‹ Les bijoux, anciens et modernesChapitre 227 sur 250 · PETIT OIGNON · texte numérisé non relu

PETIT OIGNON

CEINTURES, BRELOQUIERS, CHATELAINES.

On en voit une autre; c'est une sorte de galoche pointue, le catalogue dit : pantoufle turque, ouvrant par le milieu, pour laisser voir le cadran. Le dessus de cette pièce est en émail bleu de roi, le dessous en jaune opaque avec semis bleu léger, le talon est jaune, bordé

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MONTRE'PANTOUtLB TURQ^UE.

d'un bleu clair, et le bord de l'ouverture est cerné d'un filet blanc.

Ce bijou, très soigné dans ses détails, est aussi charmant qu'original.

Pendant que les belles dames se paraient de toutes ces merveilles,

les beaux messieurs et même les bourgeois suspendaient, après leurs

BOUCLK DE SOULIER.

n O U C L B DE SOULILR.

goussets, de grandes breloques qui battaient par devant sur leur culotte. Pendant le règne de Louis XVI, ils en portèrent une de chaque côté.

La mode de porter deux montres commença en 1780, et les

cordons qui y étaient attachés servaient, dit Quiclierat, à cacher les fentes du pont à la bavaroise : « Voyez entrer un élégant, dit Mercier, dans son Tableau de Paris; il faut d'abord que ses breloques, par un joli frémissement, annoncent son arrivée. » On produisait ce bruit en se dandinant d'une certaine manière. Ces mêmes élégants portaient, outre répée qui fut de plus en plus à la mode, la canne à pomme d'or, la tabatière et la râpe à tabac; ils avaient encore, à leurs souliers, des boucles ornées de roses et de brillants. Voici deux dessins qui suffiront à donner une idée de la recherche de forme dont ces pièces étaient l'objet.

Bien que les femmes suivissent la même mode de porter deux montres et deux cordons terminés par de volumineux paquets de breloques, ainsi que nous le font voir les gravures du temps, plusieurs avaient conservé la châtelaine pour la maison. La peinture continuait à jouer un grand rôle dans ce bijou, si l'on en juge par la figure où sont représentés, sur émail, les portraits de cinq bergerettes. La figuration d'une couronne, les chaînes, la clef, le cachet et les entourages des peintures sont en jargons. Il était de mode alors de représenter en peinture, à plat sur un fond d'émail bleu transparent, de petits sujets pastoraux. De blanches brebis formaient le motif décoratif d'une clef de montre d'homme.

Voici un breloquet de forme assez particulière; il date des dernières années du règne de Louis XVL II était orné de bandes faites en petites demi-perles alternées avec des touches d'émail bleu.

Sous le premier empire, les dames portèrent des boucles de ceinture ornées de camées; mais la boucle de ceinture, qui a fait plusieurs réapparitions depuis cette époque, est un bijou qui ne peut s'installer d'une façon définitive dans les élégances de la toilette. Elle suit les. alternatives de la mode qui régit la forme des robes. Le plus souvent, on la revoit lorsque revient celle des tailles courtes. On a essayé de la remettre en vogue sous le second empire, mais sans grand succès.

Sous la Restauration, il fut, pour les hommes, de mode de porter cachets et clefs sortant du gousset, pendus après un cordon. Ces cachets étaient souvent très façonnés; les détails de fabrication en étaient finement traités, ainsi que nous le voyons par ce dessin de Petiteau le père, qui date de l'année 1820 environ.

Au commencement du xix* siècle, les hommes avaient attaché après leur montre un seul cordon de soie ou ruban qui sortait du gousset du pantalon et supportait un paquet de breloques, souvent

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