ICI
-r Ppi > 8ijr yotfj5 parole ji'lfpnnçur de ne pas .essayer d'en sortir.
— jTpus ravie?.
Pendapf c^ tepjpp, Ja rq^ç d'i^n sepfjpd mpjng ^'^t^it dessinêe dans i'ombrç^ blapcîi|ssaD( ^ii t;ir et ^ f|}.ep}irp gu'elie approçhaif dij premijsr groupg. Celui-ci était s^n^ d9Ute ijn compagnon secondaire, car le prei]9}^r poipe }pi jef^ ^jif mains la bri^p i^u cheval, rinvjt^n^, avec la forme d'un ordre, pluftôt que pelle d'une prière, i le cppdpirp à l'iécurie. Puis, tendant la main au voyageur :
— Vous comprenez, lui dit-il, pourc[uoi nous n'allumons point de lumière... Cette chartreuse est censée inhabitée ou peuplée siipplenjent par des fantômes; une lumière nous dénoncerait. Prenez ma main et suivez-moi.
Le voyageur ôta son gant et prit la main (|u niQine. C'était une ipaii^ douc^ et, on le ^entait, inhabile à tou^ l^es travaux' qui enlèvent ^ cet organe son aristocratie primitive. Dans les circonstances où se trouvait le voyageur, tqi^t est iqdice. I| fut aise de savoir qu'il avait i^ffaifp | un ffpmif^p comme il
&ut« et le suivit dès lors avec une entière confiance. Après quelques détours faits dans des corridors complètement obscurs^ on entra dans une rotonde prenant sa lumière par en haut. C'était évidemment la salle & manger des compagnons. Bile était éclairée de quelques bougies appliquées au mur par des candélabres. Un feu était allumé et brûlait dans une grande cheminée, entretenu par du bois sec» faisant peu ou point de fumée.
Le moine présenta un siège au voyageur, et lui dit :
— > Si notre freine est fatigué qu'il se repose ; si notre frère a faim, on va lui servir à souper; si notre frère a envie de dormir, on va le conduire à son lit.
-* J'accepte tout cela, dit le voyageur en détirant ses membres élégants et vigoureux à la fois. Le siége**parce que je suis fatigué, le souper parce que j'ai faim, le lit parce que j'ai envie de dormir. Hais, avec votre permission, mon trèscher frère, chaque chose viendra & son tour.
Il jeta sur la table son chapeau à larges bords, et, passant sa main dans ses cheveux flottants» il mit & découvert un large front, de beaux yeux, et un visage plein de sérénité. Le moine qui avait conduit le cheval à l'écurie, rentra, et, interrogé par son confrère, répondit que l'animal avait sa .litière fraîche et son râtelier garni.
Puis, sur Tordre qui lui fut donné, il étendit sur l'extrémité de la table une serviette, posa sur cette serviette une bouteille de vin, un verre, un poulet froid, un pâté et un couvert avec couteau et fourchette.
— Quand vous voudrez, mon frère, dit le moine au voyageur et lui montrant de la main la table prête.
— Tout de suite, répoftlit celui-ci.
Et, sans se séparer de sa chaise, il s'approcha de la table et
s'assit devant elle. Le voyageur attaqua bravement le poulet, dont il transporta la cuisse d'abord, puis l'aile sur son assiette. Puis, après le poulet, vint le p&tô,dont il mangea une tranche en buvant à petits coups le reste de sa .bouteille et en cassant son vin, comme disent les gourmands. Pendant tout ce temps, le moine était demeuré debout et immobile à quelques pas de lui. Le moine n'était pas curieux, le voyageur avait faim; ni l'un ni l'autre n'avaient laissé échapper une parole. Le repas fini^ le voyageur tira sa montre de sa poche.
— Deux heures, dit-il; nous avons encore deux heures à attendre le jour.
Puis, s'adressant au moine :
— Si nos compagnons ne sont pas rentrés cette nuit, dit-il, nous ne devons les attendre, n'est-ce pas? que la nuit prochaine.
7- C'est probable, répondit le moine; à moins de nécessité absolue, nos frères ne voyagent pas le jour.
