Daremberg et Saglio
IPUTILS ET PROCÉDÉS. S07
emploi n'offre rien de particulier, si ce n'est que le bec est entouré d'une sorte de treillis serré ou de perruque en fils de fer destiné à diviser la flamme, en y mélangeant, pour la combustion, une certaine partie d'oxygène qui lui enlève son âpreté.
Le Laminoir.
11 n'existe, dans Homère, aucun indice qui puisse faire supposer que le laminoir était connu des Grecs. Ils paraissent n'avoir connu, à cette époque, d'autre moyen de manipulation que le battage et l'étirage de l'or au marteau. Mais on a déjà pu constater plusieurs fois, dans cette étude, que les Grecs étaient, à leur origine, de beaucoup en retard, comme civilisation, sur la plupart des peuples de l'Asie Mineure et sur l'Egypte. Une particularité assez singulière va cependant nous fournir, à ce sujet, un renseignement d'une grande précision. C'est un bandeau fait d'une feuille d'or, dont le dessin en relief a été obtenu à l'aide de rouleaux de laminoir gravés. Une marque répétée quatre fois, à égale distance, et qui n'est autre que la trace d'une fissure qui existait dans le rouleau, permet même d'établir le diamètre du cylindre qui avait environ un pouce anglais. Ce bandeau a été trouvé à Panticapie, sur la tête d'une femme, dont le vêtement était parsemé de dixsept rondelles en or, offrant une tête de Méduse, et d'autres plaquettes repoussées en forme de zigzag. D'après les conjectures les plus vraisemblables*, ce bandeau daterait d'environ 400 ans avant Jésus- Christ et, malgré ce que je viens de dire, pourrait bien avoir été fabriqué par les Grecs qui, à cette époque, avaient su assimiler à leur belle civilisation la plupart des progrès accomplis en Orient. Cette date de 400 ans serait donc celle à laquelle les rouleaux de laminoir gravés faisaient office d'estampés circulaires. Elle donnerait à penser que les rouleaux unis étaient employés depuis beaucoup plus longtemps.
I. Antiquités du Bosphore cimmérienj Noël des Vergers. Page xlvii de l^iniroduction.
So8 LES BIJOUX ANCIENS ET MODERNES.
Les Tenailles à coulant.
Depuis que nous avons vu Torfèvre Laercée, mandé par Nestor, arriver avec ses outils d'airain, Tenduine, le marteau et les tenailles faites avec art, il s'est opéré de nombreux changements dans l'outillage. L'airain a été remplacé par le fer, et les grosses tenailles de Laercée ont subi autant de métamorphoses que l'ont exigé la finesse et la variété des travaux à exécuter. Il y a longtemps que toutes les formes et toutes les grosseurs de tenailles sont connues et employées; mais la tenaille à coulant, qui est une sorte de petit étau facile à tenir dans la main, et qui est d'un grand secours dans certains travaux, n'est pas d'invention très ancienne. Elle était inconnue au xn® siècle. L'outil qui en tenait lieu était d'une grande ingéniosité, mais peu commode. L'une des branches d'en bas était effilée; à l'autre pendait un fer mince, large et perforé, à l'aide duquel on comprimait la tenaille avec force, en mettant la branche effilée dans le trou correspondant. Le moine auquel j'emprunte cette description décrit encore des tenailles qui. ressemblent fort à nos precelles, et d'autres qui sont nos tenailles à couper ou triquoises.
L'Or.
Nous avons vu que les premiers orfèvres ont employé l'or tel qu'ils le trouvaient, et que l'art de l'allier au cuivre et à l'argent n'a été connu que plus tard. Dans certaines contrées, l'alliage poussé à l'argent lui donnait une couleur verdâtre; dans d'autres, c'était le cuivre qui dominait et lui faisait prendre un ton rouge. Mais, allié sur l'argent ou allié sur le cuivre, il était partout employé à un titre très élevé.
Au moyen âge, nous voyons des ors désignés par des appellations particulières, l'un est l'or espagnol, l'autre s'appelle Vor d'Arabie, et nous voyons aussi que des ouvriers peu scrupuleux abaissent le titre de l'or pour tromper le public. C'est le moine Théophile qui nous fait connaître ces particularités ^