XIX* SIÈCLE
Riche, élégant.
Effacement
de la monture,
pierreries.
Rien que parure.
ANNEAUX ET BAGUES. 7
On a porté des anneaux à tous les doigts. Les Hébreux en ornaient leur main droite. Les Grecs et les Romains portaient l'anneau à cachet au quatrième doigt de la main gauche. Les esclaves devaient le porter sur la première articulation de Tindex ; il prenait alors le nom de condalium,
A Rome, la mode de mettre des anneaux de genres variés et de valeurs diverses s'établit dans toutes les classes. On en porta aux différents doigts des deux mains et même plusieurs à la fois. Vers la fin de l'empire, il était devenu de mode d'en charger ses mains. Il y en eut pour chaque doigt, même pour chaque phalange, au point de rendre tout mouvement de la main impossible. On en chargea même les doigts des pieds. Tout le monde suivait sa fantaisie, sans souci des vieux règlements qui avaient déterminé la matière et le nombre pour chaque rang de la société. Il y avait des hommes qui poussaient le luxe et la mollesse jusqu'au point d'avoir des anneaux de poids différent pour l'hiver et pour l'été. Juvénal mentionne ce fait extravagant dans sa première satire.
La bague portée au pouce était, au moyen âge, l'insigne de certaines dignités ecclésiastiques.
Le portrait du pape Jules II, peint par Raphaël et qu'on voit à Florence (n° i i3i, galerie des Offices), nous montre qu'à cette date les personnages les plus sérieux en portaient un assez grand nombre, car il en a trois à chaque main.
Disons qu'au xix' siècle nos habitudes sont moins fastueuses. Les hommes en portent à peine, et les femmes s'en parent avec une grande mesure. Il est même reconnu que les gens de mauvais goût sont les seuls qui en portent beaucoup.
On s'est préoccupé de rechercher les origines de la bague.
Cette préoccupation, par elle-même, est déjà une sorte d'hommage implicite rendu à la noblesse de ses origines.
On ne s'est jamais demandé quelles sont les origines, par exemple, des anneaux d'oreilles et des colliers. On a vu tout d'abord que l'idée s'en est produite simultanément dans l'éclosion des civilisations les plus différentes. L'homme, en se parant de ces objets, semble n'avoir agi qu'en vertu d'impulsions instinctives partout identiques. On sait cela, sans y avoir jamais pris garde.
D'un autre côté, on a pu remarquer que, lorsqu'on découvrit les Amériques et plus tard l'Océanie, les naturels, qui tous étaient parés
de colliers et d'anneaux d'oreilles, ne portaient pas de bagues, et que les tribus sauvages, en général, ne paraissent pas les avoir connues avant l'arrivée des Européens chez elles.
Nous avons vu que les Gaulois, à demi barbares, n'en faisaient pas usage. Les Grecs qui, au x* siècle avant J.-C, n'étaient qu'une peuplade de guerriers, ne la connaissaient pas. Pline fait à ce sujet la remarque qu'Homère qui, à maintes reprises, se plaît à faire Ténumération de bijoux, ne parle jamais de bague. On a dit que, après tout, il pouvait bien avoir omis de parler de ce bijou, sans qu'il en résultât la démonstration péremptoire de sa non-existence en Grèce. Je trouve ce raisonnement spécieux. La bague a joué, dans les pays où on en a fait usage, un trop grand rôle pour passer inaperçue. Elle était signe de pouvoir, instrument diplomatique, et mieux encore, gage de sécurité morale et matérielle. Homère n'aurait pu la négliger ni comme historien, ni comme peintre de mœurs.
La trouvaille de quatre bagues en or, à sceaux intaillés, dans deux des cinq sépultures qui ont été fouillées à Mycènes*, n'est pas en contradiction avec mon dire; car, outre qu'on n'est nullement d'accord sur la date qu'on doit attribuer à ces sépultures, il faut encore remarquer que rien dans ces bagues n'indique qu'elles soient d'origine grecque; bien au contraire, car l'une d'elles est absolument babylonienne, et les autres rappellent le style des cylindres assyriens de l'ancienne Chaldée. De plus, elles ont été trouvées au milieu d'une quantité considérable d'objets en or, dont la plupart étaient répétés à un grand nombre d'exemplaires. Si l'usage de la bague eût été commun aux Grecs, on en aurait trouvé plus de quatre dans un trésor qui ne contenait pas moins de 20,000 pièces de toute nature, dans des sépultures renfermant seize ou dix-sept corps. Si l'hypothèse du docteur Schliemann, qui croit reconnaître dans ces corps celui d'Agamemnon et ceux de ses compagnons, était scientifiquement démontrée, on serait naturellement amené à conclure que ces bagues faisaient partie du butin qu'ils avaient rapporté d'Asie, et qu'ils les conservaient précieusement à titre de curiosité.
Puisque les peuples les plus divers et les plus éloignés les uns des autres, tant par leurs coutumes que par leur situation géographique et le temps dans lequel ils vivaient, se sont rencontrés dans l'invention