— Bhbien, dit l'étranger, sur ces deux heures, je vais en attendre une. Si, à trois heures, nos frères ne sont pas arrivés^ vous me conduirez à ma chambre. D'ici là, si vous avez affaire, ne vous gênez pas pour moi. Vous appartenez à un ordre silencieux ; moi, je ne suis bavard qu'avec les femmes. Vous n'en avez pas ici, n'est-ce past
— Non, répondit le chartreux.
—Eh bien, allez à vos affaires, si vous en avez,et laissezmoi à mes pensées.
Le chartreux s'inclina et sortit, laissant le voyageur seul,
mais ayant la précaution, avant de sortir, de déposer devant
lui une seconde bouteille de vin. Le convive remercia par un
salut le moine de son attention, et, machiQalen]C6nt, coutioua U 13
S18 LIS BLAUCS ET LIS BliBUS
do boire Bon Tin à petits coups et de maiger Ist crofttc de son pûtô à petits nnorecaoïK.
-^ ^est là Fordinsire de no^ ehaitraux, ipnmuvarttil. Je ne tes plains pas. Ihi potiat d à teur ordinaire, une poularde (Il est YPfti <fà^ firaB «dmmes dsdas le p^f s des poidardea) et m pftté de b6ca6skié0<4. O^t ^i^, le Jtaisert fliaEqua. ^ €è ié^P éCSlt à ^ibê «Kpmné^ ipie ie ladisfi fli^aTlûl d^'à pris soin un ckevM et da dsrsaaier entrât peiteïit me un plat iin« tfÀne^ 4e ee bsea d^oniag^ dâ ga^^usieâe poioUllé #e vert, et dont Piavention remonte, dit-on, à la fée M^ia^ii^. fkxM Ikile pro&»sl«B de ^ourmjaiPteyiB leofagelir paraissait, comme on Ta vu, sensible à rordoDnanan dfiie JWPfiRt U n'avait pas dit comme Brillats-Saxariai « Un repsa çsni» fromage eil c&taea^ atve toupie à taïqBdle il maïKiOfi w œil ; » itxiis seuê deete il le pensait.
Une heure se passa à vider sa bouteille de poQMd A à pi<f0ei< les mtotiei de soa fromage ji la poiata dp ceuleau. Le petit moine -lofait laissé iwh et Ubee par £ûi\aâiiue(lt de se livrer ft 6» guise* à ot tte deuble oeanpattan. Lq vûKa^suc tira sa meuM, il était irois heur»
Il cfherelia s^il y avait une sennotta» il a'en. tcnuvft pas. Il fut mt le peilil dé f rappeni^ die eo«teau iun son viecre) mais Il trouva c|Qe «fêtait ppeodre une bien grazidû liberté è Vm- <roii des dignes moines c(ui le reeavjkientsi eoeloriablem^Pt.
En conséquence, voulant se tenif la parole ci«i'il s'était donnée k IttiHBMme^ et gû|[aer son lit, 11 déposa, pour ne- pas môme être soupçonné de vouloir man(|Qèr à §a parole, ses armes sur la table, et, Att*(étd,sbn couteau de chasse au eèté seulement, il engagea dans le terhdov par iciiud il était entré. A m<Hiié du corridor « il reneoQtva le moine qui i*ava]treçtt.
. -^ Ffèrf , dit celui-ci ay voy^ig^ur, Dew wgnwi^ vi^u^aï deuou» aimQocer que Içg CQmp»gDOQa approcheat;daQ$ciQq ipiQutes, iU f^PAt ici; i'alla|» vou» av^rtin # >- Bh bieo, Oit le voyageur, allons au*da¥fiQt i'qu^,
ij^Qtra daP9 l» coux;, çuiyi ^e V^tr^ingaf, U^ pqqq4 iQOîo^ ouvrait la porte à deux battants, cori)9)Q il i^TAÎt f^t pour te
Viym^h Iâ pfiÇtfl.9ïFVi9iU i»i ftfyn 4'wtend^e te galop
de plusieurs chevaux qui allait sç fiMprfidlAil) A¥99 fdpi-
dité.
- Plaçai |j)lacp!..dît yîYÇÇïiept ]? nigj9fi ÇB éca^t^^t Ift TW^^-: geur de la main et en Tapp^y^^jt çgptjfp ]^ piujç»
St, en effet, en même temps, un tourbillon d'bommes et de cht^attx fifeûgoulifria éôus iâ voûte, avec le bruit du ton-r nerre*
Le voyageur crut tm instant que les compagnons étaient poursuivis. Il se trompait.
