De La borde, Glossaire, au mot tableau d'or
2. Histoire de Vor/,joaill., Paul Lacroix (Paris, i85o). Page 96.
j5a LES BIJOUX ANCIENS ET MODERNES.
prisonnier en même temps que le roi Jean, contenaient six cents periesans compter les rubis et les saphirs. Cette pièce d'habillement représentait une telle somme, qu'un Italien établi à Londres consentit à prêter dessus 4,200 écus d'or*.
L'inventaire du roi Jean • mentionne une grande houppelande orfraisée d'orfèvrerie entour des manches de pelleterie, à petits diamants et à petits balais, et orfraisé d'orfraiz, d'ortrait' entour du collet et environs de la poitrine.
Il mentionne aussi :
— I fermaîl à trois saphirs et deux balais, chacun quatre perles et un diamant au milieu;
— I fcrmaillet d'or émaillé plat à quatre perles et trois diamants;
— I fermail d'or émaillé sans pierres ;
— I autre fermaillet à cinq émeraudes et cinq perles et un grenat au milieu.
On voit, dans les archives de Joursanvault, qu'en 1392 le duc d'Orléans donne à la châsse de Monseigneur Saint-Louis un fermail d'or garni de trois saphirs et de trois grosses perles, avec un rubis au milieu.
Les artisans qui s'occupaient de la fabrication des fermaux ou fremaus ou fremillets étaient assez nombreux pour former un groupe dans leur corporation. On les appelait fremaillers ou fermaillers. Ils fabriquaient également les agrafes, les boucles et autres crochets ayant la même destination, et en plus les anneaux et les dés à coudre. Mais ces fermaillers, qui étaient classés dans les ouvriers qui travaillaient le fer*, produisaient surtout ce genre d'objet pour la consommation courante. Il est vraisemblable que les fermaux en or, en émaux et en pierreries étaient l'ouvrage de ceux qu'on désignait alors sous la dénomination générale d'orfèvres.
M. Auguste Castellani, de Rome, possède une fort jolie agrafe du xv** siècle. Tout le fond est en émail bleu clair opaque. La partie centrale est en émail blanc en quatre parties, et l'ornementation en est faite en cordelé. Le cadre est formé d'un cordelé plus gros.