‹ Les blasphèmesChapitre 3 sur 64 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Malgré les énigmes contraires Voici le mol que vous cherchez l Voici, fixe sous ma prunelle, La loi stable, unique, éternelle.

Qui contient tout le monde en elle!

Voici le vrai t Soyez ravis I Homme, tu peux enfin connaître La raison sûre de ton être, Quels destins réglés te font naître, Où tu vas, et pourquoi tu vis! »

Qui donc doit parler de la sorte?

Où donc est-il, ce grand savant?

Où? Dans la foule? Qu'il en sorte!

Mais non ! Tout reste ainsi qu'avant.

La nuit ne s'est pas éclaircie; .

Et d'argutie en argutie, Gomme toujours, on balbutie Sans trouver le mot qu'il faudrait.

Science à chiffrés futiles, Sur l'univers que tu mutiles Cueille des secrets inutiles !

Nous voulons l'éternel secret.

Vers l'inconnu, vers le mystère,

Invinciblement emportés,

M/. I iPlli

Nous quitterions plutôt la terre Pour chercher ailleurs des clartés.

Ce désir fou si fort nous ronge Que nous aimons môme le songe Qui dans des lueurs de mensonge Nous offre une aube de savoir.

Cause, ô sphinx, 6 toi qui mènes Nos pauvres cervelles humaines, Sous le tas noir des phénomènes C'est toi que notre cœur veut voir.

Mais nous avons beau dans l'espace Tendre nos bras, croiser nos mains.

Croire qu'après le jour qui passe Viendront de meilleurs lendemains, Pousser au ciel des cris d'alarmes Ou le menacer de nos armes, Ou tenter à force de larmes D'user sa porte en diamant; Vains efforts et peine perdue !

Rien ne répond dans l'étendue, Et la nuit partout répandue Toujours nous couvre obstinément.

Il a-

Et voilà pourquoi l'implacable Et lourd ennui s'installe en nous.

Page 1