LE TUAÎTRB
La porte se referma d^fî^Ci^ Qu^e Lç. \Wf n'étolt poisl encore vepy, Cepeud^DV la nuit; étîiit i% vf^Q}}^ çh^çuro. Le voyageur vit avec un certain étonnement que Ij^ÇQpsp^- ^
gnons amenaient un prisonnier. Ce prisonnier, les mains liées derrière le dos, était attaché sur un cheval dont deux compagnons tenaient la bride. Les trois cavaliers étaient entrés de face sous la porte cochère. Le galop de leurs chevaux les emporta jusqu'au fond de la cour. Deux par deux, les autres étaient entrés ensuite, et les avaient entourés. Tous avaient mis pied à terre.
Un instant le* prisonnier était resté à cheval, mais on Pa-* vait descendu à son tour.
— Faites-moi parler au capitaine Morgan, dit le voyageur au moine qui, jusque-là, s'était occupé de lui. Il faut avant tout qu'il sache que je suis arrivé.
Le moine alla dire quelques mots à l'oreille du chef, qui s'approcha vivement du voyageur.
— De la part de qui venez-vous T lui demanda-t-il.
— Faut-il répondre par la formule ordinaire, demanda celui-ci, ou dire tout simplement de la part de qui ie viens, en effet?
— Puisque vous êtes ici, c'est que vous avez satisfait aux exigences. Dites-moi de la part de qui vous venez.
— Je viens de la part du général Téte-Ronde.
— Vous avez une lettre de lui ?
— La voici.
Et le voyageur porta la main à sa poche; mais Morgan l'arrêta.
— Plus tard, dit-il. Nous avons d'abord à nous occuper de juger et de punir un traître. — Conduisez le prisonnier dans la salle du conseil,... ajouta Morgan.
En ce moment, on entendit le galop d'une seconde troupe de cavaliers.
LES BLANCS IT iBS BLEDS 221
Morgan écouta.
— Ce sont nos frères, dit-il. Ouvrez la porte! La porte s'ouvrit.
— Rangez-vous! cria Morgan.
Ht uue seconde troupe de quatre hommes entra presque aussi rapidement que Tavait fait la première.
— Avez-Yous le prisonnier? cria celui qui la commandait. •^Otti, répondirent en chœur les compagnons de Jéhu.
-^ Et vous, demanda Morgan , avez-vous le procès-verbal?
— Oui, répondirent d'une seule voix les quatre arrivants. —Alors, tout va bien, dit Morgan, et justice va "être faite.
Voici ce qui était arrivé.
Gomme nous l'avons dit, plusieurs bandes, connues sous le nom de compagnons de Jéhu ou sous celui de Vengeurs, et même sous tous les deux, battaient le pays depuis Marseille jusqu'à Besançon. L'une se tenait aux environs d'Avignon, l'autre dans le Jura; la troisième, enfin, où nous levons vue, c'est-à-dire dans la chartreuse de Seillon.
Comme tous les jeunes gens qui composaient ces bandes appartenaient à des familles du pays, aussitôt le coup prémédité accompli , qu'il eût réussi ou qu'il eût manqué , on se séparait et chacun rentrait chez soi. Un quart d'heure après, notre détrousseur de diligences, le chapeau sur le coin de l'oreille, le lorgnon à l'œil, la badine à la main , se promenait par la ville, demandant des nouvelles des événements et s^étonnant de l'incroyable insolence de ces hommes pour lesquels rien n'était sacré, pas même l'argent du Directoire. Or, comment soupçonner des jeunes gens dont les uns étaient riches, dont les autres étaient de grande naissance, qui étaient apparentés aux premières autorités des villes, de faire
le métier de voleurs de grand chemin? Puis, d^ims^lHVfie les soupçonpait pas ; mjaiiMe8;eût-op.)?ft]y)çonné9,nyl,n;^^^ pris sur lui dé les dénoncer.
