‹ Les bijoux, anciens et modernesChapitre 193 sur 250 · Revue archéologique de i85o · texte numérisé non relu

Revue archéologique de i85o

toa LES BIJOUX ANCIENS ET MODERNES.

une partie. La guimpe, qui leur entoure le haut de la poitrine et le cou, va rejoindre la coiffure qui affecte par devant la forme d'un diadème, et qui est recouverte d'un voile assez court relevé et formant aux deux côtés de la tète deux gros tampons qui cachent les oreilles. Au XII* siècle, on nouait autour de la tête un diadème appelé tressoir, qui servait à maintenir les cheveux sur la nuque. Des perles et des pièces d'orfèvrerie enrichissaient ce tressoir. D'autrefois, les cheveux étaient partagés en deux sur le sommet de la tête et tressés en deux nattes galonnées qui descendaient le long des bras. Sur le front, un chapelet (petit chapeau), un tressoir ou bien un cercle d'orfèvrerie assujettissaient sur le chef une voilette de fin tissu.

En 1279, le roi Philippe le Bel promulgua un édit somptuaire qui enjoignait aux bourgeois de se défaire immédiatement de ce qu'ils possédaient en fourrure de vair et de gris, en joyaux et cercles d'or et <ï argent. Il le renouvela en 1294, en lui donnant le caractère d'une constitution perpétuelle. Cet édit fut tellement pris au sérieux que, lorsque le roi fît son entrée à Bruges en i3oi, la reine, sa femme, qui s'était déshabituée du faste à la cour de France, ne put retenir son dépit, en voyant le luxe déployé par la bourgeoisie flamande toute chargée de soie, de fourrures et de bijoux, et qu'elle dit : Je croyais être la rettie ici, et j'en vois des centaines.

De 1340 à i38o, nous retrouvons les diadèmes de perles et les cercles d'orfèvrerie qui sont alors di^^tXés front eaux ; mais, à la fin du XIV* siècle, Isabeau de Bavière arbore la couronne royale fleurdelisée^ toute couverte de pierreries, sur le sommet de son hennin. La séduction et la grâce dont la coquetterie féminine avait su entourer le diadème disparaissent avec cette brutale innovation.

C'est à la fin du xiv* siècle que les dames donnent le nom de chapel à l'une de leurs coiffures et qu'elles l'ornent dejlocarts, c'est-àdire de houppes de fil d'or. Ces chapels étaient souvent couverts d'or ou d'orfèvrerie, ou bien encore à'orfroi ou filigranes d'or; on les appelait chapels orfèvres, La duchesse d'Orléans, Valentine de Milan, en avait un en or, à fleurs de genêt, orné de huit diamants et de huit rubis. Ce luxe ne lit que s'accroître jusqu'à ce que Louis XI lui eût imposé le frein des lois somptuaires.

La statue funéraire d'Anne de Bourgogne, duchesse de Bedford, conservée au musée du Louvre, dans les salles de sculpture du moyen âge et de la Renaissance, porte sur sa coiffure des plaques de joaillerie

au nombre de sept, dont les dessins sont différents et alternés. Une résille, garnie de perles aux croisillons, renferme la chevelure et complète l'ensemble. Cette sépulture date de Tannée 1432, ainsi qu'il est relaté sur le monument.

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