‹ Les blancs et les bleus: 1.[-3.] sér (volume 2)Chapitre 18 sur 25 · LES BELLES FILLES DE NAZARETH · texte numérisé non relu

LES BELLES FILLES DE NAZARETH

11 traversa pendant une lieue à peu près cette spleudide plaine d'Bsdrelon, la plus vaste et la plus célèbre de la Palestine après celle du Jourdain. —Autrefois, elle s^appelait le paradis et le grenier de la Syrie> la plaine de Jesraêl, la campagne d'Ësdrela, la plaine de Majeddo; sous tous ces noms, elle est célèbre dans la Bible. Bile a vu la défaite des Madianites et des Àmalécites par Gédéon. Elle a vu Saûl campant près de la fontaine de Jesraël pour combattre les Philistins, rassemblés à Âpbec. Elle a vu'Satil, vaincu, se jeter sur scn épée et ses trois fils périr avec lui. — C'est dans cette plaine que le pauvre Naboth avait sa vigne près du palais d'Âchab, et que Tlmpie Jésabel le fit lapider comme blasphémateur, afin de s'emparer de son héritage. C'est là que Joram eut le cœur percé d^une flèche lancée par Jéhu. C'est enfin à peu près à la place où les deux jeunes gens avaient déjeuné que Jésabel fut, par ordre de Jéhu, précipitée d'une fenêtre^ et que son corps fut dévoré par les chiens.

Au moyen âge, cette plaine» qui vit tant de choses, était la

plaine de Sabas. Aujourd'hui, elle s'appelle Merdj ibn Amer^

. c'est-à-dire « Pâturage du fils d'Amer, » — Elle s'étend sur

LES BLANCS £T LES BL£US 18i

une largeur d'eaviron cinq lieues entre les montagoes de Gelboê et celles de Nazareth. A son extrémité s^élève le mont Thabor, yers lequel galopaient les trois cavaliers, sans songer un instant à la célébrité des lieux qu^ils foulaient aux pieds de leurs chevaux.

Le mont Thabor est accessible de tous les côtés* et surtout du côté de Fouli, où ils Tabordèrent.

Ils furent obligés de gravir jusqu'à son sommet— tâche facile, du reste, pour les chevaux arabes — avant que leur vue pût s'étendre au-dessus des deux collines qui, à une hauteur moyenne, leur masquaient la vue du Jourdain et du lac de Tibériade. #

Mais, au fur et à mesure qu'ils montaient, Phorizon s'élargissait autour d'eux. Bientôt ils découvrirent, comme une Immense nappe d'azur, encadrée dans du sable d'or, d'un côté, et dans des collines d'une verdure fauve, de l'autre, le lac de Tibériade, relié à la mer Morte par le Jourdain, qui s'étend à travers la plaine nue comme un ruban jaune écla-^ tant au soleil. Leurs yeux furent bientôt fixés de ce côté par la vue de toute l'armée du pacha de Damas, qui suivait la rive orientale du lac, et qui traversait le Jourdain au pont d'Iacoub. Toute l'avant-garde avait déjà disparu eptre le lac et la montagne de Tibériade. Il était évident qu'elle se dirigeait vers ce village.

11 était impossible aux trois jeunes gens de supputer, même approximativement, cette multitude. Les cavaliers, à eux seuls, marchant avec cette fantaisie des Orientaux, couvraient des lieues de terrain. Quoique à la distance de quatre lieues, on voyait resplendir les armes, et il sortait comme des éclairs d'or delà poussière que les cavaliers soulevaient sous

les pieds de leurs chevaux.

Il était à peu près trois heures de raprès-midi.

11 n'y avait pas de temps à perdre; le cheik d'Âher et Azib, en faisant faire une halte d'une heure ou deux à leurs chevaux près du fleuve Kison, pouvaient arriver, vers la fin de la nuit ou au point du jour, au camp de Bonaparte et le prévenir.

Quant à Roland, il 'se chargeait d'aller à Nazareth et de mettre sur ses gardes Junot, près duquel il comptait combattre pour avoir plus de liberté d'action.

Les trois jeuues gens redescendirent rapidement leThabor; puis, au"pied de la montagne, ils se séparèrent : les deux Arabes reprenant la plaine d'Esdrelon dans toute sa longueur, Roland piquant droit sur Nazareth, dont il avait vu, du haut du Thabor, les maisons blanches couchées comme un nid de colombes au milieu de la sombre^ verdure de la montagne.

Quiconque a visité Nazareth sait par quels abominables chemins on y arrive : tantôt à droite, tantôt à gauche, la route est bordée de précipices, et des fleurs charmantes qui poussent partout où un peu de terre permet à leurs racines de germer, embellissent le sentier, mais ne le rendent pas moins dangereux : ce soiit des lis blancs, des narcisses jaunes, des crocus bleus et roses d'une fraîcheur et d'une suavité dont on ne peut se faire une idée. — Nezer, d'ailleurs, qui est Tétymologie de Nazareth ne veut-il pas dire fleur en hébreu ?

