s'en trouvaient remplis, ils l'affleuraient avec le bronze et le polissaient. Ils pouvaient certainement employer d'autres matières;
mais ce qui me fait croire à Temploi de l'ambre, ce sont d'autres fibules que j'ai vues chez M. Aug. Castellani, peut-être moins anciennes, mais dont Tanalogie avec celles-ci n'échappera pas, bien que le mode de fabrication en diffère. Elles sont faites de disques d'ambre et de disques de cuir assez épais, enfilés alternativement par l'arc. Les
FIBULE A D18q,TTE8. CAPITOL E.
disques de cuir ne sont mis là que pour combler les vides, car on ne les voit pas. Ils sont recouverts d'une feuille d'or pelliculaire, ornée de stries obtenues au traçoir, à la manière des bractées. Celle dont je