‹ Les bijoux, anciens et modernesChapitre 211 sur 250 · I. Fréd. Moreau, Album Caranda, Procès-verbaux des fouilles · texte numérisé non relu

I. Fréd. Moreau, Album Caranda, Procès-verbaux des fouilles

CEINTURES, BRELOQUIEUS, CHATELAINES.

coutume de porter avec soi. « La rouelle, dit quelque part M. de Longpérier, est la première châtelaine. » Mais la vraisemblance de cette supposition se trouve amoindrie par différentes observations qui ont été faites. La première est que, relativement aux autres objets trouvés, ces rouelles sont assez rares ; la seconde, c'est qu'on ne les a jamais trouvées garnies des ustensiles qu'on les supposait destinées à porter;

ROUELLES MEROVINGIENNES.

la troisième, c'est qu'on en a trouvé qui étaient placées juste au milieu de la poitrine des squelettes, comme le serait soit une décoration, soit un bijou.

Mais comme tous ces objets n'ont pas identiquement la même construction, on peut supposer que tous n'étaient pas destinés au même usage. Les uns ont pu servir de châtelaines et les autres de simple parure, car les angles de la plupart sont restés vifs, comme s'ils sortaient tout frais de l'atelier, ce qui indique qu'on n'y suspendait rien. Ils représentent parfois des sujets offrant quelque intérêt, comme un homme à cheval, un cygne ou un heureux enchevêtrement de têtes de serpent. Il en est qui sont de dimensions extraordinaires et ont jusqu'à onze centimètres de diamètre. Ceux-là pouvaient être des insignes ou des ornements; mais lorsque nous nous trouvons en face d'une pièce dans le genre de celle dont un premier exemplaire a été trouvé dans la palafitte de grésine, au lac du Bourget*, le doute ne semble plus permis. Le musée de Mayence conserve plusieurs de ces objets repercés à jour,

I . Tirée des Matériaux pour l'histoire primitive et naturelle de Vhomme, i8« vol. 3« série. T. !•', 1887.

ROUELLK A CHAINETTB8.

(Musée d: Mayence.)

après lesquels on a trouvé de longues chaînettes pendant par trois et quatre.

La plaque dont je donne le dessin était attachée à la ceinture par un crochet passant dans un anneau de fer. Elle a été trouvée dans les fouilles faites au vieux cimetière d'Obecrolm, dans la Hesse rhénane.

A quelques-unes de ces plaques, au bas des chaînes qui avaient jusqu'à quarante centimètres et plus de longueur, des monnaies paraissent avoir été suspendues, car on en a trouvé plusieurs qui étaient percées sans doute pour cet usage et qui se trouvaient tout auprès des chaînes dans les sépultures.

Quoi qu'il en soit et à quelque usage qu'aient pu servir ces objets, ils font, à bon droit, partie de ceux que nous étudions, et je crois qu'on ne verra pas sans intérêt les quelques dessins que j'en ai donnés. Tous ces objets, de même que les plaques de ceinture, étaient fabriqués par le procédé du moulage.

La période mérovingienne est particulièrement caractérisée par des bijoux faits en grenats, et plus fréquemment en verres rouges incrustés dans des alvéoles. Ce genre de travail rappelle celui que faisaient les Égyptiens, deux ou trois mille

CEINTURES, BRELOQUIERS, CHATELAINES. 4^1

ans avant notre ère. Seulement les Égyptiens n'incrustaient que des pierres dures opaques, ou des pâtes de verre coloré qui les imitaient, tandis que les Mérovingiens employaient des matières transparentes qui, du resre, variaient peu. C était, ainsi qu'il vient d'être dit, des grenats pour les pièces exceptionnelles et des verres rouges qui les imitaient pour tout k reste. Ces grenats ou verres jouaient sur un mince paillon d'argent ou d'étain guilloché en pointillé. Ce paillon était destiné à donner à la pierre la chaleur et la vivacité qui, sans ce secours, lui auraient fait défaut. Le pointillé de ce paillon était certainement obtenu par un moyen mécanique; on le voit à la netteté, à la régularité du travail. Cette particularité, jointe à d'autres que j'ai déjà eu l'occasion de constater dans le cours de ces études, nous fait

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