‹ Les blessures de la moelle et de la queue de chevalChapitre 10 sur 63 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE DES LÉSIONS DIRECTES · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE DES LÉSIONS DIRECTES

gulière, déchiquetée, en bouillie. Si la section est complète, les extrémités des deux tronçons parsemées de points hémorragiques s’étalent déchiquetées, extrêmement friables.

Dans des cas qui sont loin d’être rares, la moelle contient encore l’agent vulnérant : balle, shrapnell, éelat d’obus ou esquille osseuse. Fait à remarquer : le siège du projectile dans la moelle peut n’être pas exactement en regard de l’ouverture méningée (voir PI. I et II).

Les lésions des racines rachidiennes sont l’accompagnement obligé de toute lésion spinale traumatique étendue : ruptures, dilacérations, hémorragies.

II. — Contusion de la moelle. — Moins grossières que les lésions spinales précédentes, moins aisées à retrouver, elles méritent de nous arrêter,-car elles s’entourent souvent d’une symptomatologie aussi riche que les plaies véritables.

A l’ouverture de la dure-mère, laquelle peut être trouée par le projectile, la rhoelle semble saine, mais en promenant le doigt dans le sens vertical, on sent nettement une dépression révélant une différence de consistance au siège de la lésion ; ceci n’est guère appréciable qu’au ca@ où la moelle a été au préalable dtircie pendant quelques jours dans le formol ou mieux encore formolée in situ.

A la coupe macroscopique, seules quelques taches hémorragiques apparaissent parfois ; dans d’autres cas, la surface de section semble normale. A y regarder de plus près, il n’en est rien et l’on peut saisir, à jour frisant, un état spécial de la substance blanche que nous appelons l’état spongieux. Loin d’être homogènes comme à l’état normal, les faisceaux blancs apparaissent comme formés d’une substance réticulée, différente de coloration du reste de la coupe. Cet état spongieux répond à la formation d’îlots de nécrose secondaires à la contusion.

Enfin, dans certains cas qui sont loin d’être aussi fréquents qu’on le pense encore trop généralement aujourd’hui, la contusion ou l’attrition de l’axe spinal détermine la formation d’une hématomyélie.

Certes, il n’est pas à nier que la plupart des blessures ou contusions directes de la moelle s’accompagnent d’hémorragies, mais celles-ci sont, dans l’intérieur de la moelle, discrètes, par petits foyers isolés donnant à la coupe un aspect tacheté ou piqueté de rouge. Ce n’est pas là la véritable hématomyélie dans laquelle l’épanchement sanguin apparaît comme lésion

Explication de la Planche I

Aspect macroscopique des lésions médullaires.

Fig. 1. — Section sub-complète de la moelle au niveau du 11« segment dorsal. En clinique, syndrome d’interruption complète.

A l’autopsie, au niveau de la moelle, synvphyse méningée formant un anneau dense et serré au niveau de la lésion.

Fig. 2. — Section incomplète de la moelle par halle de fusil au niveau de D.\2, Z.l ayani déterminé au point de vue clinique un syndrome d’interruption complète.

A l’autopsie, en plus de la lésion médullaire, il existait : une pleurésie séro-hémorragique gauche avec atélectasie pulmonaire et péricardite séreuse ; une pyélonéphrite bilatérale avec cystite hémorragique et purulente.

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