Roland vit et revit, grâce aux détours du chemin, trois ou quatre fois Nazareth avant d'y arriver. A dix minutes de chemin des premières maisons, il rencontra un poste de grenadiers de la 19* demi-brigade. Il se fit reconnaître et s'informa si le général était à Nazareth ou dans les environs.

Le général était à Nazareth, et il n*y avait pas un quart d'heure qu'il était venu visiter les avants-postes.

Force fut à Roland de mettre son cheval au pas. La noble bête venait de faire dix-huit à vingt lieues sans autre repos que celui qui lui avait été donné à l'heure du déjeuner ; mais, comme il était sûr de trouver maintenant le général, il n'avait nullement besoin de forcer son cheval.

Aux premières maisons de Nazareth, Roland trouva im pQste de dragons commandé par un de ses amis, le chef de brigade Desnoyers. Il confia son cheval à un soldat, et demanda où était logé le général Junot.

il pouvait être cinq heures et demie du soir*

Le chef de brigade Desnoyers consulta le soleil près de disparaître 4errièrp les montagnes de Naplouse, et répondit en riant:

— C'est ITjeure où Je^ f empans de Nazareth vont puiser de Teau ; Iq général Junfjt doit éfre pjjr le çhenaîn de la fontaine.

Roland haussa les épaules j sans doute pensa-t-il que la place d'un gjSnéral était partout ailjeur? et qu'il avait d'autres revues à p^^s^f quQ cplle dpç belles filles de Nazareth- Il n'en spivit pas nipins les indications données et arriva à l'autre bout du village.

. La fontaine es^ située à dix minutes à peu près de la derpière n^atson; l'avenue qui y conduit pst bordée de chaquo côté ^'imn|pnses cactug, qu^ forpiept comme une muraille. Â cent pas de la fontaine et siiivant» en effet, des yeux les femmes qui y allaient ou qui en venaient, Roland aperçut le général et ses deux aides de camp.

Junot le reconnut pour l'officier d'ordonnance de Bonaparte. On savait l'amitié que le général en chef lui portait.

et c'eût été une raison pour que tout le inonde lui voulût du bieo; mais sa courtoise familiarité et son courage proverbial dans Tarmée lui eussent fait des amis, lors même qu'il n'eût eu qu'une part moindre à la bienveillance du commandant.

Junot vint à lui, la main ouverte.

Roland, rigide observateur des convenances, le salua en Inférieur, car il ne craignait rien tant que de laisser croire qu'il attribuât à son mérite les bontés que le général en chef avait pour lui.

— Nous apportez-vous de bonnes nouvelles, mon cher Roland? lui demanda Junot.

— Oui, général, répondit Roland, puisque je viens vous annoncer l'ennemi.

— Ma foi, dit Junot, après la vue de ces belles filles, qui portent toutes leurs cruches comme de véritables princesses Nausicaa, je ne connais rien de plus agréable que la vue de l'ennemi. Regardez donc, mon cher Roland, comme ces drôlesses ont l'air surperbe, et si on ne dirait pas autant de déesses antiques I... Et pour quand l'ennemi?

— Pour quand vous voudrez, général, attendu qu'il n'est guère qu'à cinq ou six lieues dici.

— Savez-vous ce qu'elles vous répoadent, quand on leur dit qu'elles sont belles? « C'est la vierge Marie qui le veut ainsi. » Et, en effet, c'est la première fois, depuis que nous sommes ♦entrés en Syrie, que nous apercevons de jolies femmes... Ainsi vousFavez vu, l'ennemi?

— De mes yeux vu, général.

— D'où vient-il? Où va^t-il? Que nous veut-il?

— Il vient de Damas, 11 voudrait nous battre, à ce que je

pense; il va à Sain t-Jean-d' Acre, si je ne me trompe, pour en faire lever le siège.

— Rien que cela? Oh! nous nous mettrons en travers. Restez-vous avec nous ou retoixrnez-vous près de Bonaparte?

— Je reste avec vous, général; j'ai une envie énorme de me couper la gorge avec tous ces gaillards-là. Nous nous ennuyons à mourir au siège. A part deux ou trois sorties que Djezzar-pacha a eu la bêtise de faire, pas la moindre distraction.

— Eh bien, dit Junot, je vous en promets pour demain, de la distraction. «A propos, j'ai oublié de vous demander combien ils étaient.

— Ahl mon cher général, je vous répondrai comme vous répondrait un Arabe : « Autant vaudrait compter les sables de la mer ! » Ils doivent être au moins dans les vingt-cinq ou trente mille.

Junot se gratta le front.

— Diable 1 dit-Il, il n'y a pas grand'chose à faire avec ce que j'ai d'hommes sous mes ordres.

— Et combien en avez-vous ? demanda Roland.

