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PLANCHE Y

L’HERMAPHRODISME ARTIFICIEL

un autre pédéraste, qui le faisait habiller en femme et le possédait ainsi. « Si j’étais riche, concluait-il, je voudrais avoir quatre ou cinq domestiques nègres, parce qu’ils sont généralement très membrés, et me faire voir par eux successivement et tous les jours. »

J’ai observé, toujours à la prison de la Santé, un autre uraniste qui s’était donné le langage, les manières et la tournure de la femme. D’un visage agréable, avec des traits réguliers, des cheveux fins, des yeux bleus et doux, il a des attitudes câlines, une voix caressante de demoiselle. A l’infirmerie centrale des prisons, où je pus l’étudier à loisir, il passait tout son temps à se bichonner et à se pommader.

« Je ne puis et n’ai jamais pu, disait-il à un de ses codétenus, voir une femme; j’ai essayé une seule fois dans ma vie. L’attouchement, le contact de la femme me font l’effet contraire. Près d’un homme qui me convient, surtout lorsqu’il est jeune et joli garçon, sans qu'il me touche, rien que de l'examiner, je suis en érection, et je ressens, lorsque j’ai des rapports avec un homme, peut-être plus de plaisir que la femme elle-même, et des deux côtés à la fois. » Un jour, il m’avoua qu’étant dernièrement à l’hôpital de la Pitié, pour je ne sais plus quelle raison, il était tombé amoureux d’un interne. Il dut demander à en sortir, parce qu'il n’osait avouer sa passion à l'interne et qu'il souffrait trop de ne pouvoir la satisfaire.

Le désir de se sentir entièrement femme va si loin chez ces individus, qu’un malade observé par Hammond1 voulut à différentes reprises se couper les organes génitaux et se faire ainsi hermaphrodite.

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