‹ Les bijoux, anciens et modernesChapitre 84 sur 250 · CO&LIBR EN BRONZE ET PATES DE VERRE · texte numérisé non relu

CO&LIBR EN BRONZE ET PATES DE VERRE

Collection de M. Aug. Castellani.

et alternent avec des grains d'or, qui a été trouvé à Prœneste et que conserve le British Muséum, un du même genre dont les haches sont en

COLLIER DE BRONZE A fVIR A LCC, . YéSVIT AITJC j/j.

Collection de M. Aug. Castdiani.

bronze, et cet autre en grains de pâte de verre, séparés par un pendant bizarre moulé en bronze qui, vu de profil, rappelle la forme de l'A, offrent vraiment des aspects étranges. Ces deux derniers sont à

i^a LES BIJOUX ANCIENS ET MODERNES.

Rome, chez M. Aug. Castellani, en compagnie de deux autres non moins curieux, qui se composent de fils de bronze tournés en spirales si nombreuses, qu*ils deviennent des sortes de plastrons. A Tun d'eux, on retrouve, suspendus, ces singuliers A que nous venons de voir. L'autre, dont les enroulements rappellent notre agrafe moderne, motif qui a été retrouvé dans les fouilles faites à Troie, retient au centre une bulla faite d'un seul tenant avec la bélière ou le coulant par lequel elle se rattache au collier, et dont l'ornementation primitive est obtenue à coups de pointeau.

Il est de ces colliers qui sont composés de longues tiges de bronze disposées en franges, tombant sur la poitrine et tout autour du cou. Il en existe de cette sorte au musée Kircher, à Rome. Ces ornements semblent avoir eu une destination masculine et même guerrière. Nous retrouverons les mêmes types aux chapitres concernant les fibules et les bracelets. Ils sont dus à une émigration caucasienne qui eut lieu avant la période dite étrusque, et dont la spirale surtout a marqué la trace sur le sol de la péninsule. En les comparant aux plus anciens des bijoux qui portent déjà le caractère de fabrication étrusque, on peut établir la transition. Le travail qui décore ce collier d'or est, comme celui du collier de bronze, obtenu à coups de pointeau. Ces deux bijoux se ressemblent par ce détail, mais le premier a un aspect de rudesse que n'a pas le second. Le tour de cou de celui-ci est composé de groupes de perles plates, en pâtes de verre bleu céleste, disposés par cinq et séparés par de petits tubes d'or, et se termine par un long boudin fait d'un fil d'or tourné. Cet objet a été trouvé à Alatri, où sont les murailles cyclopéennes.

L'analogie de conception et de travail est trop évidente entre ces deux pièces pour qu'il soit besoin d'insister. La matière seule diffère. La même analogie se retrouvera entre celle-ci et les pièces étrusques moins anciennes qui appartiennent à leur dernier état de civilisation et que nous allons rencontrer tout à l'heure.

Les bijoutiers phéniciens ont vraisemblablement été les plus délicats ouvriers de leur temps, s'il faut en juger par l'élégant petit collier composé d'olives en onyx rubannés, de grains en cornaline, de grains d'or côtelés, puis d'autres en pâtes verdâtres à la suite desquels le grain d'or côtelé est rappelé bien heureusement, le tout se fondant en une harmonie douce. Une amphore d'un joli galbe forme le centre de cette pièce. Elle est divisée par des cloisons longitudinales qui ont proba-»

COLLIERS ET PENDANTS DE COU. 14P

blement contenu des incrustations de pâtes ou de pierres. Les pro-

portions de ce petit bijou sont parfaites. Il faut encore admirer deux

morceaux de même provenance, qui ne sont, hélas ! que des débris^ mais qui donnent une bien haute idée de la finesse des travaux qu'ils pratiquaient. L'un est une petite calotte à jour, formée de fils capillaires en or, sur chaque entre-croisement desquels est soudé un grain à

COLLIER PHiniCIBN.

oéBRIS DE BIJOUX TBOOVés A RHODES.

peine perceptible. L'autre est un petit pendant fait d'un grain de grenat retenu entre deux calottes filigranées, dont la forme et l'exécution indiquent le goût le plus sûr.

En face de ces beaux échantillons, on se prend à regretter que le musée du Louvre soit si pauvre en bijouterie phénicienne. Je suis certain de ne pas me tromper en augurant que tous les vestiges qu'on pourrait retrouver de la même civilisation nous ménageraient nombre de surprises agréables et de révélations précieuses. Ce peuple me paraît avoir possédé au plus haut degré l'entente et le sentiment des proportions. Il aimait les choses fines et délicates. Le petit collier portant le numéro 498 de la collection de Luynes au Cabinet des Antiques, et qui a été trouvé à Milo, montre le rôle influent qu'exerçait son goût dans ses colonies. Tout mignon, il est composé d'une tresse plate en or soutenant une suite de vingt-huit petites têtes de lion, la gueule ouverte et vues de face, d'un excellent caractère. De fines chaînettes, rattachées à la tresse, décrivent un élégant feston autour de chacune des têtes, et des perlettes d'or alternativement mates et unies qui y sont suspendues viennent en compléter l'harmonieux ensemble. Ce qui est étonnamment remarquable au point de vue de la fabrication, c'est que le mat des perlettes est produit à l'aide de granulations soudées tellement microscopiques, qu'à première vue on dirait qu'il a été obtenu au

COLLIER TROUVA A MILa

COLLIERS ET PENDANTS DE COU

matoir par le ciseleur. C'est encore à Milo qu'a été trouvée la plaque de cou portant le numéro 544 de la même collection, qui est formée d'un corymbe épanoui orné, au centre, d'un saphir cabochon, et sur les pétales de deux masques d'homme coiffés du klaft, de deux têtes de taureau et de deux mouches. La conception de cette pièce est excessivement originale. Les têtes de taureau et les mouches sont excellentes. Les têtes de taureau et les klafts sont ornés d'un granulé très fin. Les nervures des ailes des mouches sont accentuées au ciselet. Les pétales de la fleur sont contournés par des fils bordés à l'intérieur d'une petite rangée de granulations.

^ ^ V ^ • •« ^ PLAQUB DB COU TftOUVéB A MILO.

Cette bonne et curieuse pièce est mu- ^

nie par derrière d'un coulant qui en accuse nettement la destination.

Un petit collier, désigné sous le numéro 2785 au Cabinet des

Antiques, trouvé à Athènes, rappelle également l'influence phénicienne

par sa ténuité. Chaque groupe de trois pendants, en forme de boutons

COLLIER CRBC TROOVé A ATHÈNES.

d'asphodèle ou de capsule de pavot, est heureusement rattaché à de petites chaînettes par des boudins en fil d'or simulant les queues. Cette pièce offre une disposition particulière. Chacun des huit groupes de pendants est surmonté d'un petit disque muni en dessous d'un crochet fin, dont la destination semble avoir été de retenir la chaîne du collier

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