L’HERMAPHRODISME PSYCHIQUE
R. V. Krafft-Ebing a décrit une sorte d’hermaphrodisme psycho-sexuel qui fait que, chez certains individus, le désir sexuel se manifeste tantôt pour l’homme, tantôt pour la femme.
Un individu, qui était en proie à cette forme d’inversion sexuelle, a fait à Albert Moll la confession suivante :
« ...Mon mal consistait en ce que j’étais continuellement lancé des sensations féminines aux sensations masculines, et inversement. Le corps d’un homme exerçait sur moi une influence irrésistible et surexcitait mon imagination; mais, en même temps, j’éprouvais le désir d’embrasser une femme. Pendant mon enfance, j’étais déjà excité par la beauté de l'homme et de la femme. Depuis l’âge de sept ans, je me suis adonné à une masturbation effrénée, en pensant, pendant 1 acte, à des hommes. Par deux fois, je suis parvenu à m’échapper de cet enfer; maintenant, cela ne m’est plus possible. Mon imagination maladive me fait considérer comme particulièrement désirables les hommes blonds, vigoureux, en pleine santé. Cet état m’est très pénible, mais je ne puis y résister. Ce qui me fait surtout perdre la tête,
ce sont les cuisses et les hanches des hommes ; de même un pénis très volumineux 1 . .. »
Y. Krafft-Ebing a cité l’observation d’un médecin qui, toutes les quatre semaines, éprouve pendant cinq jours les phénomènes physiques et psychologiques des règles, sauf l’hémorrhagie ; il a le sentiment de posséder des organes génitaux féminins.
Krafft-Ebing désigne ce phénomène sous le nom d'eviratio et sous celui de deferninatio le processus analogue observé chez la femme.
Blumenstock a également observé un individu qui avait voulu fonder une religion en Gallicie, et qui était persuadé qu’il accoucherait de deux jumeaux.
Dans ces cas, il s’agit simplement d’un phénomène psychique, mais d’un phénomène qui transforme l’individu et atteint son sexe, sinon morphologiquement, tout au moins Ph ysiologiquement.
Marandon de Montyel a voulu voir dans la maladie des
Scythes une sorte d 'eviralio, en un mot une folie paranoïque.
1. Alb. Moll. Les Verversions de V instinct génital. Traduct. franc., p. 190.