AN ATOMIE PATHOLOGIQUE DES LÉSIONS DIRECTES
principale, en foyer plus ou moins circonscrit et qui frappe au premier examen.
III. — Ecrasement de la moelle. —JLes foyers de ramollissement plus ou moins étendus sont liés à l’écrasemeiit de la moelle consécutif aux fractures des corps vertébraux. Le ramollissement peut être complet et ne laisser que les méninges comme trait d’union entre les deux tronçons médullaires. Plus souvent ' la moelle est aplatie, rubaimée, ou effilée et tendue comme un arfe sur l’angle osseux formé par la saillie vertébrale. Parfois, au niveau de la fracture, la moelle est réduite à une laipe fibreuse de quelques millimètres d’épaisseur (Claude et Lhermitte). Dans un cas persoimel, le tassement et le chevauchement des deux tronçons rachidiens furent tels que la moelle, tendue sur l’extrémité supérieure du segment vertébral inférieiu, se rompit ainsi que les méninges. La cicatrisation des extrémités "s’était parfaitement faite au bout d’un mois et demi.
A une phase plus tardive, les plaies ou les contusions de la moelle présentent im aspect tout différent. Mais les cas en sont rares, en raison de la gravité des plaies directes de la moelle. Nous avons, dans notre statistique personnelle, deux observations d’autopsie pratiquées plusieurs mois après la blessure (1 cas de cinq mois, 1 cas de six mois). Ces lésions tardives peuvent être aussi constatées au cours d’opérations chirurgicales pratiquées plusieurs mois après le traïunatisme. La moelle est alors enserrée dans ime gangue fibreuse très dense formant une virole, im anneau large, un étui dépassant en haut et en bas le siège de la lésion. Cet anneau adhère fortement par sa face externe aux parois du canal rachidien, et par sa face interne à la moelle. Au cours de l’autopsie, jl faut httéralement sculpter ce tissu fibreux pour le sortir du rachis d’abord et pour en dégager la moelle ensuite. Il est toujorus préférable de ne procéder à cette dissection qu’après un durcissement de quelques jours dans le formol. Notons encore que la dure-mère est habituellement semée, sur ses faces externe et interne de placards ocreux, témoignage d’anciennes hémorragies.
Histologie pathologique — Si on prélève un fragment de tissu médullaire au voisinage immédiat d’une plaie de la moelle, ou encore en plein foyer contus, et qu’on le soumette aux diffé-
Explication de la Planche II
Aspect macroscopique des lésions médullaires.
Fia. 1. — Section incomplète de la tnoelle par balle de shrapmll au niveau du 8® segment dorsal.
La balle de sbrapnell est encore enchâssée dans la loge qu'elle s’est creusée dans le tissu médullaire.
Fig. 2. — Section totale de la moelle par éclats d'obus au niveau du 9® segment dorsal.
Il y a disparition complète de tous les éléments nerveux au niveau de la lésion principale. Dans le segment susjacent existe encore, en place, un 2® éclat d'obus.
A droite de la figure, les deux éclats d'obus retirés de la plaie médullaire, ,