COLLIBR DE MOUCHES EN O
quarante-neuf mailles estampées qui ressemblent à une envolée d'oiseaux. Ils ont été trouvés près d'Autun et semblent appartenir à la période gallo-romaine, ainsi que le collier de mouches en or qui est à Saint-Germain. Ce dernier fait songer involontairement aux mouches pu abeilles qu'on retrouve plus tard si grossièrement exécutées par les Mérovingiens.
Le Cabinet des Antiques conserve une chaîne qui a dû servir de collier, mais elle est faite exactement comme la chaîne de gilet moderne
connue sous le nom de chaîne américaine, c'est-à-dire munie au centre d'un bout semblable à celui qui sert à attacher cette dernière dans la boutonnière. Peut-être ce bout de chaîne servait-il à suspendre un médaillon ou une bulle.
Cette chaîne est formée de 8 emmaillés les uns dans les autres.
On y peut voir également, sous le numéro 2798, une autre chaîne de collier formée de huit nœuds d'or massif, qui rappellent l'enlacement du nœud herculien, alternant avec sept cylindres facetés d'émeraudes d'Egypte. Cette pièce a été trouvée à Naix, département de la Meuse, avec une autre portant le numéro 2558, qui offre le plus grand intérêt.
C'est un collier formé de cinq tubes ou plutôt de cinq colonnettes heptagones, qui alternent avec six bélières auxquelles sont suspendus deux camées et quatre pièces de monnaie d'or romaine. Le collier n'a rien de bien curieux en lui-même, mais les montures des objets qui y sont attachés sont absolument remarquables, non seulement à cause de leur fabrication, mais aussi par la singularité de leur type. La conception, le dessin et l'exécution valent qu'on s'y arrête et qu'on les étudie attentivement. Elles sont faites de ce repercé gras dont j'ai parlé dans l'étude concernant les bagues, et particulièrement à propos de celle numéro 2928, dans lequel les à-jour ou vides laissés
COLLIERS ET PENDANTS DE COU
PENDANT RBPBRCé, EN OR MASSIF.
entre les ornements jouent un aussi grand rôle que les ornements mêmes. On ne saurait trop contempler ce travail, qui n'^a d'équivalent nulle part et à aucune époque. Il date du milieu de TEmpire. Les monnaies à l'effigie de Trajan, d'Adrien, de Septîme Sévère et de Caracalla qui y sont encastrées, et dont plusieurs, paraît-il, ont, au point de vue de la numismatique, une importance considérable, en raison de leur rareté, ne peuvent laisser subsister aucun doute à cet égard.
Il est bon cependant de considérer surtout la dernière, pour arrêter la date de la fabrication de ce collier, c'est-à-dire celle de Caracalla, mort en 217 de notre ère. En rapprochant cette date de celle d'une des bagues dont je viens de parler, qui contient un quinaire de Maximin, tué en 238 par ses propres soldats, on acquiert une certitude absolument fondée.
Ces belles pièces sont accompagnées de plusieurs autres de la même époque.
J'en donne un dessin qui m'a semblé des plus beaux. On remarquera, en outre de la beauté et de la belle invention, que ces bijoux sont massifs, taillés en plein dans le métal.
La profusion avec laquelle l'or y est employé, la somptuosité non moins étonnante des torques dont il a été question plus haut, font supposer qu'il y eut une époque à laquelle l'or se montra très abondamment dans les Gaules. Ce fait est confirmé par le rapport de Polybe, qui constate que la richesse des Gaulois consistait uniquement çn or et en troupeaux. ^
A l'époque mérovingienne, une profonde transformation dans les mœurs nous fait perdre le collier de vue. Il ne réapparaît que sous les successeurs de Clovis, alors que, affranchis de toute sujétion à l'Empire, on les vit, eux et leurs femmes, copier la tenue des souverains de Constantinople. Encore n'en trouvons-nous trace que dans les représentations qui en sont faites sur les mosaïques où figurent des colliers de pierreries et de perles. Ceux des princesses sont faits de plusieurs rangs; ils s'étalent sur une espèce de poitrinal en or.
