PROLOGUE
Voilà le poids qui nous accable Et nous fait choir sur les genoux.
Voilà pourquoi Tâme qui plie Sent une âpre mélancolie Au seuil d'une époque abolie Et d'un nouveau siècle. penser Qui la désole et la torture !
Elle voit dans Theure future La même inutile aventure Qu'il faut encor recommencer.
C'est alors qu'on perd tout courage, Qu'on va dans le spleen s'afîaissant, Ou qu'on s'emporte et qu'on enrage A se reconnaître impuissant.
Et l'un blasphème et l'autre pleure, Et, sachant que tout n'est qu'un leurre, L'homme écoute s'écouler l'heure Qui tombe à l'éternel égout, Et, plus stupide qu'une borne, Immobile, muet et morne, Devant la vie et ce qui l'orne 11 ne sent plus que du dégoût.
Oui, le printemps, le ciel, la rose.
Les oiseaux grisés au réveil,
Les prés que la lumière arrose.
L'arbre flambant daas le soleil, Les chAteaus du nuage vague, Les rires du veut qui divague, Les baisers perlés que la vague Donoe au roc son amant vainqueur.
Les fruits d'or plus frais que ta menthe, Les viandes que le feu pimente, La pourpre saignante et fumante Des raisins exhalant leur cœur,
La musique qui dans les moelles Vous coule d'énervants frissons.
Le profond regard plein d'étoiles De celle que nous chérissons, Oui, même cette étrange ivresse Que verse en nous une maltresse Quand sa bouche ardente se presse Sur notre bouche qui la mord, Oui, jusqu'à cette heure bénie Où l'on croit que l'on communie Au fond d'une extase infinie Prête à se fondre dans la mort.
Oui, tous les plaisirs de ce monde.
Tous les biens qui nous sont donnés,