ENSEIGNES
Dès la plus haute antiquité, le diadème ou bandeau paraît avoir été réservé exclusivement aux rois, aux grands prêtres, aux puissants de la terre. Envisagé comme tiare, comme couronne royale ou nobiliaire, il se trouverait placé en dehors du cadre de cette étude, qui ne comprend que les objets destinés à la parure. Mais, chez les Grecs et chez les Romains, les diadèmes et les couronnes servaient surtout de coiffure aux femmes d'un rang élevé. On trouve la preuve de ce fait dans nombre de sculptures et, sans aller plus loin, dans les bijoux mêmes que nous étudions. On se rappelle avoir vu dans les précédents chapitres divers objets d'or représentant des têtes de femmes diadémées.
Cet usage était même antérieur à la civilisation italo-grecque. Il a été trouvé dans le tombeau de la reine égyptienne Aah-Hotep, de la XVIIP dynastie, un diadème représentant une boîte en forme de cartouche royal, gardé de chaque côté par deux petits sphinx affrontés. Le couvercle de la boîte reproduit le cartouche d'Amosis en or sur fond de pâte bleue imitant le lapis. Les deux sphinx sont en or. Si petits qu'ils soient, les yeux, dont les prunelles sont faites d'une pâte de verre noir et le blanc en quartz, sont rapportés incrustés dans l'or. Ce beau diadème, conservé au musée de Boulaq, a été trouvé sur le sommet de la tête de la reine, en partie engagé dans les cheveux ^
Plusieurs petites statuettes féminines égyptiennes portent, sur une perruque large et touffue, une sorte de calotte du tour de laquelle