— Juste cent hommes de plus que les trois cents Spartiates: Mais, au fait, on peut faire ce qu'ils ont «fait, et ce ne serait déjà pas si mal. Au rgjte, il sera temps de songer à tout cela demain matin. Voulez-vous voir les curiosités de la ville, ou voulez-vous soijper?

— En efiTet, dit Roland, nous sommes ici à Nazareth, et les légendes ne doiveut pas manquer. Mais, pour le moment, je ne vous cacherai pas, général, que j^ai Testomac plus impa-' tient que les yeux. J'ai déjeuné ce matin près du Kison avec

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un buiscnit de matelot et une douzaine de dattes, et je vous avoue que j'ai faim et soif.

— Si vous voulez me faire le plaisir de souper avec moi, V nous tâcherons de calmer votre appétit. Quand à vôtre soif,

vous ne trouverez jamais plus belle occasion de rétadcliëi'. Puis, s^adressant à une jerine fille qui t)a6sait devàni lui :

— De l'eau I lui deinalida-t-il en ardbe. ton f rëre à ôoif. Et il indiquait Roland à la jellaë iJIle.

Elle s'approcha, grande et sêvêre, avec sa tùiïi4t[ë û\ix longues manches tombantes, qui laissaient les bras nus$ et, courbant là criiche qù^elle portait sut ^on épâtile droite jusqu'à ia hauteur dé son poigtiét gsûiche, elle dfri*it,^ ^àr uti geste plein de gràcç, l'eau qu'elle portait à Rolàhd.

Roland but Itihguémént, non pôiàt tJ^^rce ^ue la {ic^rteuse était belle, mais parce qùë l'eau était fraîche^

— Mon frère â-t-ilbii suiBsainaièiittdeimdndd la Jeune fîlle^

— Oui, dit Roland, dans la même langue, et ton frère te remercie.

Là jeiine bile ëaltla dé là tëtë; tédrèssà ëa bruche sur son épaule, et reprit son chemin vers le village.

— Savez-vous qtie vbtis piatlei; l'arabe tout couramment? dit en riant Junot au jëime homme.

— Est-ce que je n'ai pas été un mois blessé et prisonnier de ces brigands-là, dit Roland, lors de l'insurrection du Caire 1 1l m*a bien fallu apprendre un peu d'arabe malgré moi. Et, depuis que le général en chef s'est aperçu que je baragouine là langue du prophète, il a la rage en toute occasion de me prendre pour interprète.

— Parole d'honneur! dit Junot, si je croyais au môme prix et au bout d'tin mois savoir Tarabe comme vous le savez, je nie ferais blesser et prendre demain.

— Eh bien^ général, répondit Roland^ en riant d'an rire strident et nerveux qui lui était particulier, si J'ai un coti* seil à vous donner, c'est d'apprendre une autre langue et surtout d'une autre façon ! — Allons souper, généraL

Et Roland reprit le chemin du village, sans même jeter un dernier coup d'œil sur ces belles Nazaréennes que le général Junot et ses aides de camp s'arrêtaient à tout moment pour regarder.

La BÂTAIlLe de NAZARËtË

Le lendemain au point du jour, c'est-à-dire à six heures du matin, tambours et trompettes battaient et sonnaient la diane.

Gomme Roland avait dit à Junot que Tavant-garde des Damasquins s'était dirigée vers Tibériade, Junot, ne voulant pas leur donner le temps de l'assiéger sur sa montagne, franchit la gorge des monts qui dominent Nazareth et descendit par la vallée jusqu'au village de Gana.

11 ne l'aperçut qu'à la distance d^un quart de lieue, une rampe de la montagne le couvrant complètement.

L'ennemi devait être ou dans la vallée de Batouf, ou dans 1"

plaine qui s'étend au pied du raonl Tabor. En tout cas, comme on descendait des lieux hauts, ainsi qu'il est^dît dans rÉcriture, il n*y avait pas de danger d'être surpris par lui, et, au contraire, on le verrait de loin.

Les soldats étaient plus instruits du miracle que Jésus- Christ fit à.Gana que de ses autres miracles, et, de tous les lieux sanctifiés par sa présence, Gana était celui qui tenait la plus grande place dans leur mémoire.

En effet, ce fut aux noces de Gana que Jésus changea Peau en vin. Et, quoique nos soldats fussent bien heureux, les jours où ils avaient de l'eau, il est évident qu'ils eussent été encore plus heureux les jours où ils eussent eu du vin.

C'est à Cana que Jésus fit encore un autre miracle rapporté par saint Jean :

a II y avait un grand de la cour dont le fils était malade à Gapharnaum ; ayant appris que Jésus était venu eji Galilée, il alla vers lui et le pria de descendre et de guérir son fils, qui était près de mourir.

» Jésus lui dit ; « Allez, votre fils se porte bien. »

» Cet homme crut à la parole que Jésus lui avait dit, et il s'en alla.

