‹ Les bijoux, anciens et modernesChapitre 237 sur 250 · I. Iliade, ch. XVIII · texte numérisé non relu

I. Iliade, ch. XVIII

des images soit partie de cette idée de l'outre vomissant le vent, pour inventer les outres d'Éole. Voyez le récit qu'en fait Homère. Ce dieu (Éole) reçut Ulysse dans ses États, et, pour lui donner une marque de sa bienveillance, il lui fit présent de plusieurs peaux, où les vents étaient enfermés. Les compagnons d'Ulysse, croyant y trouver, de Tor et de l'argent, ouvrirent ces peaux, d'où les vents s'échappèrent, firent un désordre épouvantable et causèrent une tempête si furieuse, qu'Ulysse faillit perdre tous ses vaisseaux.

Il faut croire que l'engin que nous appelons maintenant un soufflet a mis bien du temps à recevoir la forme définitive que nous lui connaissons, car voici la description d'un soufflet de forge au xn* siècle^: « Lorsque les béliers sont tués, on ne fend pas les peaux, mais on les ouvre par les parties postérieures. Dans cet état on les renverse, afin de les arracher entières; les remplissant de paille, on les fait un peu sécher et on les laisse, dans une préparation de lie et de sel, une journée et deux nuits. La troisième, on les tire en les retournant en longueur, mais plus en largeur; on les oint et on les tire de nouveau. Après cela, on fait au souflïet une tête en bois qui passe par le cou et on l'attache, et dans cette tête, un trou par lequel on passera un tube en fer. En deçà de la largeur du soufflet, on place quatre bois, dont deux sont unis entre eux et liés par le milieu, et deux cousus ensemble dans le soufflet, de façon que les joints soient dans le milieu dessus et dessous. Là, on coud deux anses de la même peau : l'une dessus, plus petite, dans laquelle on met le pouce ; l'autre plus grande, dessous, où l'on introduit les quatre autres doigts. Ces choses achevées, posez le tube en fer dans l'ouverture du fourneau, des charbons et du feu; soufflez pour que le fourneau sèche. »

Il faut, pour bien comprendre ces derniers mots, savoir que l'ouvrier, avant de faire son soufflet, vient de construire son fourneau, en forme de pot, en pierre et en argile, avec des cercles de fer crépis d'argile dedans et dehors. A cette époque, les ouvriers faisaient tout euxmêmes ; nous aurons l'occasion de le constater encore plus d'une fois.

Mais un fait d'une grande importance est de voir qu'au xii* siècle on connaissait les fourneaux à air. Le moine Théophile en indique très clairement la construction et il ajoute pour terminer : «... Cela fait, on mettra des charbons ardents mêlés à d'autres éteints. Bientôt le

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