On ne regardera sans doute pas sans intérêt le dessin d'un bijou qui est donné comme un collier et attribué à la période gallo-ro-
maîne % maïs dans lequel îl me semble qu'il faut plutôt voir une agrafe de inanteau de l'époque carolingienne. La notice qui accompagne le dessin donne la mesure de ces chaînes, qui est de deux pieds de France, c'est-à-dire à peu près 66 centimètres.
AORAFB DE MANTBAU.
Un document excessivement curieux nous démontre qu'au vin* siècle, les hommes portèrent, non pas à proprement parler, des colliers, mais des chaînes destinées à attacher des talismans ou reliquaires qu'ils gardaient sous leurs vêtements. C'est le talisman de Charlemagne dont le dessin est conservé au Cabinet des Estampes, à la Bibliothèque nationale. Ce talisman est un reliquaire rond en or, dont le milieu est fait de deux saphirs grossièrement cabochonnés et chevés de façon à pouvoir former une sorte de boîte dans laquelle est renfermé un morceau de bois de la vraie croix. Le jonc tourné qui entoure les saphirs, en formant un gros bourrelet, est orné de pierres précieuses. Il est creux et contient également diverses reliques rapportées de la Terre sainte.
ï. France, Mœurs et Costumes, 1. 1" (Cabinet des Estampes).
COLLIERS ET PENDANTS DE COU
A la fin du vin* siècle, il n*y avait dans le monde que deux grands souverains, Charlemagne et Haroun-al-Raschid. Ces deux souverains s'envoyèrent mutuellement des ambassadeurs, et le calife, pour se rendre agréable au grand promoteur du christianisme, envoya à Char-
RELIQ^UAIRB DE CHARLEMAGNE.
Icmagne les clefs du Saint-Sépulcre et Tétendard de Jérusalem. En même temps, c'est-à-dire en 797, Haroun-al-Raschid engagea le patriarche de Jérusalem à envoyer un moine du Mont-Olivet, avec diverses reliques de la Terre sainte, parmi lesquelles se trouvaient un morceau de la croix et une épine de la couronne de J.-C. Ce sont ces
objets qui furent enfermés dans une sorte de bulle que le grand empereur porta au cou dix-sept ans, depuis 797 jusqu'à 814, qui fut l'année de sa mort; elle fut trouvée à son cou lorsque son corps &t exhumé de son sépulcre, en 11 69. En 1804, c'est-à-dire mille ans après sa mort, le clergé d'Aix-la-Chapelle fit cadeau de cette relique à
RBLIQ.UAIRE DU CABINET DBS ANTIQ^UEI.
l'empereur Napoléon *. Il a été depuis la propriété de l'empereur Napoléon III.
Le bourrelet qui forme le tour de cette pièce curieuse est orné de filigranes assez grossièrement traités, formant des méandres autour des pierres, qui sont de formes ovale et carrée, celles-ci étant simplement percées de part en part et retenues par une goupille. L'épaisseur en est garnie de quinze pierres de même nature, retenues dans des chatons droits. Le saphir qui forme le centre est faiblement coloré et transparent; il laisse entrevoir le bois de la croix et le fil qui le
I. Extrait d'une pièce datée d-Aix-Ia-Chapelle le 23 thermidor an Xir, et signée f Marc-Antoine, évêque d'Aix-la-Chapelle (France, Mœurs et Costumes, t. Il; Cabinet des Estampes).
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tient. Il est serti par vingt-six griffes carrées, ornée chacune d'un grain d'or.
A défaut de renseignements sur la fabrication des bijoux proprement dits, on peut se faire une idée de ce qu'elle devait être alors, d'après un grand reliquaire conservé au Cabinet des Antiques sous le numéro 190. C'est surtout la monture qui en est intéressante, car M. Chabouillet dit, dans le catalogue, que le camée central vient de Saint-Denis, où il faisait partie de la décoration d'un reliquaire en forme de buste, fait de i583 à 1606. Il ajoute que la monture d'argent qui entoure directement le camée date sans doute de la même époque, mais que les griffes de cuivre qui l'encadrent et retiennent les pierreries sont probablement d'une époque beaucoup plus reculée. On remarquera que les trois saphirs et les trois rubis faux qui forment cet entourage, alternés avec des trèfles en perles, ne sont pas taillés. Ils sont sertis à quatre griffes et à fonds.