» Et, coinme il descendait, ses serviteurs vinrent au-devant de lui, et lui annoncèrent que son fils se portait bien. »

Aux premières maisons du village de Gana, Junot trouva le cheik El-Beled qui venait au-devant de lui pour l'inviter à ne pas aller plus loin, attendu, disait-il, que l'ennemi se trouvait daos la plaine au nombre de deux ou trois mille chevaux.

Junot avait cent cinquante grenadiers de la 19* de ligne,

cent ciiKJuante carabiniers de la 2® légère, et à peu près cent chevaux commandés par le chef de brigade Duvivier appartenant au 14' de drrgons. Gela lui faisait juste quatre cents hommes, comme il Pavait dit la veille.

11 remercia le cheik El-Beled, et, à la grande admiration de celui-ci, il continua son chemin. Arrivé sur une des branches d'une petite rivière qui prend sa source à Cana même, il côlova cette branche en la remontant. Parvenu au défilé qui sépare Loubi des montagnes de Cana, il vit, en effet, deux ou trois mille cavaliers divisés eu plusieurs corps, qui caracolaient entre le mont Thabor et Loubi.

Pour mieux juger leurs positions, il mit son cheval au galop et arriva jusqu'aux ruines d'un village qui couronnent la colline et que les gens du pay« appellent Meschenah.

Mais, en ce moment, il s'aperçut qu'un second corps marchait sur le village de Loubie. Il était composé de mamelouks, de Turcomans et de Maugrabins.

Cette troupe était à peu près aussi forte que l'autre, c'està-dire que, ayant quatre cents hommes sous ses ordres, Junot en avait contre lui cinq mille.

En outre, cette troupe marchait en masse contre la coutume des Orientaux, au petit pas et en bon ordre. On apercevait dans ses rangs une grande quantité d'étendards, de bannières, de queues de chevaux.

Ces queues de chevaux, qui servaient d'enseigné aux pachas, avaient été pour les Français un objet de risée, jusqu'à ce qu'ils connussent l'origine de ce singulier étendard. On leur avait alors raconté qu'à la bataille de Nicopolis, Bajazet, ayant vu son étendard enlevé par les croisés, avait

d'un coup de sabre coupé la queue à son cheval, avait mis

cette queue au bout d'une pique, et non-seulement avait rallié les siens autour de ce nouvel étendard, mais avait gagné cette fameuse bataille. Tune des plus désastreuses pour la chrétienté.

Junot jugea avec raison qu'il n'avait à craindre que de* la troupe qui marchait en bon ordre. Il envoya une cinquantaine de grenadiers pour contenir les cavaliers qu'il avait aperçus d'abord, et qu'il reconnut pour des Bédouins qui se contenteraient de harceler la troupe pendant le combat.

Mais, à la troupe régulière, il opposa les cent grenadiers de la 19* et les cent cinquante carabiniers de la 2» légère, gardant sous sa main Içs cent dragons, afin de les lancer où besoin serait.

Les Turcs, en voyant cette poignée d'hommes s'arrêter et les attendre, supposèrent qu'ils étaient immobiles de terreur. Ils approchèrent jusqu'à portée de pistolet; mais, alors, carabiniers et grenadiers, choisissant chacun son homme, firent feu, et tout le premier rang des Turcs fut abattu, tandis que des balles, pénétrant dans les profondeurs, allaient atteindre des hommes et des chevaux au troisième et au quatrième rang.

Cette décharge jeta un grand trouble parmi les musulmans et donna le temps aux grenadiers et aux carabiniers de recharger leurs fusils. Mais, cette fois-ci, ils ne tirent plus feu que du premier rang, ceux du second passant les fusils chargés à ceux du premier, et ceux du premier leur repassant leurs fusils déchargés*

Cette fusillade continue avait jeté l'hésitation parmi les Turcs; mais ceux-ci, voyant leur nombre, et combien petit était celui de leurs ennemis, chargèrent avec de grands cris.

C'était le mcmieiit qu'attendait Rolaûd; tandis (}ue luiidt ordoiinait à ses deux cent cinquaiitë hommes de fornler lé bataillon carré, Roland, à la tête des ceiit drslgons, s'élati^ait sur cette troupe chargeant en désordre, et là prenait ëù flanc.

Les Tdtcs n'étaiëilt i^oint habituée â ces sabreô droits, t^ui les perçaient comme des lances à uiie distance à lacttiëllë leurs sabres recourbés ne pouyaieht aittëindrë; L'effet de la charge fut donc terrible; les dragonâ trâversôreht la iHSisSé musulmane de part en t)art, reparurëht de l'autte côté, donnèrent le temps au carré de fsiilrë sa décharge, péUéttôreùt dans le trou que les bàllés Tenaient dé (Pratiquer, et, là^ se mettant à pointer chacun deyaut soi, ils élargirent la trotiéë de telle façon que la massé sembla éclater^ et qile led cavaliers turcs, au lieti de continuer à marcher serrés, commen-^ cèrent à s'épaî-piller datis la plaiîlë.