Cependant, le gouvernement voyait avec grande peîhe son argent, détourné de sa destlMHBh; j^ôàdr'e là toute ftêla Brettgoe cm liea4»colIe tâ^FsHli etify^iitff ft %t^ée è^s chouans au lieu d'âlmmtr à 46liè tW iliyêÊtèttl^i. AfiMittiii Ittt-U ittttof 4^ iti90 aT«!0 ses: tnrmitmb
Dans imetLea âHigdpoeiB (pii e^adtnsaieikt liil^ieqt^ il filîhMm* ter I ^^illé9 m hovtf§mB\ aei^ ou huit gt^nâarineit ^i s^vaiiefit fait porter é%^f9oc&h la'voittire lèHrB mabifieret lç«rg pi«t9let6^elit|U|r6gujrQnik rordraeif)!^ ^t>imiite'Tivaut un de ces dévaliseurs. La chos^.fa;t.Qi«^tâfi MS^JAbilement pour que les cQoapagpous de, I^bv n'«]Çilei;idif)?j!ïit parler de rien* Le véhicule, avec l'honnête allurç. 4'\nne,4iliï5' gence ordinaire, c'est-rà-dire bourrée de bourgeois;, ^'aven? tura dans les gorges deCavaillon et fut arrêtée par huit hpmmes masqués j une vive fusillade, qui partit de l*intêrieU(r4e la voiture, dénonça la ruse aux compagnons 4^ ^ébu^^yl^; peu curieux d'entamer une lutte inntiie, mirçBt a]Jf.g^^ç|P leurs montures, et, grâce à Texcellence de leurs chevafi^, eur.. rent bientôt disparu. Mais le cheval do Vw. d'eu^ ^y^lt i^ la cuisse cassée par une balle et s'était abattu sur 3Qn cava* . lier. Le cavalier, pris par son chevali n'avait pu fpir «^ avait été ramassé par les gendarmes, qui avaient ainsi atteint It ■ double inandat qui leur avait été confié^ celui de défendre l'argent du gouvernement et de mettre la main 6ur i;n d^ ceux qui voulaient le prendre.
Comme les anciens francs ju^^s, commQ les illuminé^ . du xviii« siècle» comme les francs-maçons modernest k», affiliés, pour être retus compajinons , passaient par do.,
cmelies épreuves et faisaient de terribles sermeii?» Ua 4^ ces sermeato élaifc de ^e iamai» déaoQCiEHr w /QpdopajS^^oa » quelles que fussent les tortures que Ton endurât. Si la» fsûbto^^ Temporlait, si te B0ia 4'tta ooiapUoe «'échai^paôt 4« la bovçjie
ou 4«i fidoneisft&ÂUa pBiHeeo rfeoiçipjBiQ^aâ^la 441atiqi^ )^. premier venadeA tfomp«soQiur a^ftil I0 dfi9it4B lu^ e^f^jp^ci^r, ttè f oignarâ daâtf le la&uri
"^ OrJéj[)HènMerfihmlàrMfi»^e&a¥â@iIf§ft^^ 1^ libiii cfe ^trét^té «ftît m&tW, et le iëf iladflië faom «^ Pâi^flH épréis âvoli* Iotfgfê&p§ l^é^É^ feiil atltt ttréffig^Bd» '^'am nto» nadës, m tiKû 'ië lâ {IH^, t^rïhêfste l^f «i ^âéHitil dé sommeil, la pire dé Mieii M tttHnHdd; ^dfiHibai'fida n^ riiàbie nom, àVàlt M ^ fAlte M iàt«t& H ^t nMuner riss ébmpiîcéà. ' ■ >'
Mais, aussitit que la ctiisé iayàit ëlê dïViifglié'e, lleîi Jiigël avaient reçu un tel déluge de mènâcèà, SÔlt t<ai* fetirési soit de vive voix, qu*on avait résolu d'eûvoyél* llàstfiiclidrl se faire à Vautre bout dé la ifraîicè, ël qtt^bii àVait tlioiàl/ pour y suivre le procès, la petite Ville de Iffàntuà , ôRuèe È rexlrémitô du département âe rÂid. ^
Uais, en même temp9 que le prisonnier, toutes précautions prises pour S2| sûreté, était expédié à Nantua, les compçigQons de Jéhu de la cbartreuse de SeiîloA a^vaiedt jre(u avis de lii
kabisoa e4 de la tran^iatiou du traître.
tt C'est à vous, leur disait-on, qui êtes les frères 108 |Atti dévoués de Tordre, e'est à Morgbn, votre lîhel^te fdusr.témé* Faire et le plus aventureux de noiid tousj de sauver «ei g(»b« pagnons en déttbisaitt le procôs^irerbal qui leé aceuse, el^ faisant un exemple terrible sur ia per«oaasiie celui qura
224 LEd BtANGS ET LES BLEUS
trahi. Qu'il soit jugé, coudamné, poignardé,^ disait la lettre, et exposé aux regards de tous avec le poignard veugeur dans la poitrine. »
C'était cette terrible mission que Morgan venait d'accomplir.