Il est difficile de préciser à quel moment la somptueuse mode des colliers byzantins, que les princesses avaient adoptée au vi® siècle, fut abandonnée. Il y a tout lieu de croire qu'elle dura à peu près autant que la dynastie carolingienne et qu'elle disparut tout à fait au x® siècle, alors qu'épouvantés par les calamités et les terreurs qui marquèrent cette période, les peuples, croyant être à leur dernier jour, étaient tombés dans un découragement profond et se réfugiaient dans le silence et la prière.
C'est en effet à cette époque que nous voyons apparaître la guimpe qui couvre le haut de la poitrine, entoure le cou et va rejoindre la coiffure. Cet ajustement ne laissait aucune place au collier. Il resta dans les mœurs jusqu'à la fin du xuf siècle, ainsi que l'indiquent d'anciens portraits de Clémence de Hongrie, femme de Philippe le Bel, et de Marguerite d'Artois, femme de Louis de France. Sur le tombeau de Villers, qui était à l'abbaye de Saint- Val, sa femme, Jeanne de Lisle, morte en 1276, est figurée avec une énorme guimpe lui montant jusqu'au-dessus du menton, ce qui éloigne toute idée de parure. Peut-être le reliqpaire y trouvait-il un abri, reliquaire fait la plupart du temps de deux cristaux de roche ou de deux pierres de couleur pâle, chevées et réunies à l'aide de drageoirs et de charnières pour former boîte. M. le baron Pichon en possède un qui est fait de deux grandes améthystes ayant la forme d'une grosse fève et qui est couvert à l'intérieur de petits émaux très détaillés qui représentent
la Crucifixion ainsi que plusieurs scènes de la vie de Jésus et de sa Passion.
Cependant s'il faut s'en rapporter à un manuscrit peint vers 1460, sous Charles VII, on se serait mis à porter des colliers avec pendants, dans la seconde moitié du xiii" siècle, car Marguerite de Provence y est représentée avec ce bijou. Mais l'artiste a pu faire un anachronisme auquel il était amené par les modes du temps où il vivait. Quoi qu'il en soit, si le collier ne fit pas dès lors son apparition dans la toilette des dames, il la fit, à coup sûr, sur la poitrine des hommes. On peut s'en convaincre par d'anciens dessins représentant saint Louis ^t les chevaliers qui l'entouraient. Ils ont tous de larges chaînes, allant d'une épaule à l'autre; mais rien n'y est encore suspendu.
Au XIV® siècle, la guimpe paraît avoir été tout à fait abandonnée. Une miniature de l'histoire de Froissart représente Isabelle de France, reine d'Angleterre, faisant son entrée à Paris, où le roi Charles VI vient au-devant d'elle. Elle est à cheval et porte au cou un collier orné d'un pendant, peut-être un reliquaire. Une des dames de sa suite a un collier simple; toutes les autres ont le cou découvert. Dans une autre miniature du même ouvrage, Jean de Montfort IV, duc de Bourgogne, reçoit les hommages de ceux de Nantes. Sa femme, assez décolletée, a un collier et un pend-à-col.
Le portrait de Marie d'Espagne, fille de Ferdinand II, mariée en i336 à Charles de France, comte d'Alençon, laisse voir entre les côtés du manteau, rejeté en arrière sur les deux épaules, une longue chaîne qui paraît l'attacher et qui retombe ensuite plus bas que la taille. Ce . bijou semble plutôt être une agrafe de manteau qu'un collier. Mais la comtesse a le col nu, ainsi qu'Isabelle de Valois, femme de Pierre P', duc de Bourbon. Ces deux exemples sont tirés de l'Armoriai d'Auvergne.