Roland s'était attaché à un porte«étendard des principaux chefs ennemis; n'ayatit point le sabre droit et pointu de$ dragons, mais le sabre recourbé des chasseurs, il se trouvait combattre à armé égale avec son ennemi. Deux ou trois fois, laissant flotter la bride sur le cou de son cheval et le manœuvrant des jambes, il porta la main gauche à ses fonted pour en tirer un pistolet, mais il pensa qu'il était itidighë de lui de se servir de ce mdyeu; Il t^otièsa ôôn theval sut ôëlîii de son adversaire, prit l'homme à bras-le-côrps, et la lutte continua, tandis que leS chevaux, se recoùnaissant pôùf enûemis, se mordaient et se déchitâieût de lëilf miéûï. Un iùstaut ceux qui entouraient leà deux coihbattants s'arrétôi'eht; Français et musulmans, on voulait voir la fia de la lutte. Hais Roland, lâchant ses arçoiis, éperonna son cheval, qu^ glissa, pour ainsi dire^ entre ses jambes et entraîna ptir so^

poids le cavalier turc, lequel tomba la tête en bas, pendu à ses étriers. En une seconde, Roland se releva, son sabre ensanglante d'une main et Tétendard turc de l'autre. Quant au musulman, il était mort, et son cheval, piqué par Roland d'un coup de sabre, Tentraina dans les rangs de ses compagnons, où il alla porter le désordre.

Cependant, les Arabes de la plaine du mont Thabor étaient accourus à la fusillade.

Deux chefs, supérieurelnent montés, précédaient leurs cavaliers de cinq cents pas.

Junot s'élança seul au-devant d'eux, en ordonnant à ses soldats de les lui laisser pour son compte.

A cent t)as en avant des cinquante hommes qu'il avait opposés comme une dérision aux Arabes de la plaine, il s'arrêta, et, voyant qu'il y avait une distance d'une dizaine de pas entre les deux cavaliers qu'il chargeait, il laissa pendre son sabre à sa dragonne, prit dans ses fontes un pistolet, et entre les deux oreilles du cheval d'un de ses ennemis qui venait sur lui ventre à terre, apercevant deux yeux flamboyants, il lui mit (nous avons dit quelle était son adresse à cette arme) la balle juste au milieu du front.

Le cavalier tomba ; le cheval, emporté par sa course, alla se faire prendre par un des cinquante grenadiers, tandis que, remettant son pistolet dans la fonte oti il l'avait pris, et saisissant la poignée de son sabre, il fendait d'un coup de taille, la tête de son second adversaire.

Alors, chaque oflicier, électrisé par l'exemple de son général, sortit des rangs. Dix ot douze combats singuliers, dans le genre de celui que nous venons de décrire, s'engagèrent aux yeux des deux armées, qui battaient des mains. Dans tçus, les Turcs furent vaincus.

La combat dura de neuf heures et demie du matin jusqu'à trois heures de l'après-midi, moment où Junot ordonna d'effectuer la retraite pas à pas et toujours dans les montagnes de Gana. — En descendant le matin, il avait vu un large plateau qui lui avait paru favorable à ses desseins, car il savait bien qu'avec ses quatre cents hommes, il ne pouvait que livrer un brillant combat, mais non pas vaincre. Le combat était livré ; quatre cents Français avaient tenu pendant cinq heures contre cinq mille Turcs; ils avaient couché huit cents morts et trois cents blessés sur le champ de bataille.

Eux, avarient eu cinq hommes tués et un blessé.

Junot ordonna que le blessé fût emporté, et, comme il s(vait la cuisse cassée, on le coucha sur une civière que portèrent, en se relayant, quatre de ses camarades.

Roland avait remonté achevai; il avait échangé son sabre courbe contre un sabre droit ; il avait dans ses fontes ses pistolets, avec lesquels il abattait à vingt pas une fleur de grenade. Il se mit, avec les deux aides de camp de Junot, à la tête des cent dragons qui formaient la cavalerie du général, et, les trois jeunes gens rivalisant entre eux, faisant

de celte œuvre de mort une partie de plaisir, soit qu'ils combattissent corps à corps à l'arme blanche avec les Turcs, soit qu'ils se contentassent, encouragés par le général, de tirer sur eux comme sur des cibles, ils semèrent cette journée de scènes pittoresques qui défrayèrent longtemps d'anecdotes héroïques et de récits joyeux les bivacs de Tarmée d'Orient.

A quatre heures, Junot, établi sur son plateau, ayant à ses pieds une des sources du petit fleuve qui va se jeter dans la mer près du Carmel, en communication avec les moines

grecs et catholiques de Gana et de Nazareth, était à Tabri d'une attaque par sa position et assuré de ses vivres.

Il pouvait donc attendre tranquillement les renforts que, prévenu qu'il était par le cheik d'Aher, Bonaparte ne pouvait manquer de lui envoyer.