Il s'était rendu avec dix de ses compagnons à Nantua. Six d'entre eux, après avoir b&illonné la sentinelle, avaient frappé (i la porte de la prison, et, le pistolet sur la gorge, avaient forcé le concierge d'ouvrir. Une fois dans la prison , ils s'étaient fait indiquer le cachot de Fargas , s'y éitûent fait conduire par le concierge et le geôlier, les avaient enfermés tous deux dans le cachot du prisonnier; avaient lié celui-ci sur un cheval de main qu'ils avaient amené avec eux, et ils étaient repartis au grand galop.
Les quatre autres, pendant ce temps, s'étaient emparés du greffier, l'avaient forcé de les conduire au greffe dont, il avait la clef et où, dans les moments de presse, il travaillait parfois toute la nuit. Là, il s'étaient fait donner la procédure entière, les interrogatoires, contenant les dénonciations signées de l'accusé. Puis, pour sauvegarder le greffier qui les suppliait de ne pas le perdre, et qui, peut-être, n'avait pas fait toute la résistance qu'il eût pu faire, ils vidèrent une vingtaine de cartons, y mirent le feu, refermèrent la porte du greffe, rendirent la clef au greffier, qui fut libre de rentrer chez lui,
et partirent au galop à leur tour, emportant les pièces du procès et laissant le greffe brûler tranquillement.
Inutile de dire que, pour faire cette expédition, tous étaient masqués.
Voilà pourquoi la seconde troupe, en entrant dans la cour oe l'abbaye, avait crié : « Avez- vous le prisonnier? « et pourquoi la première, après avoir répondu: « Oui, » avait demandé : a Et vous, avez-vous le procès- verbal ?» Et voilà
toujourB pourquoi, sur la réponse afflrmathre, Morgan avait dit, de cette voix qui ne trouvait jamais de contradicteurs : « ÂlorSi tout va.bi^» et justice va être faite. »
LB lUGBMEIfT
Le prisonnier était un jeune homme de vingt-deux à vingttrois ans, ayant plutôt Pair d'une femme que d'un liomme, tant il était blanc et mince. Il était nu-tôte et en chemise, avec son pantalon et ses bottes seulement. Les compagnons ravalent pris dans son cachot, tel qu'il était, et enlevé sans lui donner un instant de réflexion.
Son premier sentiment avait été de croire à sa délivrance.
Ces hommes qui descendaient dans son cachot, il n'y avait
pas de doute, étaient des compagnons de Jéhu, c'est-à-dire
des hommes appartenant à la même opinion et aux mêmes
bandes que lui. Mais, quand il avait vu ceux-ci lui lier les
mains, quand il avait vu, à travers les masques, les éclairs
que lançai^ut leurs yeux, il avait compris qu'il était tombé
dans des mains bien autrement terribles que celles des juges^
entre les mains de ceux qu'il avait dénoncés, et qu'il n'avait
rien à espérer de compUc(^ qu'il avait voulu perdre. U 13.
l'ciMairt tdttte iâ ro^m-^A ti'«tail (as fait âtlë (pmmÉi, et nul DO ièi a^l adrirsM la {Haif^Oè. h'éÉ t^^metk mots qu'il avait «iileiidûs W)Mi 4À Ift WtlfeM àë m ]U^ êiaréM èeÉsc qu'ils venaient de prononcer. Il était très-pâle, mais ne donnait pas d'autre signe d'émotion que cette pâleur
Sur Tordre de Morgan^ les faux moines traversèrent le cloître. Le prisonnier marchait le premier entre deux compagnons, tenant chacun un pistolet à la main.
Le cloître traversé, on entra dans le jardin. Cette procession de douze moines, marchant silencieusement dans les ténèbres, avait quelque cbqse d'effrayant. Elle s'avança vers la porte de la citerne. Un de ceux qui marchaient près du prisonnier dérangea une pierre-, sous la pierre, il y avait un anneau; à Taide de cet anneau, il souleva une dalle qui fermait rentrée d'un escalier.
