Mariette Bey, Musée de Boulaq
2. Champollion, Monuments de V Egypte et de la Nubie, planches i63, Sjo et 388.
5otf LES BIJOUX ANCIENS ET MODERNES.
Le Borax et la Lampe à souder.
Le borax, qui est employé par nos ouvriers pour aider à la fusion de la soudure *, semble n'avoir pas été connu des anciens. On suppose qu'ils le remplaçaient par une substance qu'ils appelaient chrysocolle dont Pline donne la description. C'était une substance minérale verte, qu'on employait après l'avoir pulvérisée, probablement de la malachite ou hydro-carbonate de cuivre ou vert-de-gris. On mélangeait cette substance ayec de Turine d'enfant ou du nitre, en la pilant dans un mortier de cuivre. Pline ajoute que ce mélange, appelé saniema, servait à souder l'or qui contenait un alliage d'argent, mais que celui qui contenait du cuivre se contractait et prenait difficilement la soudure*.
Le borax paraît n'avoir pas été employé par les ouvriers du moyen âge. Le moine Théophile, dans son chapitre L, qui traite de la soudure d'or, donne une recette qui pourrait bien avoir quelque rapport avec le procédé décrit par Pline, car il y est aussi question de sel et de cuivre réduits en poudre, probablement à l'état de vert-de-gris. Au chapitre suivant, il indique la composition de la soudure en prescrivant de mêler à l'or qu'on emploie, un tiers de cuivre et de fondre ensemble, puis lorsqu'elle est coupée, d'en fixer les paillons à leur place, avec de la farine délayée dans de l'eau, ce qui exclut absolument l'idée qu'il connaissait l'emploi du borax.
La lampe à souder moderne, qui servait avant l'appropriation du gaz, rappelait assez la forme antique pour qu'on pût croire, sans trop se hasarder, qu'elle avait toujours eu cette forme. C'était un ovale creux, se rétrécissant du côté du bec comme la lampe antique. L'huile en occupait le creux où la grosse mèche plongeait par une de ses extrémités, tandis que l'autre, relevée du côté du bec, était destinée à alimenter la flamme. Dès l'année i85o, le gaz a remplacé l'huile. Son
1. Le docteur Schliemann, dans son bel ouvrage sur Mycènes, dit, à la page 3i i, que les orfèvres myccnéens soudaient Por avec le borax. L'observation isolée et tout accidentelle sur laquelle il base son assertion ne me paraît pas fournir la démonstration de ce fait. Il ajoute qu'au moyen âge, les Vénitiens l'apportèrent de la Perse à Venise où il fut purifié et d*où on l'exportait sous le nom de Borax- Venetus, On a toujours fait le commerce de borax, sans doute, mais il ne s'ensuit pas qu'on savait l'employer pour sou» dcr l'or.