‹ Les bijoux, anciens et modernesChapitre 172 sur 250 · Histoire du costume, Quichcrat · texte numérisé non relu

Histoire du costume, Quichcrat

2. Extrait du Mercure. Union célébrée à Versailles, le lundi gras de Pan 1680, entre le prince de Conti et la fille que le roi avait eue de M"* de la Valliére.

Il ne faut pas croire que cette mode de pierreries cousues fût un

DEVANT DE CORSACK.

luxe réserve aux princes. On trouve, dans les vieilles estampes de la

BROCHES ET FIBULES

Bibliothèque, une fille de qualité en habit garni de pierreries sur le milieu du corsage, sur les bords de la veste et de chaque côté sur le bord des manches. Une bande faite d'un semis de pierres descend sîir sa jupe et va se confondre avec la haute et grande ornementation qui la borde et qui est faite également de pierres cousues. Sa coiffure est ornée de même. Elle a des perles aux oreilles.

On peut supposer que c'est stimulés par cette mode, que les joailliers composèrent ces grands ouvrages qui couvrirent tout le devant de

NOr.UD EN JOAILLERIE DU XVII* SIÈCLE.

la poitrine jusqu'à la taille, ouvrages qui ne pouvaient ctrê portés que sur le corsage raide et inflexible dont les élégantes se cuirassaient alors. Le dessin de ces pièces consistait presque toujours en rubans dont les flots et les nœuds, symétriquement enchevêtrés, maintenaient ou semblaient maintenir des guirlandes de fleurs et de feuillages. Ils étaient souvent heureux et presque toujours élégants. A coup sûr, on dut les trouver préférables aux plaques et aux chatons cousus, car ils présentaient cet avantage, n'étant pas semés sans raison comme ces derniers, d'offrir à la vue un bel ensemble de parure. Cette manière de présenter la joaillerie était particulièrement agréable et avantageuse,

car l'étoffe sur laquelle elle se détachait apparaissant et faisant fond, à travers tous les vides du dessin, le rendait clair et intelligible, en

BOUQ^UET COMPOSE PAR IBMPEREOR.

même temps qu'elle augmentait Téclat des pierres. Cet effet était d'autant plus sûr, que les joailliers exécutaient ces pièces presque sans leur donner de relief, mais, au contraire, en prenant soin qu'elles

BROCHES ET FIBULES

fussent plaquées sur le satin ou le velours de la robe. Cette mode éblouissante excitait bien des convoitises; elle eut certainement pour résultat de susciter aux industriels Tidée de chercher à imiter le diamant. Cest en 1768 qu'un nommé Strass, établi à Paris, inventa ce cristal qui a conservé son nom.

Pendant la fin du xvii® siècle et toute la première moitié du xviu% il fut de mode de mélanger aux brillants les pierres de couleur, rubis, émeraudes et topazes d'Orient. On faisait ainsi des bouquets souvent fort gros. Lempereur avait la réputation d'exceller dans ce genre d'ouvrage et nous devons à Pouget fils, qui avait été son élève, la conservation et la reproduction de quelques-uns de ses plus beaux dessins, de même qu'une vingtaine de morceaux, d'après les meilleurs metteurs en œuvre*.

On trouve dans ce recueil des dessins de nœuds d'épaule, mais en petite quantité, ce qui peut donner à penser que ce bijou n'a pas eu une bien grande vogue. On y trouve aussi des objets qualifiés agrafes de corps, ce qui signifie probablement agrafes de corsage. Elles ont toutes entre elles un grand air de famille, et je crois bien qu'un seul dessin suffira pour faire comprendre la façon dont ce bijou était construit.

Un bijou qualifié g-iràndole y est représenté nombre de fois, et presque toujours composé d'une grosse perle ronde en haut, tenant en suspension trois énormes perles pendeloques. Si parfois les matériaux qui servent à composer ce bijou sont modifiés, la forme en reste invariable.

NŒUD D'éPAULE.

I. Pierres précieuses, par Pouget fils. Le 62 (Cabinet des Estampes).

LF.S BIJOUX ANCIENS ET MODF.UNtS.

Bien que les perles eussent été alors en France beaucoup plus communes qu'elles ne le sont de nos jours, il est difficile d'admettre qu'il en existât une assez grande quantité de la grosseur qui est figurée dans tous ces dessins, pour que toutes les girandoles qui étaient portées fussent ornées de perles fines. Les grosses et belles perles, en effet,

AGRAFE DP. CORPS DE POVGET.

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