I. Quicherat, Histoire du costume
j+8 LES BIJOUX ANCIENS ET MODERNES.
nom àtfermail, n'est autre que la boucle romaine usitée dans les derniers temps de TEmpire, qui, de ronde qu*elle était alors, est devenue ovale. Sans doute, elle est aussi plus riche. Elle sert à fermer le sayon de chaque côté de la fente duquel deux œillets sont pratiqués près du cou, un sur la partie droite, un sur la partie gauche. Ces œillets livrent passage à la broche centrale.
Au X® siècle, sainte Hélène, représentée en princesse vêtue à la mode du temps, a sa tunique fermée par une petite plaque en forme d'œil, qui paraît être un fermail fait d'une seule pierre. Des pierres sont cousues sur le .bord de sa tunique.
Au XII® siècle, les fermaux deviennent de grande dimension. On en fait pour attacher les manteaux. Ils sont couverts de riches émaux transparents imitant les pierres en forme de cabochons, qui étaient alors la seule forme qu'on connût. Cet art nouveau des émaux transparents nous venait de Byzance; sa richesse et aussi sa ressemblance avec les pierres précieuses le firent bientôt préférer aux émaux opaques. On le vit figurer dans la toilette du bourgeois aussi bien que dans celle du gentilhomme. Le surcot, fort étroit d'encolure et fendu par devant, était fermé par un bijou qui n'avait plus la forme anciennement usitée de la boucle romaine et qui formait une sorte de petit tableau auquel on donnait le nom d^ajîche ou affique, nom qui servira plus tard à désigner celui que les hommes attacheront à leur chapeau.
Néanmoins l'usage des fermaux se continue. Les vitrines de la
FERMAUX DB LA GALERIE d'AI'OLLON.
galerie d'Apollon, au Louvre, en contiennent trois de différentes époques; ils sont de petite dimension.
Le premier, numéro D. 721, de forme annulaire, en argent niellé et doré, porte sur la face l'inscription : CE S VI DONE PAIR
AMOREV^tn capitales gothiques, gravées et niellées entre deux filets. Il est du XIII® siècle.
Le second, numéro D. i86, en argent émaillé et doré, est vraiment une broche faite comme les nôtres, avec queue et crochet. Au centre, est représentée une scène à deux personnages dans laquelle Témail translucide est employé. Il est du xiv® siècle.
Le troisième, numéro D. ySy, de forme annulaire, en argent niellé et doré, porte l'inscription : + BONNE AMOVR, en capitales gothiques carrées, et sur le revers: BIEN ME PLET. Il est duxv® siècle.
La forme de ces petits bijoux, surtout quand ils sont faits d'un anneau rond, rappelle la grande fibule connue sous le nom d'épingle écossaise.
Le musée de South-Kensington possède une copie réduite d'une ancienne'fibule irlandaise, dont l'original est au musée de TUniversité