Le prisonnier eut un instant d'hésitatiaut tant T^a^iée de ce souterrain ressemblait à celle d'un tombeau. Les deux moines qui marchaient à ses côtés descendirexU les premiers; puiSf dans unexaioure de la pierre, ils prirent deuK torches qui étaient là, pour guider de leur lumière ceux qui voulaient s'engager sous ces sombres voûtes. Ils battirent le briquet, allumèrent les torches et ne dirent que ce seul mot :
«»- Descendez 1
Le prifonuier Obôit^
Les tnbinec» dispotrutâut justttx'&n dernier sous la voût^. On B)areha ainsi trois ou quatre rnihuteë, puià on reocontfa une grille ; un deè deitx moinèd tira une ciel de ^a poche et rouvrit.
On se tf odta d^è 16 tdStéit des tombes.
Au fond du <^àte&U s'ùtitràil la porte d'utie àticienûe ch^
LES fiLANCS ET LES BLEUS 227
pelle souterraine, dont les compagnons de Jéhu avaient fait leur salle du conseil. Une table couverte d*un drap noir s'élevait au milieu, douze stalles écuiptééé, 6ii ieà dhàflreux s'asseyaient pour chanter l'offlté dëà nlorts, attfenaliSTlî à la*^mul'aille dé chaque côté cle Isl chàpetîë. là table était ï^hai^géi d'un encrier, dé plusieurs ïïluttiôs, d'un tàihiëf de tiapiéi*; deux tenons Âe ifer ëortaient dé là muraille, comme déâ maftfs t)rélës à recevoir leâ torches, du lèé y ênfôriçà,
ies douze moines ée placèrent chàctm flànà utté étafllé. Oh lit asseoii: le pHsonniersut uti escabéàd àii bout d'^hilë tattlë; de l'autre côté de la table ^é tenait ffèbbtït \ë tdyageér, le seul qui ne portât pas tihe irbbé dé tàditte; !é ë^l ^ fttf Mt pas masqué.
teorgan prit lai parole 1
— Monsieur tucîen de Pargàs; dMl, è^eit bM* ^r Votle propre volonté, et sans y être contraint ni forcé pfftéj^rttoniie que vous avéiS demandé à ûob f tèreë dn Miéi <te faif e partie dé htsité aksbiciàlf 6t( ti tfOië tond é(«ë etitré^ «prôs les éppeuv^ ordinaires, dans cette assoeiation sons le nom d'Heotor f
Le jeune homme încliQa la tète en (âgniB d'adbésloD^ -^ G^el8t de ma pleine et eotière voloEté, sans y étt^ forcé, dit-il.
^ Vous avez prêté les serments d'usage, ei vous saviez» par conséquent, à quelle punition terrible s'exposaient ceuxlà qui y manquaient ?
— Je le savais, répondit le prisonnier,
— Vous saviez que tout compagnon révélant, même au milieu des tortures» les non\s de ses complices, encou* rait la peine de mort, et que cette peine était appliquée sans sursis ni retard, du moment que la preuve de sou crime lui était fournie t . ^ '
— Je le savais. ;.
— Qui a pu vous entraîner à manquer à vos serments? *- L'impossibilité de résister à cette torture qu'on appelle
le manque desonmieil. J'ai résisté cinq nuits; la sixième, je demandais la mort» c'était dormir. On ne voulut pas me la donner. Je cherchai tous les moyens de m'ôter la vie; les précautions étaient si bien .prises par mes geôliers, que je n'en trouvai aucun.La septième nuit, je succombait... Je promis de faire des révélations le lendemain; j'espérais qu'on me laisserait dormir; mais ces révélations, on exigea que Je les fisse à Tinstant même. Ce fut alors que, désespéré, fou d'insomnie, soutenu par deux hommes qui m'empêchaient de dormir tout debout, je balbutiai les quatre noms de M. de ValensoUes, de H. de Barjols, de H. de Javat et de *H. deRibier.
Un des moines tira de sa poche le dossier du procès qu'il avait pris au greffe, il chercha la page de la déclaration et la mit sous les yeux du prisonnier.
— C'est bien cela, dit celui-ci.
— Et votre signature, dit le moine, la reconnaissez-vous?
— Je la reconnais, répondit le jeune homme.
— Vous n'avez pas d'excuse à faire valoir? demanda le moine.