LÉ litdivt tâÂkoA

Comme l'avait pensé Roland, le cheik d'Aher était arrivé au point du jour au camp. En raison de son axiome : « Réveillez-moi toujours pour les mauvaises nouvelles, mais jamais pour les bonnes, » on avait éveillé Bonaparte.

Le cheik, introduit près de lui, lui avait dit ce qu'il avait vu, comment vingt-cinq à trente mille hommes avaient passé le Jourdain, et venaient d'entrer sur le territoire de Tibériade.

Sur la question de Bonaparte, qui lui demandait ce qu'était devenu Roland, il lui dit que le jeune aide de camp s'était chargé de prévenir Junot, qui était à Nazareth, et faisait dire à Bonaparte qu^l y avait au pied du Thabor, entre cette montagne et celles de Naplouse, une grande plaine dans laquelle^ sans être gênés, vingt-cinq mille Turcs pouvaient dormir couchés les uns près des autres.

Bonaparte avait fait éveiller Bourrienne, avait demandé sa carte, et mandé Kléber.

LES BLANCS £T LES BLEUS i9S

Devant celui-ci, par le jeune Druse auquel il avait donné un crayon, il s'était fait indiquer le passage précis des musulmans, la route qu'ils avaient prise et celle que lui, cheik d'Aher, avait suivie pour revenir au camp,

— Vous allez prendre votre division, dit Bonaparte à Kléber ; elle doit se composer de deux mille hommes à peu près.

Le cheik d'Alier vous servira de guide, pour que vous ne pas-

siez pas justement par la même route qu'il a prise avec Roland. Vous suivrez le chemin le plus court pour aller à Safarié ; demain, dès le matin, vous pourrez être à Nazareth. Que TDS hommes prennent chacun de Peau pour la journée. Quoique je voie un fleuve tracé sur la carte, j'ai peur qu'à l'époque de l'année où nous sommes, il ne soit desséché. Engagez, si vous pouvez, la bataille dans la plaine qui est en avant ou en arrière du mont Thabor, à Loubi ou à Fouli. Nous avons une ^revanche à prendre de la bataille de Tibériade> gagnée par Saladin sur Guy de Lusignan en 4 1 87. Tâchons que les Turcs n'aient rien perdu pour attendre. Ne vous inquiétez pas de moi ; j'arriverai à temps.

Kléber réunit sa division, bivaqua le soir près de Safarié, ville que la tradition veut avoir été habitée par saint Joachim et par sainte Anne.

Le même soir, il se mit en communication avec Junot, qui avait laissé une avant-garde à Gana et étiiit remonté à Nazareth, pour laquelle il avait un faible.

Il apprit de lui que l'ennemi n'avait point quitté sa position de Loubi, ettjue, par conséquent, il le trouverait sur un des deux points que lui avait indiqués Bonaparte^ c'est-à-dire en avant du mont Thabor.

A un quart de lieue de Loubi était un village nommé Seïd- Jarra, occupé par une portion de l'armée turque, c'est-à-dire

par sept à huit mille hommes. Il le fît attaquer par Junot avec une partie de saMi vision, tandis qu'avec le reste de ses hommes, formés en carré, il chargeait la cavalerie.

Au bout de deux heures, rinfanterie des pachas était chassée de Seïd-Jarra, et la cavalerie de Louhi.

Les Turcs, culbutés, se retirèrent en désordre jusqu'au Jourdain. Junot, dans ce combat, eut deux chevaux tués sous lui ; ne trouvant sous sa main qu'un dromadaire, il le monta, et, emporté par lui, se trouva bientôt au milieu des cavaliers turcs, parmi lesquels il semblait un géant.

Les jarrets coupés, son dromadaire s'abattit, ou plutôt s'écroula sous lui. Heureusement Roland, ne l'avait pas perdu de vue; il arriva avec son aide de camp Teinturier, le môme qui regardait avec lui passer les belles filles de Nazareth.

Tous deux tombèrent comme la foudre sur la masse qui l'enveloppait, s'ouvrirent un passage et arrivèrent jusqu'à Junot. Ils le remontèrent sur le cheval d'un mamelouk tué, et tous trois, le pistolet au poing, perçant une muraille vivante, reparurent au milieu des soldats qui les croyaient perdus, et qui se hâtaient, sans autre espérance que celle de retrouver leurs cadavres.

Kléber était venu tellement vite, qu'il n'avait pu se faire suivre par ses fourgons; il en résulta que, faute de munitions, il ne put poursuivre l'ennemi.

Il se retira sur Nazareth et se fortifia dans la position de Safarié.

Le 13, Kléber fit reconnaître l'ennemi. Les mamelouks d'Ibrahim-bey, les janissaires de Damas, les Arabes d'Alep et des différentes tribus de Syrie, avaient opéré leur jonction avec les Naplousins, et toute cette nuée d'hommes campait dans la plaine de Fouli, c'est-à-dire d'Esdrelon.

