LA DIFFÉRENCIATION DES SEXES
Chez la grenouille, le mâle s’attache à la femelle et arrose les œufs à mesure qu’elle les pond. Dans d’autres espèces, le mâle se contente de suivre la femelle et d’arroser les œufs qu’elle pond sur sa route.
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Dans les espèces plus élevées, la fécondation est mieux assurée, car elle s’opère avant la ponte et dans le corps de la femelle. Il y a alors un véritable accouplement, très imparfait encore chez les reptiles et chez les oiseaux. Chez ces derniers, il y a simplement abouchement ou juxtaposition de deux cloaques.
Chez les mammifères, les sexes se différencient de plus en plus. Les organes reproducteurs internes sont de plus en plus dissemblables, pendant que les organes externes prennent, eux aussi, une forme tout à fait différente chez le mâle et la femelle. L’accouplement est complet et devient une fonction des plus importantes.
Dans certaines espèces, certaines parties du corps même se différencient. Dans quelques cas, on voit les mâles se caractériser par la présence de crinières et de cornes, alors que leurs femelles en sont dépourvues.
Chez les bimanes, cette différenciation des sexes est encore plus prolonde etplus tranchée. L’homme diffère delà femme,
non seulement par ses testicules et son pénis, mais encore par la forme pies rude de ses muscles et de ses membres, par son système pileux plus abondant, par le timbre plus grave de sa voix, par sa stature en général plus élevée. La femme diffère de l’homme non seulement par ses ovaires et sa vulve, mais encore par la forme plus gracieuse de son corps, par ses contours plus délicatement arrondis, par son visage glabre, par ses cheveux plus longs, plus soyeux et plus fins, par la grâce délectable de ses seins et de ses hanches molles et rondes, par ses goûts même et ses inclinations, fruits de l’hérédité mûris àpointpar l’éducation.
Alors, l’accouplement devient cette chose harmonieuse et parfaite qui se compose d’un acte physiologique qu'on appelle le coït, et ordinairement aussi d’un sentiment qu’on appelle l’amour.
Nous allons voir, dans les chapitres suivants, par quelles mystérieuses déviations certains individus restent incomplets ou bien tendent à retourner aux formes inférieures de l’hermaphrodisme, à redevenir des êtres monoïques.
Nous envisagerons ensuite ce que peuvent être ces individus au point de vue morphologique, physiologique et psychique.