‹ Les bisexuésChapitre 78 sur 104 · Medical Jurisprudence , 1873, vol. II · texte numérisé non relu

Medical Jurisprudence , 1873, vol. II

Albert Moll1 affirme qu’un uraniste berlinois a longtemps servi dans un hôtel comme femme de chambre, trouvant ce moyen très commode pour jouer jusqu’au bout son rôle de femme.

Pour pouvoir s’accoupler avec des hommes normaux, ces individus ont recours à des subterfuges. Ainsi, dans la rue, un uraniste, costumé en femme, cherche à attirer l'attention des hommes qui lui plaisent. Ceux-ci, le voyant vêtu comme une femme, croient réellement avoir aflaire à une femme. Lorsque la connaissance est faite et les pourparlers engagés, l’uraniste persuade à l’autre que le coitus vulgaris non tantam voluptatem offert quantam immissio membri in os. Ensuite, mernbrum suum occulit en le retenant entre ses cuisses, tant que l’érection n’est pas complète; et, par surcroît de précaution, il le recouvre avec sa chemise ou avec ses mains. Deux seins postiches en caoutchouc achèvent de tromper son partenaire.

Du reste, les uranistes présentent assez souvent un développement considérable des glandes mammaires. R. von Krafft-Ebing rapporte l’histoire d’un uraniste qui affirmait avoir eu dans les seins, à l’âge de treize à quinze ans, du lait qu’un de ses amis avait tété.

A. Moll assure avoir rencontré, chez certains uranistes, au niveau de la région mammaire, une accumulation de tissu adipeux, qui donnait aux seins l’aspect arrondi de ceux d’une femme. J’ai vu des individus de ce genre à la prison de la Santé, où ils étaient presque des femmes.

« J’ai toujours eu une répugnance marquée pour la femme, me disait l’un d’eux. Du reste, j’avais, en quelque sorte, honte de faire voir mes organes génitaux, étant, sous ce rapport, peu favorisé. »

Cet individu fut, pendant un certain temps, entretenu par

1. Les Perversions de l'instinct génital. Traduction française des docteurs Pactet et Romme. Carré, Paris, 1893.

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