‹ Les bijoux, anciens et modernesChapitre 213 sur 250 · I. Quicherat, Histoire du costume · texte numérisé non relu

I. Quicherat, Histoire du costume

par-dessus la taille; une ceinture enrichie d*émaux et de pierreries, à bouts pendants, jetée négligemment sur les hanches, retombait pardevant jusque vers le bas du bliaux. Les demiceints ou demi-ceintures qui servaient aux femmes avaient en appendice la couroie ou le tissu qui pendait jusqu'au bas de la robe, tandis que chez les hommes il ne dépassait que de vingt ou vingt-cinq centimètres le nœud de la boucle; on y attachait la gibecière et le poignard. Déjà la mode pour les dames de jouer avec le pendant de la ceinture — mode que nous retrouverons dans les siècles suivants, mode naturelle s'il en fut — est consignée dans les écrits du temps. Voici un extrait du Roman de Parthénopus de Blois, écrit au déclin du xii* siècle :

« Il faut qu'elles soient debout pour s'affubler et se serrer avec grâce. Elles tiennent devant elles la boucle et les pendants de leur ceinture, et font maints essais pour trouver une pose irréprochable. »

On faisait de ces cordons en or et sans pierreries d'un beau travail, mais on cousait toujours les pièces d'or sur un fond d'étoffe.

Le morceau d'une ceinture conservé au musée du Louvre sous le numéro SSy, qui se compose de six pièces carrées et de la boucle, était cousu sur du velours. Il est. attribuée à la décadence des Arabes d'Espagne.

Il s'en faisait aussi qui étaient tressées en fils d'or et d'argent, pour la fabrication desquelles on interdisait l'or de Lucques ou de Chypre, espèce de soie recouverte d'un fil d'or. C'étaient les merciers et les courroyers qui se partageaient cette industrie et qui garnissaient les ceintures de clous ou de plaques d'or ou d'argent. Puis, à côté de ceux-ci, il y avait les fondeurs et les moUeurs qui faisaient des boucles, mordants et fermaux en archal et en cuivre. Les patenôtriers concouraient aussi à l'ornement de la ceinture. Ils se divisaient en quatre catégories, suivant la matière qu'ils met-

CEINTURES, BRELOQUIERS, CHATELAINES. 44$

talent en œuvre et qui étaient Tor, la corne, le corail et les coquilles

de nacre, l'ambre et le jaiet. Ces patenôtres s'attachaient au nœud de la ceinture. On finit par en fiibriquer de fort riches qui se terminaient soit par des perles pendues, soit par un reliquaire; puis enfin on donna le nom de patenôtre à tout travail de grains enfilés.

L^inventaire du roi Jean * mentionne « une courroie de cuir a une boucle et un mordant et quatre bezanz d'or ». Le mordant était rornemcnt de métal qui terminait la courroie de la ceinture et qui pendait au-devant du corps, et les besans les disques d'or qui ornaient la courroie.

Le même inventaire mentionne encore :

u Item, sa vieille seursaintte garnie d'or. Item i autre seursaintte en un tissu à boucle et mordant à vj clous d'or. Item i autre seursaintte à une boucle et mordant et clous d'or, où y pcnt une bourse de soie bleue »; et plus loin encore : « Une seinture garnie d'or, une courroie ferrée d'or. »

On voit par ces détails combien était important le rôle de la ceinture dans le costume masculin. A cette époque, la ceinture militaire se composait de deux pièces : le ceinturon propre-

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