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I. Diamants et Pierres précieuses, Rothschild, éditeur

j76 LES BIJOUX ANCIENS ET MODERNES.

et des broches d'un goût quelque peu sévère et cependant remplis de charme.

En France, la mode est actuellement de porter les broches très petites; ce sont plutôt ^es épingles. Les dames attachent aux brides de leur chapeau et à leur cravate mille petits motifs en or ou en pierreries, puisés à toutes les sources, mouches, coléoptères, papillons, plumes, oiseaux, trèfles à quatre feuilles, etc., etc., parmi lesquels il en est qui sont vraiment charmants et d'une fabrication excellente.

Une mode nouvelle est celle des fleurs modelées tout en or. On en voit en assez grande quantité aux étalages des marchands, mais, faut-il le dire, on en voit peu de bonnes. Et cependant les ouvriers qui les exécutent sont habiles; il ne leur manque qu'une seule chose: c'est de copier directement la nature. Un homme intelligent, studieux et exercé pourrait exécuter des merveilles en s'appliquant à ce genre de travail. Peut-être ferait-il bien d'abandonner l'or allié à dix-huit carats qui, par suite de son manque de malléabilité, produit des sécheresses et des duretés regrettables. L'or à vingt ou vingt et un carats donnerait des résultats bien supérieurs. Les Grecs qui, pendant un temps, ont fabriqué des fleurs traitées de la même manière, l'employaient au moins à vingt-deux carats. Je me hâte d'ajouter qu'ils le laminaient très mince; il en résultait que le moindre froissement altérait la forme du bijou.

J'ai dit plus haut bien des choses désobligeantes au sujet de la joaillerie-, mais, depuis une vingtaine d'années, cette fabrication a été sensiblement modifiée*. Le principe d'après lequel elle est fabriquée actuellement est bon. Il en résulte que, si tout n'est pas également bien fait, le niveau général de la fabrication est au moins très acceptable, et que ceux qui le dépassent produisent ces merveilles qui m'ont fait dire à la fin de mon aperçu général que les fleurs de certains de nos joailliers respirent comme des fleurs naturelles. C'est, en effet, la fleur qui est maintenant surtout reproduite en joaillerie; elle a cela d'avantageux que, comme motif, elle est facilement intelligible et qu'elle se place indistinctement au corsage, au col et dans les cheveux, ce qui fait que nous la retrouverons dans chacun des chapitres consacrés à chaque bijou.

I. Voir au Dictionnaire encyclopédique et biographique de E.-O. Lamic et A. Tharel, au mot joaillerie.

BROCHES ET FIBULES. 377

On a fait, il y a quelques années, la tentative d'employer Témail en mafiière de voir Hères dont il est parlé plus haut, c'est-à-dire Témail à jour, en le mêlant aux brillants dans la composition des fleurs. Cet essai, sur lequel il n'y a pas lieu de porter encore un jugement, a été précédé par l'emploi du même émail dans les bijoux. Il fallait regarder ce bijou à Tenvers pour en apprécier l'effet, puisque l'émail ainsi posé n'a d'éclat qu'à la transparence. Cette nécessité fâcheuse a peut-être été cause qu'on n'a pu tirer tout le parti désirable d'une chose charmante en soi, et je soupçonne que c'est la même raison qui l'a fait abandonner par les artistes du xvi* siècle qui le connaissaient et sans doute avaient éprouvé la même déception que nos contemporains. 11 faut se tenir en garde contre les beautés qui ne résident que dans l'appréciation idéale qu'on en peut faire et qu'on pourrait appeler spéculatives. Un bijou n'est pas une pièce de cabinet, il est destiné à la parure; sa beauté doit être notoirement visible et facilement saisissable.

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