‹ Les bijoux, anciens et modernesChapitre 169 sur 250 · Testament du roi Jean le Bon, publié par G. Bapst · texte numérisé non relu

Testament du roi Jean le Bon, publié par G. Bapst

3. Ortrait, — or tiré mince, servant à faire la passementerie, la broderie et le tissage d'étoffes.

4. Les Métiers et corporations de la ville de Paris, René Lespinasse et Franc. Bonnardot.

BROCHES ET FIBULES. J$I

Au XV* siècle, une mode nouvelle s'introduit dans le costume des deux sexes. Ce sont les branlans, espèces de copeaux d'or pelliculaires, qu'on entremêle de paillettes et qu'on met partout, au chapeau et sur les vêtements; s'ils sont en satin cramoisi, ce sont des branlans d'or; s'ils sont en satin blanc, les branlans sont d'argent. On leur donnait aussi le nom de rabotures. « Pour une grande quantité de rabotures rondes d'argent blanc, pour mettre et asseoir sur la broderie d'une jaquette de drap noir. Pour vi.liij rabos d'or sauldis, que Ton a mis et assis sur les manches. — 1413-1416. Ducs de Bourgogne ^ »

Cette mode durait encore au xvi® siècle, car Rabelais en parle dans son Gargantua, à propos des toilettes portées dans l'abbaye de Thélème :

« En été parfois, au lieu de robes, elles portaient belles marlottes des étoffes susdites ou de bernes à la moresque de velours violet à frisures d^or, sur cannetille d'argent, ou à réseau d'or garni aux rencontres de petites perles de l'Inde. Et toujours le beau panache selon les couleurs des manchons, bien garni de papillettes d'or. »

Tout ce clinquant qui semble dater du règne de Charles VII n'est pas, à vrai dire, de la bijouterie; mais certainement il en tenait lieu, et bien certainement aussi, c'étaient les ouvriers qui avaient coutume de travailler l'or et l'argent qui le fabriquaient.

La mode de l'or et des pierreries cousues se continue. En 1414, le duc Charles d'Orléans fait broder sur son manteau un air de musique. Les notes sont figurées par 960 perles sur les portées qui sont en broderies d'or.

Un gentilhomme campagnard fait coudre sur son habit 3oo pièces de monnaie d'or, disposées en trèfle.

On fabrique pour le duc de Bourgogne, en 141 1, des manches semées de 7,500 annelets d'argent alternant avec 2,000 rinceaux d'or, le tout cousu sur l'étoffe et pesant douze marcs.

Jehan de Saintré raconte les préparatifs qu'il fait pour accomplir ses premières armes* : «... Et quant au regard de mes parements, j'en ai trois qui sont assez riches, etc., etc.; et en ay un autre de satin bleu loiangé d^ orfèvrerie à nos lettres qui sera bordé de fourrure blanche ; et si en ay un autre de damas noir, dont l'ouvrage est tout parf lé de

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