‹ Les bijoux, anciens et modernesChapitre 39 sur 250 · ANNEAU DE FIANÇAILLES JUIF · texte numérisé non relu

ANNEAU DE FIANÇAILLES JUIF

Collection de M. Strauss.

ANNEAUX ET BAGUES. Ci

suis redevable de la plupart des renseignements que j*ai rapportés du British Muséum.

Honour et Joye, Dans ma pensée,

De mamour soye:^ sure. Jy mets mon cœur.

C'est tout mon désir. Amour me tient en joie.

Mon cœur à vous. Sans départir.

Cette dernière devise : Sans départir, est très fréquemment employée. On n'en connaît guère le sens.

Cet usage dura assez longtemps. Au xviir siècle environ, Je vois deux tourterelles se faisant face sur un anneau autour duquel règne la devise : Aimons comme eux. Je vois aussi une bague en argent de saint Valentin du xv" siècle, sur laquelle est gravée Tinscription anglaise, Hape ÇO a?id al : Ayez le cœur et tout.

Il faut ajouter à ces bagues parlantes la bague de sergent-juge de la cité. Ces fonctionnaires, dont le nombre variait de dix à vingt, recevaient, de tout nouveau venu dans leur compagnie, chacun une bague. Ces bagues sont devenues fort rares, par suite, paraît-il, d'un inconvénient qui s'opposait à leur conservation. Elles étaient en or. Le British Muséum en possède trois. Les inscriptions sont en latin. En voici deux : Vipat rex et Lex, Preservatio legis + Executio Régis. Cette coutume a duré jusqu'au milieu du xix* siècle.

Je veux aussi donner le dessin d'un petit anneau de faucon ou vervelle ayant appartenu au roi Henri IV d'Angleterre. D'un côté sont gravés ces mots en caractères gothiques : sum régis anglie, et de l'autre : et comitis Herjordie.

Le British Muséum conserve une bague sigillaire ayant appartenu à Marie Stuart. Le chaton est en cristal de roche, gravé à ses armes, avec son monogramme vervelle. à l'intérieur. La monture, en or, est de forme chevalière et a été anciennement émaillée.

Au commencement du xvr siècle apparaissent les chatons à griffes évidées à la lime.

Le portrait d'homme peint par Raphaël, catalogué dans la galerie des OflBices à Florence, sous le n* 1120, porte quatre bagues, dont une à l'annulaire de la main gauche, qui est faite d'un rubis serti dans un chaton à quatre griffes et à arcades évidées à la lime.

Le portrait de Jules II, du même peintre (n** i i3i), porte à l'index

BAGUB véNITIEMNB.

de la main droite une grosse bague, dont la pierre est de couleur foncée et de forme rectangulaire; à Tannulaire une autre grosse bague émeraude ou aigue-marine ; enfin, à Tannulaire de Tautre main, une plus petite en rubis. Les pierres de ces trois bagues paraissent être tenues par des chatons dont les griffes ajourées sont descendues à la lime. Mais ces griffes sont loin d'avoir la légèreté que ce genre de monture a atteinte depuis. Elles sont un peu massives. Elles conservent toutes, plus ou moins, la forme pyramidale qui constitue la caractéristique de la fin du xv* siècle, et qui s'est conservée pendant tout le commencement du xvi®.

J'ai vu au musée Poldi-Pezzoli une mignonne bague assez singulière. Le chaton représente un petit masque émaillé noir avec les yeux en brillants. Le masque est posé sur un visage en émail blanc rosé. L'anneau est mignon et d'une jolie proportion. Cette charmante fantaisie est un travail vénitien du xvi* siècle. Elle est cataloguée sous le n° Sc).

Je choisirai, pour compléter la liste des merveilles que nous a léguées le xvi" siècle, quatre pièces qui sont au Cabinet des Antiques à Paris.

Le première (n° 2727) est ornée, en guise de chaton, d'une tête de femme en grenat sculpté, dont la coiffure est faite en or recouvert d'un émail vert bordé de blanc. L'anneau d'or est simple et poli. La seconde (n° 2728), du même genre, représente une tête de nègre en ronde bosse faite d'une agate à deux couches, de chaque coté de laquelle est sertie une pierre taillée qui la relie à l'anneau. La coiffure du nègre et l'anneau de la bague sont ornés d'émaux blancs, bleus et verts. Le travail de cette pièce est entièrement remarquable.

La troisième (n° 2730) est une bague en fer ciselé, dont le chaton représente en ronde bosse un cerf aux abois. Le cerf et les fleurons qui ornent l'anneau sont en argent.

La quatrième (n« 2731) est faite d'un seul morceau de corail sculpté. Elle représente deux chérubins tournés dos à dos. Cette der-

BAGVE8 DE FANTAISIE (XVI» Slèclc).

ANNEAUX ET BAGUES. 6

nière trouve son pendant à Florence dans la galerie des Offices. Cest une bague également faite d'un seul morceau de corail, qui représente deux hommes dont les pieds se touchent au bas de Tanneau, et dont la cambrure des reins embrasse le tour du doigt pour venir supporter au sommet le chaton sigillaire, également en corail, sur lequel sont gravés les écussons ^-rrg^

de Médicis et de Capello, sur- ^S^^^^^^^ /^r ^n?Vi montés de la couronne ducale. ^^S^A ^«^ Ht ^w-^

On aimerait à supposer que cet anneau fût celui de la célèbre Bianca Capello, mais ses proportions indiquent claire-

,•1 . A^ BAOUE8 DE FANTAISIE (XVI« siéclc).

ment qu il ne pouvait être

porté que par un homme. Il faut donc croire qu'il appartenait au

duc François de Médicis.

Une pièce originale et de fabrication peu usitée va dignement clore cette énumération bien longue déjà, quoique très incomplète. C'est une belle forte bague en acier ciselé et prise sur pièce, provenant de la collection Sauvageot, et exposée au Louvre dans une des vitrines de la galerie d'Apollon, sous le n<> D. 842.

Le chaton, sur lequel est gravé un autel enflammé, avec la légende circulaire : riens SANS AMovR, est supporté par deux cariatides croisant les bras.

J'ai, dans le cours de cette étude, fait usage seulement du mot bague, pour la clarté du sujet; mais il importe de constater que cette expression n'a été employée pour désigner un anneau qu'on met au doigt, qu'à partir du commencement du xvii* siècle *. Jusqu'alors on s'était servi, tantôt du mot perge, parce que la bague est faite d'une petite verge d'or dont on rapproche les deux bouts ; tantôt et plus fréquemment , du mot anitel ou anneau.

Quant à la bague revêtue d'une intaille et destinée à faire office de sceau ou de cachet, elle avait reçu l'appellation significative et spéciale de signet ou sinet. La bague de saint Louis, conservée au musée

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