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I. Quicherat, Histoire du costume

iC^ LES BIJOUX ANCIENS ET MODERNES.

chaînes, des plaques de ceinture, des bagues, des ganses de chapeau, des tabatières et une foule d'autres objets. Il fabriquait notamment de superbes boutons d'habit repercés à jour, véritables bijoux qui atteignaient des prix tellement élevés qu'ils sont incroyables *. La mode des bijoux d'acier se prolongea jusqu'à Tépoque du Directoire.

On porta, pendant la première République, des bijoux émaillés aux trois couleurs avec des devises patriotiques, et les incroyables commencèrent à attacher leur chemise avec des épingles à tête de bijouterie.

Sous l'Empire, la broche fut quelquefois faite d'une belle topaze d'Orient ou d'une belle améthyste entourée de brillants, quelquefois d'agates arborisées; mais, le plus souvent, elle se composait d'un camée entouré soit de pierreries, soit de travaux d'or en cannetille.

La joaillerie de la Restauration avait conservé un reste du goût élégant qui l'avait distinguée au dernier siècle. L'épi de blé fut employé fréquemment dans les compositions de cette époque; il se prêtait, par sa forme, à des arrangements heureux qui faisaient aussi bon effet dans les cheveux que devant le corsage. Voici un bouquet tiré des vieux albums de la maison Bapst, dont la célébrité semblait alors avoir atteint son apogée. Il donne une note intéressante qu'on a plaisir à revoir. On faisait des couronnes tout en épis, et si romanesque que semble être aujourd'hui une coiffure de ce genre, on peut affirmer qu'elles étaient portées par le monde classique.

Les ors de couleur, si usités dans les bijoux du règne de Louis XVI, firent aussi leur réapparition ; mais ils furent employés assez grossièrement et ne rappelèrent en rien les finesses qu'ils avaient la prétention d'imiter.

On a remarqué qu'à partir du xv siècle les dernières traces de l'épingle appelée fibule disparaissent, et que ce bijou est désormais remplacé par la broche. Mais la broche n'a plus les éléments d'élégance qui ont fait de la fibule le bijou le plus charmant, un bijou qui n'avait pas d'envers et qui pouvait être regardé indistinctement de tous les côtés, sans cesser d'être intéressant. Les Gaulois lui avaient conservé son originalité, mais les Mérovingiens l'avaient détruite, en élargissant et en écrasant outre mesure la face supérieure et en supprimant le fourreau. Cependant la face qu'ils avaient conservée, en la dé-

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