^; Kléber informa aussitôt le général en chef de ces détails. Il lui dit qu'il avait reconnu l'armée ennemie, qu'elle pouvait •monter à une trentaine de mille hommes, dont vingt mille de cavalerie, et lui annonça que, le lendemain, avec ses deux mille cinq cents hommes, il allait attaquer toute cette multitude. Il terminait sa lettre par ces mots :

« L'ennemi est justement où vous le vouliez; tâchez d'être de la fête. »

Le cheik d'Aher fut chargé dé porter cette dépêche; mais, comme la plaine était inondée de coureurs ennemis, elle fut envoyée en triple expédition et par trois messagers différents.

Sur les trois dépêches, Bonaparte en reçut deux : Tune à onze heures du soir, l'autre à une heurç du matin. On n'entendit jamais parler du troisième messager.

Bonaparte n'avait garde de manquer d'être de la fête. Il était urgent d'en venir à une action générale et de livrer une bataille décisive pour éloigner cette masse formidable qui pouvait venir l'écraser contre les murailles de Saint-Jean-d'Acre.

Murât fut envoyé, à deux heures du matin, en avant avec mille hommes d'infanterie, une pièce d'artillerie légère et un détachement de dragons. Il avait l'ordre de marcher jusqu'à ce qu'il rencontrât le Jourdain, où il s'emparerait du pont d'Iacoub, pour empêcher la retraite de l'armée turque. Il avait plus de dix lieues à faire.

Bonaparte partit à trois heures du matin ; il emmenait avec lui tout ce qui n'était pas strictement nécessaire pour maintenir les assiégés dans leurs murailles. Au point du jour, il bivaquait sur les hauteurs de Safarié, faisait faire à ses hommes une distribution de pain, d'eau et d'eau-de-vie ; il avait été obligé de prendre la route la plus longue, parce que

son artillerie et ses fourgons n'eussent pu le suivre sur les rives du Kison.

 neuf heures, il se remit en marche, et, à dix heures du matin, il était au pied du mont Thabor.

Là, dans la vaste plaine d'Ëëdreldn, à trois liëueë de distance environ, il aperçut la division Kléber, forte de deux mille cinq cents hommes à peine, comme nous Tavohs dit, aux prises avec la masse eiltiêre de Tàrmêe ennemie qui renveloppàit de tous côtés, et àii milieu de laquelle die faisait un t)bint noir entoùt'é de féU.

Plus de vingt mile cavaliers l'assaillaient, tantôt tournant autour d'elle coinme un totirbillon, tantôt fondant siir elle comme une avalanche ; jamais ces hommes, qui avaient vu tant de choses cependant, n'avaient vu tant de cavaliers se . mouvoir, charger, caracoler autour d'eux ; et ceplendant, chaque soldat, pressant du pied le pied de son voisin, conservait ce saog-froid terrible qui pouvait seul faire son salut, recevait les Turcs au bout de son fusil, ne faisant feu que lorsqu'il était sûr d'atteindre son hoinnie; frappant les chevaux de sa baïonnette quand les chevaux s'approchaient de trop près, mais gardant les balles pour les cavaliers.

Chaque homme avait reçu cinquante cartouches; mais, à onze heures du matin, on fut obligé de faire une seconde distribution de cinquante autres. Ils avaient tiré cent mille coups de fusil ; ils avaient fait autour d'eux un rempart d'hommes et de chevaux tués , et ils étaient abrités par cet horrible abatis, par cette sanglante muraille, comme par un rempart.

Voilà ce que voyaient Bonaparte et son armée lorsqu'ils débouchèrent du mont Thabor.

Aussi, à cette vue, un cri d'enthousiasme s'échappa-t-il de toutes les poitrines :

— A Tennemi ! à Pennemil

Uais Bonaparte cria : a Halte 1 » 11 les força de prendre un quart d'heure de repos. 11 savait que Kléber tiendrait, s'il le fallait, des heures encore, et il voulait que la journée fût complète.

Puis il forma ses six mille hommes en deux carrés de trois mille hommes chacun, et les divisa de manière à prendre toutes ces hordes sauvages, cavalerie et infanterie, dans un triangle de fer et de feu.

Les combattants étaient si acharnés, que, pareils bux Romains et aux Carthaginois qui, pendant la bataille de Trasimène, ne sentirent pas un tremblement de terre qui renversa vingt-^deux villes, ni Turcs ni Français ne virent s'approcher ces deux masses armées qui roulaient dans leurs flancs des tonnerres muets encore, mais dont les armes brillantes envoyaient des milliers d'éclairs, précurseurs de Forage qui allait gronder.

Tout à coup, on entendit un coup de canon isolé.

C'était le signal par lequel Bonaparte était convenu de prévenir Kléber.

Les trois carrés n'étaient plus qu'à une lieue les uns clés autres, et leurs triples feiix allaient porter sur une masse de vingt-cinq mille hommfes.

