LA DIFFÉRENCIATION DES SEXES
A mesure qu’on s’élève dans la série animale, on voit le travail génésique se répartir sur deux individus. De cette division résulte la différence des sexes. De ces deux êtres, l’un est destiné à produire les œufs, l’autre à élaborer le sperme. La différence entre ces deux êtres est d’autant plus manifeste, leur accouplement d’autant plus parfait, qu’on remonte la chaîne des êtres vers le genus liorno.
Mais il y a encore bien des degrés dans la génération dioïque.
Chez les crustacés, et en particulier chez l’écrevisse (Aslacus fluvial ilis ), le mâle se contente de déposer ses spermatozoïdes sur le ventre de la femelle.
Chez les arachnides et les myriapodes, il n’y a pas non plus de copulation véritable. Le mâle recueille ses spermatozoïdes avec ses pédipulpes et les introduit dans l’organe femelle avec les plus grandes précautions, car la femelle cherche à s’emparer de lui pour le dévorer.
Chez certains insectes, tels que les papillons ët les cantharides, les mâles ne naissent que pour féconder et mourir. Chez les cantharides, l'accouplement est le signal de la mort; c’est le chant du départ. « Le mâle, dit Audouin, harcèle la femelle, laquelle oppose d’abord de l’apathie, et plus tard de la résistance. 11 monte sur son dos et saisit ses deux antennes avec le? pattes de devant. Il existe au premier article du tarse de ses pattes une profonde échancrure, et à la jambe une forte épine ou crochet qui, en se repliant, vient fermer cette échancrure et la convertir en véritable trou. C’est avec ces espèces de pinces que le mâle accroche les antennes de la femelle, qu’il les tiraille et les manie comme deux rênes. Leur accouplement a bientôt lieu. Il dure quatre heures environ. Après ce temps, la femelle, jusqu’alors immobile et comme indifférente, s’agite avec force. Le mâle, affaibli, tombe, mais son pénis s’est rompu et demeure engagé dans le vagin. » La fin de la copulation est le signal de la mort du mâle, qui ne se relève plus après être tombé du dos de sa femelle. Celle-ci ne tarde pas à s’enfoncer dans la terre, où elle dépose ses œufs, puis meurt à son tour.
Chez la plupart des poissons, la fécondation est fortuite. Les femelles déposent leurs œufs dans les bas-fonds et s’éloignent ; le mâle passe plus ou moins tôt dans le même lieu et y verse sa laitance.
Chez les batraciens, il y a un degré de perfectionnement.