ANNEAU D OREILLE, PAR WOERIOT
toile conservée à Hampton-Court. La mère et les enfants sont couverts de rangs de perles, de chaînes d*or et de bagues; pas un seul pendant
d'oreille n'y est figuré. Les oreilles peintes avec grand soin laissent
même voir qu'elles n'ont Jamais été percées. Dans la même galerie, on voit un vieux tableau représentant Henri VIII d'Angleterre et sa famille ( 1 609 - 1 647 ). Les femmes sont très ornées de bijoux, aucune d'elles ne porte de boucles d'oreilles. — On se rappelle que la duchesse de Valentinois avait les oreilles complètement cachées par de superbes bandeaux de cheveux noirs ; cependant la reine Claude, peinte par Janet, laisse apercevoir deux perles au-dessous des mêmes bandeaux, et, presque à la même époque, Raphaël peint la Fornarina avec de petites amphores ou avelines, attachées à l'oreille par un simple anneau d'or rond, tout uni. Cette simplicité n'indique-t-elle
pas, sans qu'il soit besoin d'y insister, que la mode des pendants
d'oreilles s'essaye à revenir? ^
La graveur Wœriot nous a conservé, dans une suite de dessins
très variés et très nombreux de bagues, ceux de
deux anneaux d'oreilles.
Ils sont élégants et originaux. La tige qui
pénétrait dans le lobe était brisée et s'abaissait
en dedans pour livrer passage à l'oreille. Ces
anneaux d'or ciselés et émaillés eurent-ils une
grande vogue ? On en peut douter, mais il est
certain que la mode de porter des perles date de
ce moment. Deux perles de forme poire, bien
assorties de grosseur, de forme et de couleur,
s'appelaient laiion d'excellence,
« Les patenostres, anneaulx, jaserans, carcans estoyent de fines pierreryes, escarboucles,
rubyz-balayz, dyamans, saphyz, esmeraugdes, turquoyses, grenatz,
agathes, berilles, perles et unions d'excellence *.
C'est donc une union d'excellence que nous venons de voir aux
ANNEAU d'oreille, PAR WOERIOT.