Le feu éclata des trois côtés à là fois.

Les mamelouks, les janissaires, tous les cavaliers eofin tourbillonnèrent sur eux-mêmes, ne sachant comment sortir de la fournaise, tandis que les dix mille hoihmes d'infanterie, ignorants de toute science et de toute théorie militaire, se débandèrent et allèrent se heurter à ces triplés feux.

âOO LES BLANCS £T LES BLEUS

Tout ce qui eut le bonheur de donner dans les intervalles parvint à peu près ù s'échapper. Au bout d'une heure, les fugitifs avaient disparu comme une poussière balayée par le vent, laissant la plaine couverte de morts, abandonnant leur camp, leurs étendards, quatre cents chameaux, un butin immense.

Les fuyards se croyaient sauvés; ceux qui gagnèrent les montagnes de Naplouse y trouvèrent en effet un refuge; mais ceux qui voulurent rejoindre le Jourdain, par lequel ils étaient venus, rencontrèrent Murât et ses mille hommes qui gardaient le passage du fleuve.

Les Français ne s'arrêtèrent que [lorsqu'ils furent las de tuer.

Bonaparte et Kléber se joignirent sur le champ de bataille, et, au milieu des acclamations des trois carrés, se jetèrent dans les bras Tun de l'autre.

Ce fut là que, suivant la tradition militaire, le colosse Kléber, posant la main sur l'épaule de Bonaparte, qui atteignait à peine à sa poitrine, lui dit ces paroles tant contestées

depuis :

— Général, vous êtes grand comme le monde 1

Bonaparte devait être content.

C'était bien sur le même point où Guy de Lusignan avait été vaincu qu'il venait de vaincre ; c'était là que, le 5 juillet 1187, les Français, ayant épuisé jusqu'à l'eau de leurs larmes, dit l'auteur arabe, en vinrent à une action désespérée avec les musulmans, commandés par Sala-Eddin.

« Au commencement, dit ce môme auteur, ils se battaient comme des lions; mais à la fin ils n'étaient plus que des brebis dispersées. Entourés de toutes parts, ils furent repoussés jusqu'au pied de la montagne des Béatitudes, où le Sei--

gneur, instruisant le peuple, dit : a Bienheureux les pauvres y> d'esprit, bienheureux ceux qui pleurent, bienheureux ceux » qui souffrent persécution pour la justice! » et où il leur dit : a Vous prierez ainsi : Notre Père, qui êtes aux deux! »

Toute Taction se porta donc vers cette montagne, que les infidèles appellent la montagne d'Hittin.

Guy de Lusignan se réfugia sur la colline et défendit tant qu'il put la vraie croix, dont il ne put empêcher les musulmans de s'emparer, après qu'ils eurent blessé mortellement révoque de Saint-Jean-d'Àcre, qui la portait.

Raymond s'ouvrit un passage avec les siens et s'enfuit à Tripoli, où il mourut de douleur.

Tant qu'un groupe de chevaliers resta, ce groupe revint à la charge, mais il fondait bientôt au milieu des Sarrasins, comme la cire dans un brasier.

Enfin, le pavillon du roi tomba pour ne plus se relever; Guy de Lusignan fut fait prisonnier, et Saladin , en prenant des mains de celui qui la lui apportait Tépée du roi de Jérusalem, descendit de cheval et rendit grâce à Mahomet de sa victoire.

Jamais les chrétiens, ni en Palestine ni ailleurs, n'avaient subi une pareille défaite, a En voyant le nombre des morts, dit un téii|[ioin oculaire, on ne croyait pas qu'il y eût des prisonniers ; en voyant les prisonniers, on ne pouvait croire qu'il y eût des morts. »

Le roi, après avoir juré la renonciation de son royaume, fut envoyé à Damas. Tous les chevaliers du Temple et les Hospitaliers eurent la tête tranchée. Saia-Eddin, qui craignait que ses soldats ne ressentissent une pitié qu'il n'éprouvait pas, et qui appréhendait qu'ils n'épargnassent quelques-uns

de ces moines soldtas, paya cinquante pièces d'or pour chacun de ceux qu'on lui livra.

De toute Tarmée chrétienne, à peine resta-t-il mille hommes debout, a On vendit, disent les auteurs arabes, un prisonnier pour une paire de sandales, et Ton exposa dans les rues de Damas des têtes de chrétiens en guise de melons. »

Monseigneur Mislin dit^ dans son beau livre des ^inU LieuXy qu'un an après cet horrible carnage, en traversapt les champs d'Hittin, il trouva encore des monceaux d'ossements, et que les montagnes et les vallées d'alentour étaient couvertes des restes qu^y avaient traîné les bêtes sauvages.

Après la bataille du mont Thabor, les chacals de la plaine d'Esdrelon n'eurent rien à envier aux hyènes de la montagne de Tibériade.

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