MON TRE OR ET ÉM AU X
M ONT R B CHl N OT8ERIE.
Nous retrouvons, dans les montres, des spécimens curieux et attachants des travaux variés dont il vient d'être question.
Le genre tourmenté est représenta par un fond séparé en six panneaux qui rayonnent d'une élégante manière, et dans chacun desquels court un jet de fleurs peintes, émaillées à plat. Au centre, est une grosse fleur de même travail. Le cadran de cette montre, dont les heures réservées en or se détachent sur un fond d'émail vert, porte le nom de C Brier. London.
Une belle pièce est ornée d'un trophée d'instruments de musique faits en ors de diverses couleurs et ciselés avec un soin parfait. Ce motif est incrusté sur le fond de la montre qui est tout en platine et qui a pris, à la longue, un fort beau ton noir d'un effet merveilleux.
Une autre, non moins intéressante, représente une pastorale. La façon de cette pièce est vraiment curieuse, caria moitié en est émaillée.
tandis que Tautre moitié est restée en or. Ce sont les musiciens qui sont faits en ors de couleur ciselés, et les danseurs, avec la partie du paysage sur laquelle ils se détachent, qui sont peints sur émail. Il faut avouer que cette invention est singulière. Bien que l'artiste ait pu compter sur le léger relief des musiciens pour les faire venir en avant, c'est-à-dire les mettre à leur plan, il n'en est pas moins vrai que la couleur de Témail, étant plus éclatante que celle de Tor, donne au couple des danseurs, qui n'occupe que le second plan, une valeur plus grande que celle des personnages du premier.
Une montre très caractéristique est celle qui, au milieu d'un entourage d'ornements rocaille exécutés en ors ciselés, est ornée d'une maison chinoise à balcons, exécutée entièrement en serti de petits rubis et de petites roses.
Un délicieux et minuscule oignon, qui n'a pas plus de dix-huit millimètres de diamètre, sur lequel on voit, en peinture sur émail en ^ >. plein, la Vierge et l'enfant Jésus, nous fournit encore
une note différente des autres. Du reste, la collection de M""® la princesse Soltikof est aussi belle que variée. On y voit encore des montres dont les cuvettes, décorées de vernis Martin, sont soutenues par des dràgeoirs en or repercé et ciselé d'un travail achevé; des clefs et des cachets en agates sculptées représentant des bustes de négrillons, d'autres faits de perroquets en jaspe vert. On y voit aussi de grosses montres dont le cadran est enfermé dans un boîtier entièrement peint sur émail, aussi bien sur les côtés que sur les faces, et encore dans l'intérieur des cuvettes. Les cadrans représentent des copies de tableaux de Raphaël, et les bélières disposées avec un anneau libre, comme on en met aux médaillons, sont elles-mêmes émaillées et peintes. Sur d'autres pièces, on voit la reproduction de tableaux connus de Boucher, de C. Vanloo, de Téniers, etc., etc.; d'autres fois, ce sont des sujets mythologiques, ou bien des scènes de l'histoire sainte.
Mais les artistes du xvni® siècle ne s'en tinrent pas là. Ils s'évertuèrent à donner à leurs montres les formes les plus singulières. On voit par exemple, au musée Poldi-Pezzoli, à Milan, une montre logée dans une pièce de bijouterie qui représente un chapeau dont un des bords est retroussé. II est en or émaillé de diverses couleurs et pourvu d'une ganse terminée par un gland mobile qui pend en dehors.