— Aucune, répliqua le prisonnier. Je savais, en mettant mon nom au bas de cette page, que je signais mon arrêt de mort ; mais je voulais dormir.
— Avez-vous quelque grâce à demander avant qiie de mourir?
— Une seule.
— Parlez.
— J'ai nne sœur que j'aime et qui m'adore. Orphelins tous deux, nous ayons été élevés ensemble, nous avons grandi l'un auprès de l'autre, nous ne nous sommes jamais quittés. Je voudrais écrire à ma sœur.
— Vous êtes libre de le faire; seulement, vous écrirez au bas de votre lettre le post-scriptum que nous vous dicterons.
— Merci, dit le jeune homme.
Il se leva et salua.
— Voulez-vous me délier les mains, dit*il, afin que je puisse écrire?
Ce désir fut exaucé. Morgan, qui lui avait constamment adressé la parole, poussa devant lui le papier, la plume et l'encre. Le Jeune homme écrivit, d'une main assez ferme, à peu près la valeur d'une page.
— J*ai fini, messieurs, dit-il. Voulez-vous me dicter le post-scriptum?
Morgan s'approcha, posa un doigt sur le papier, tandis que le prisonnier écrivait.
— Y êles-vous? demanda-t-il.
— Oui, répondit le jeune homme.
— «Je meurs pour avoir manqué à un serment sacré ; par conséquent, je reconnais avoir mérité la mort. Si tu veux donner la sépulture à mon corps, mon corps sera déposé, celte nuit, stfr la place du marché de Bourg. Le poignard que Ton trouvera planté dans ma poitrine, indiquera que je ne meurs pas victime d'un lâche assassinat, mais d'une juste vcn« geance. »
Morgan tira alors de dessous sa robe un poignard forgé, lame et poignée, d'un seul morceau de fer. Il avait la forme d'une croix, pour que le condamné, à ses derniers moments, pût le baiser en l'absence d'un crucifix.
830 LBS DLANQS BT hM9 BLBQ9
*^ 8i Vtflia le d6slr6B| monaieiir^ lui AiUUt nous ¥OQs ac« ebrderoDS cette foveur de voue lûdâer vous frapper vous*m^mci» Voici le poignard. Voua 0eute;i-votta la maia asscas sûre?
Le imah hoflame réfiécllit un Uifltaat -<« Nod, âit-ilj je craindrais de me manciuer.
— C'est bien, dit Morgan« tfettâz TadreBst à la lettre de voire sœur. • .
Le jeiuM hoiliiiie ptia la lettf e et torivit :
A Èddèrnoiselle Diana de hirgaSy à Nîmeà,
—Maintenant, monsieur, lui dit Morgan, vous avez dix ininutes pour faire votre prière.
L'ancien autel de la chapelle était ei^core debout, quoique mùlilé. Le condamné alla s^y agenouiller. Pendant ce temps, on déchira une feuille de papier en douze morceaux, et, sur Tun de ces morceaux, on dessina un poignard. Les douze morceaux* furent mis dans le chapeau du messager qui était arrivé tout juste pour assister à cet acte de vengeance. Puis, avant que le condamné eût achevé de prier, chacun des moines avait tiré un fragment de papier du chapeau. Celui auquel était échu Toffice de bourreau ne prononça pas une parole; il se contenta de prendre le poignard déposé' surla table et d'en essayer la pointe à son doigt. Les dix minutes écoulées, le jeune homme se leva,
— Je suis prêt, dit-il.
Alor4, sans hésitation, sans retard, muet et rigide, le moine & qui était échu Pof&ce suprôme marcha droit à lui et lui
lâRI&çÀ lé 'l^igùaM UM fôcôtô ^insheMii ^IttifiBi On èâWtiiiil tii cri Oè doueulp» t>^8 là é)i«i«e d'ud cdiip^s sur les dalles de la chapelle, mais toat était fini. Le èOiKtattiixé était thdt^i bh lomft au i»$i|âird luf avait inVersé le cg^uK ^ ^ AfMi ^iséeiif, Hit lioif»i, tout «omtittgtibh tle nMtë siBftéeftttibQ ëidats f«à iliaiiqUerb ft seë miments t
^ Aimi MFttiil l râjlondireat ttsk dMMr ttm» ks OMâatis qui àVaMat atafeitd i rMébiitoiti