Jeanne de Bourbon, femme de Charles V, ainsi qu'Isabeau de Bourbon sont décolletées, mais n'ont aucun bijou, tandis que Jeanne de Dreux, femme du seigneur de Serrant, porte une longue chaîne de cou après laquelle est attaché un pendant.
Isabeau de Bavière, mariée en i385, est représentée avec un riche collier à pendant, ainsi que les deux dames qui relèvent la traîne de son superbe manteau.
La mode de porter des colliers s'est généralisée chez les chevaliers. Dans une miniature tirée de l'histoire manuscrite de Froissart,
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représentant la prise de Charles le Mauvais, roi de Navarre, à Rouen, en avril i355, on voit au cou des seigneurs qui sont à table avec lui des chaînes de cinq à six rangs, après le dernier desquels pend un petit objet qui peut bien être un reliquaire.
On sait que l'inventaire du roi Jean le Bon mentionne deux reliquaires S Tun d'argent émaillé à Notre-Dame de Saint-Pierre, Tautre en or émaillé à la même dévotion.
Le chambellan du duc de Guyenne, Charles de Montaigu, seigneur de Marcoussis, est représenté porteur d'un collier double, après lequel rien n'est suspendu.
On donnait plusieurs noms aux chaînes qui se portaient au col. Le mot carcan a été fort longtemps employé. On peut croire qu'il désignait plus particulièrement celles qui le prenaient étroitement, surtout si Ton se rappelle que le premier carcan garni de diamants, qui fut porté par Agnès Sorel, la gênait beaucoup.. Le nom de chaînes fut donné pendant longtemps, au moyen âge, aux colliers que portaient les chevaliers. Louis XI, assistant au siège du Quesnoy et ayant vu un capitaine, nommé Raoul de Lannoy, combattre avec beaucoup de vaillance, lui dit agréablement le soir, en lui jetant autour du cou un collier d'or de 5oo écus : « Par la Pâque Dieu, mon ami, vous êtes trop furieux en un combat; il faut vous enchaîner, car je ne veux point vous perdre, désirant me servir encore de vous plusieurs fois. » Il semble que le mot collier fut adopté lorsqu'on suspendit des ordres à ces chaînes qui n'avaient jusqu'alors servi que d'ornements aux chevaliers. On dit encore le collier de la Toison d'or. Il est vraisemblable que cette expression est celle d'origine. Ce n'est que plus tard que ce mot fut employé pour désigner une parure féminine.
On donnait le nom dtjaseran aux chaînes faites de mailles larges et espacées^ s'enchevêtrant les unes dans les autres, qui allaient d'une épaule à l'autre. On vient de voir qu'on en portait plusieurs rangs. Ce mot jaseran, dans l'ancien art militaire, emportait avec lui l'idée d'une chose faite de mailles. La cotte de mailles s'appelait jaseran. Par extension, il servit ensuite à désigner les chaînes faites également de mailles. Le terme resta au vocabulaire, mais le mot aussi bien que la chose furent quelque peu modifiés par l'usage. On fit la chaîne en
I. Testament du roi Jean le Bon et inventaire de ses joyaux, publié par Germain Bapst, 1884.
ipo LES BIJOUX ANCIENS ET MODERNES.
petits anneaux d'or imperceptibles et on la baptisa jaseron. On sait que le jaseron fut plus tard et pendant longtemps la parure indispensable de toutes les campagnardes aisées.
« Les patenôtres, anneaux, jaserans, carcans, étaient de fines pierreries, escarboucles, rubis balais, diamants, saphirs, émeraudes, turquoises, grenats, agates, bérils, perles et unions d'excellence. » C'est Rabelais qui décrit ainsi les richesses de la toilette des dames de Tabbaye de Thélème. On y voit les deux expressions jaseran et carcan, le mot collier n'y apparaît pas.
Les modes pour porter ces jaserans étaient d'une variété infinie. Chaque grande dame les accommodait à sa guise et cherchait des combinaisons nouvelles.
