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BOUCLE EN BRONZE, ORNKE DE VERRES DE COULEUR

(Musée de Saint-Gcrrr.ain.)

voir qu'il existait alors des fabriques possédant un matériel industriel et occupant un certain nombre d'ouvriers.

Après que les pierres avaient été ajustées à leur place, elles adhéraient aux cloisons d'or, non seulement par le frottement, mais. encore par suite d'un dernier travail qui consistait à user à plat, sur une meule, toute la surface du bijou, de façon à égaliser les pierres et à les polir sur le même plan. On comprend que ce dernier travail devait

exercer^ sur les bords supérieurs des alvéoles d'or, un léger écrasement qui ajoutait encore à la solidité du sertissage des pierres.

Il existe de ce genre de travail des spécimens variés. Les uns sont fort grossiers, les autres sont d'une finesse admirable. Le musée de Saint-Germain en Layc en conserve une très grande qui est loin d'être soignée comme travail, mais qui offre cette particularité assez peu commune d'être ornée de verres bleus taillés en cabochons, et une autre de moindre dimension dont le centre est fait d'un cabochon ; les quatre parties, disposées en croix de Saint-André, sont en verre vert et lapidées à plat avec tout le reste qui est rouge. Les deux ont été trouvées à Tressan, dans l'Hérault. Elles semblent constituer une exception, car il en existe une quantité assez considérable, et elles sont toujours en verre rouge. Cette figure, qui fait partie de la collection de M. F. Moreau, est en fer doublé d'argent disposé en cloisons. Elle a

AGRAFl^ MEROVINGIENNE AVEC VERRES DE COULEUR.

BOUCLE DE CEINTURE EN FER DOUBLÉ d'aRGENT.

été trouvée à Bressy, dans l'Aisne, à la ceinture d'un Franc, avec plusieurs silex, un fermoir d'aumônière, un fort couteau et une hache en fer. On rencontre en assez grande quantité des objets de forme ronde appartenant à cette fabrication; ils sont la plupart du temps formés d'un verre central entouré d'un ou deux cercles d'autres verres, dont les cloisons sont dirigées vers le centre comme les rayons d'une roue. Elles ont de quatre à un centimètre et demi de diamètre. Ce sont des fibules et des boutons.

Mais la merveille qui peut donner une haute idée de ce genre de travail est l'épée de Childéric P% conservée au Cabinet des Antiques, à Paris. Elle est en or et en grenats. Les jolis enchevêtrements du cloisonnage, aussi bien que la finesse et la perfection de l'exécution, en

CEINTURES, BRELOQUIERS, CHATELAINES. 443

sont absolument remarquables et font voir qu'à cette époque il existait des ouvriers bien habiles. Une délicieuse petite boucle conservée au musée de Cluny achèvera de donner une idée assez complète des différents degrés de perfection qu'atteignait ce genre d'ouvrage. Celle-ci, également en or et en grenats, est de plus ornée de quatre grenats faisant relief et striés par le lapidaire, l'un en manière de coquille et les trois autres en câbles. Elle montre à quelle recherche la

BOUCLE DU MUséE DE CLUNY.

fabrication atteignait alors. Du reste, la ceinture, lorsqu'elle est figurée dans l'habillement des femmes de condition au v® siècle, et même des hommes, apparaît comme un objet de grand luxe tout couvert d'or et de pierreries. Jusqu'au vii° siècle, cet usage semble ne pas avoir été modifié, car l'auteur de la Vie authentique de saint Eloi nous fait connaître le splendidc costume qu'il portait à la cour avant de s'être consacré à Dieu : <c II avait des habits couverts d'or et de pierres précieuses, il avait aussi des ceintures rehaussées d'or et de pierreries, et des bourses élégamment semées de perles; ses robes étaient de lin et toutes ruisselantes d'or, etc. »

Les dames, au rx® siècle, portaient une ceinture dont les bouts retombaient par devant; elle était posée plus haut que la taille. C'était l'objet le plus dispendieux du costume pour les femmes riches, elle était garnie de plaques d'or et de pierreries. L'impératrice Judith, femme de Louis le Débonnaire, en avait où le métal était si peu épargné, qu'elles pesaient jusqu'à trois livres *.

Au xii° et au xiii® siècle, on employait indistinctement le mot courvoie pour désigner la ceinture. Elle servait à porter, suspendue sur le flanc, tantôt à droite, tantôt à gauche, Vaumônière, joli sachet brodé et orné de glands. Ou bien elle se composait d'un étroit ceinturon noué

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