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LA PÉRIODE PRÉSEXUELLE DE LA VIE

FŒTALE

« Chez l’homme, dit Fauteur inconnu des Eléments of social science, les organes du sexe masculin ont atteint leur complet développement et les organes du sexe féminin sont restés à l’état embryonnaire; l’opposé se rencontre dans la femme : le pénis de l’homme se retrouve dans le clitoris de la femme. Chez le fœtus, les deux organes se ressemblent au point qu’on ne peut les distinguer l’un de l’autre. Le développement de l’un est arrêté dès les premiers mois, tandis que celui de l’autre continue sa marche régulière. L’utérus est représenté, chez l’homme, par une légère dépression de la prostate. Il en résulte que la séparation des sexes est plus apparente que réelle; en réalité, nous sommes tous des hermaphrodites. »

Dutrochet écrivait également, en 1833 :

a Dans les premiers temps de leur existence, tous les

fœtus humains ont leurs organes génitaux externes conformés de la même manière, et le type uniforme de cette conformation apparente est celui de l’organe féminin. Les fœtus mâles, comme les fœtus femelles, offrent également l’apparence extérieure d’une vulve, quand ils sont très jeunes, mais bientôt, chez les mâles, cette vulve apparente disparaît par la soudure de ses deux parties latérales, par le développement de sa partie postérieure qui se gonfle pour former les deux poches scrotales, lesquelles, dans le principe, sont séparées par une fissure; par le développement enfin du pénis, à la partie inférieure duquel il n'existe d'abord qu’une simple gouttière, laquelle ne tarde pas à se transformer en canal par la soudure de ses bords. Il résulte de là que les deux formes sexuelles extérieures, femelle et mâle, sont les deux phases successives d'un développement qui tend des parties latérales vers la ligne moyenne, ainsi que l’a établi la théorie du développement excentrique, due à M. Serres. La première phase offre la séparation des deux parties latérales, en outre plus développées; ainsi, la forme extérieure féminine précède la forme extérieure masculine.

« On sait qu’à une époque plus avancée du développement, les fœtus femelles paraissent être mâles, en raison de l’accroissement disproportionné de leur clitoris. Ainsi, il est vrai de dire que, relativement à la conformation apparente des organes génitaux externes, tout homme a été femme dans le principe. On conçoit, d’après cela, comment un arrêt de développement dans les organes externes peut faire d’un mâle effectif une femelle apparente, et comment, au contraire, un excès de développement, ou si l'on veut, le déve- «

loppement inopportun de ces mêmes organes externes, peut faire un mâle apparent, mais cependant toujours imparfait, d’une femelle effecti ve. »

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