La femme du grand veneur de Charles VI, Suzanne de Coesmes, porte sur son corsage coupé en carré et surmonté d'une guimpe, dont le froncé ou la collerette ne dépasse pas la naissance du cou, deux gros jaserans, dont l'un pend sur la guimpe et l'autre sur le surcot à la hauteur des seins. Elle n'a pas d'autre bijou.
Dans une gravure exécutée d'après une miniature tirée du manuscrit original de P. Le Baud, représentant P. Le Baud, aumônier de Guy V de Laval, offrant sa première histoire de Bretagne à Jean de Châteaugiron, on voit une dame ornée d'une sorte de collier très large, composé de grandes mailles en forme d'S juxtaposées. Une autre porte trois jaserans fins qui passent sur une guimpe ouverte, ajustée et transparente, et dont le dernier rang retient un pendant. Une troisième a, plus bas que la naissance du cou, un gros jaseran, du centre duquel part une chaîne droite plus fine, terminée par un pend-à-col placé entre les deux seins. La comtesse de Montfort, Marguerite de Flandre, a le même ornement; mais le pendant va plus bas.
Sous Charles VII on voit, dans plusieurs dessins qui représentent des tournois, toutes les dames qui sont dans les tribunes, décolletées jusqu'aux seins. Elles portent toutes des chaînes au cou, quelquesunes ont des pend-à-col. Le collier de la reine, dont le dessin est d'assez bon goût, est composé d'or et de pierres précieusies.
Le portrait de Louise de Savoie, mère de François P% tiré d'un manuscrit, la représente sans aucun bijou. Seulement un grand jaseran, attaché autour de sa taille, pend en courbe de collier par devant et s'échappe au centre pour se perdre dans les plis de la robe. D'autres fois nous voyons réunis dans le même ajustement le carcan
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d'or et de pierreries et des jaserans qui s'étagent et battent sur la poitrine, puis, comme ci-dessus, des chaînettes qui entourent la taille et d'où s'échappent des breloques. Nous retrouverons ce dernier bijou en étudiant les ceintures.
Dans une miniature du roman de Renaud de Montauban, 1470, une femme est représentée qui porte un large et riche collier, composé d'une chaîne à laquelle sont suspendues tout autour des plaques ou des médaillons serrés les uns contre les autres. La même disposition se retrouve dans un portrait de femme datant d'environ 1440 et exposé au Louvre sous le numéro 592. Tout autour est suspendue, répétée, l'hermine de Bourgogne. Ce motif est grossi sur le devant.
La chronique de Jacques Duclerc, composée à Arras et qui va de 1448 à 1467, dit que les nobles et les riches portaient grosses chaînes au col.
La grande cheminée qui décorait la salle des séances de la Châtellenie de Bruges, qui fut exécutée de 1629 à i532, et dont le Musée des sculptures de la Renaissance, au Louvre, possède un surmoulage, nous montre le costume de deux princesses, la première du xv», la seconde du xvi® siècle. Il y a tout lieu de croire que ces images sont sincères.
La première est Marguerite de Bourgogne, duchesse de Brabant, archiduchesse d'Autriche. Elle porte un large collier qui va d'une épaule à l'autre, puis, à son manteau, deux fortes agrafes en pierreries reliées entre elles par une chaîne qui semble être du même travail ; puis encore une ceinture de jaserans dont la pointe par devant est terminée par une pièce en forme de cœur ou de cadenas, sans compter le bas du surcot et le bord de la jupe qui sont ornés de pierres précieuses cousues. C'est splendide.
La seconde est Jeanne d'Aragon, reine de Castille. Elle a le même collier, la même ceinture; mais le pendant en est de forme cruciale. Le bas du surcot est également riche et, de plus, orné d'une suite de médaillons disposés en manière de frange. La jupe est simple. Il y a à peu près soixante-dix ans d'intervalle entre les époques auxquelles vécurent ces deux princesses. On voit que les modes variaient alors moins que de nos jours.
On sait que Philippe le Bon étalait des rivières de diamants sur les collets de ses manteaux, dont le velours noir, son étoffe de prédilection, faisait davantage ressortir l'éclat. Mais ce goût ne paraissait
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