‹ Les bijoux, anciens et modernesChapitre 35 sur 250 · BAGUES A CHATONS CONIQ.UES · texte numérisé non relu

BAGUES A CHATONS CONIQ.UES

l'émail noir est disposé pour accentuer certaines parties du chaton, et contribuer même à l'ornementation de l'anneau. Dans une autre dont la fabrication est très délicate et très recherchée, les émaux blancs viennent se marier aux noirs. Ces objets, on le conçoit aisément, étaient fragiles à cause de la flexion de l'or et du peu de solidité de l'émail. Aussi en est-il venu jusqu'à nous fort peu en bon état de conservation.

ANNEAUX ET BAGUES

L'œuvre de Wœriot nous fournit des renseignements d'une précision rare sur. le goût élégant qui présidait à la fabrication d'alors. J'y relève cinq pièces qui me paraissent propres à en faire apprécier l'es-

BACUB8 DE WOKRIOT.

BACUB DB WOERJOT.

prit. La première rappelle exactement l'anneau à pointe naïve qui figure dans les emblèmes des Médicis. On peut donc affirmer, en toute sécurité, que la mode en a duré de 1420 à i56i. La seconde, ornée d'une demi-perle ou d'un cabochon, offre avec la première une grande analogie de silhouette, tout en adoptant une donnée nouvelle d'un charmant effet, qui est la forme de cul-de-lampe donnée au-dessous du chaton.

La troisième est encore une pyramide, mais une pyramide tronquée.

La quatrième, empruntant un peu à la seconde, mais abandonnant tout à fait la forme pyramidale, constitue une invention ^rès élégante faite dans une autre voie. Ce chaton, en forme de coupe, la pierre plate qui y est sertie, les cariatides qui le supportent forment un ensemble parfait.

Je ne dirai rien de la cinquième, forcément rendue lourde et disgracieuse par l'usage auquel elle était destinée. Mais il est très curieux de voir qu'à cette époque , on avait déjà imaginé de porter une montre dans le chaton d'une bague.

Je trouve encore dans l'œuvre de Wœriot la bague assez généralement connue, composée de trois têtes de morts et d'ossements. Elle n'est que singulière. En passant en revue les différents bijoux qui feront la suite de ces études, nous rencontrerons encore, les mêmes

lAGUE DB WOERIOT.

têtes de mort, et nous aurons plus d'une fois l'occasion de nous demander quel sens pouvaient avoir ces funèbres ornements aux cours voluptueuses et dépravées des derniers Valois.

Les gravures, tout admirables qu'elles puissent être, ne donnent que l'idée des contours et de l'invention; elles sont impuissantes à reproduire les merveilleux effets de la coloration telle que savaient la combiner les artistes d'alors, à l'aide de l'éclat des émaux et des pierreries mêlées aux chatoiements de l'or. A cause de cela, la Renaissance est l'époque dont il me semble le plus difficile de donner une idée complète.

J'ai compris cette difficulté lorsque j'ai visité l'incomparable collection de M. Spitzer. Il y a là quarante à cinquante bagues des XV* et xvi* siècles, la plupart d'origine italienne, toutes différentes les

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