Art. Végétations du Dict. de méd. et chirurg. pratiques
L'HERMAPHRODISME ARTIFICIEL
dans une lettre que j’ai pu surprendre : « 11 est blond comme les blés, avec deux yeux d’azur presque innocents et noyés quelquefois comme en une mystérieuse rêverie. A le voir au repos, lorsqu’aucune passion ne l’agite et que sa tête de chérubin repose sur l’oreiller, on se prend involontairement à rêver aux ravissantes créations de Murillo ou aux jolis personnages qui peuplent les fresques de Lebrun. » Et l’énamouré ajoute tristement : « Cette fleur est sans parfum ; ces yeux ne se sont jamais ouverts que devant d’immondes tableaux; et cette bouche mutine et rieuse n’a jamais parlé d’autre langage que l’idiome affreux de la pègre et de la canaille. »
Plus encore que les pédérastes de profession et les infantiles, les individus atteints d’inversion sexuelle, ceux que l’Allemand Karl Heinrich-Ulrichs a appelés uranistes, se font hermaphrodites artificiellement.
Avec des organes génitaux masculins à peu près réguliers et à peu près complets, ils se font femmes dans leur habitus extérieur, et quelquefois même dans leur costume.
Taylor1 rapporte l’observation d’une célèbre artiste anglaise, Élise Edwards, qui joua sur plusieurs scènes d’Europe et ne fut reconnue pour un homme qu’après sa mort. Dès sa plus tendre jeunesse, cette personne avait adopté des manières féminines et aimait à s’habiller en femme. Les organes génitaux étaient fixés au corps par un appareil spécial, de sorte qu’on ne pouvait les reconnaître à première vue.