AN A T O MIE PATHOLOGIQ UE DEE LÉSIONS DIRECTES
rentes manipulations usuelles en histologie nerveuse (1), voici ce qu’on constate au microscope :
1” A la phase immédiate, l’étude histologique montre la destruction, le bouleversement de toute l’architecture spinale. Zones de nécrose autour desquellés s’amassent des leucocytes polynucléaires et mononucléaires ; zones d’hémorragies infiltrant cordons et substance grise, écartant cellules et fibres nerveuses ; zones d’effritement et de dilacération dans lesquelles les fibres nerveuses très déformées apparaissent moniliformes, en tire-bouchon, en vrille, s’éparpillant dans toutes les directions ; tels sont les différents aspects que présentent les coupes pratiquées au voisinage immédiat de la plaie médullaire. Ces lésions se pomsuivent excentriquement et s’atténuent progressivement. A ime certaine distance de la plaie apparaissent des modifications très particulières que nous décrirons au chapitre des commotions directes (foyers de nécrose insulaire, dégénération primaire aiguë).
Il est inutile d’ajouter que les dégénérations secondaires ascendantes et descendantes, si leur début est ünmédiat, ne peuvent être suivies au microscope que quelques semaines (trois, cinq semaines) après le traumatisme, et à ce stade seulement la méthode de Marohi les met en évidence.
2® La phase tardive est caractérisée essentiellement par le processus de cicatrisation, et nous ajoutons de régénération.
Au processus de cicatrisation de la plaie médullaire participent tous les éléments de soutien de l’axe spinal : cellules et fibres névrogliques ; cellules et fibres conjonctives émanées des gaines périvasculaires et de la pie-mère. Mais en même temps que s’ébauche la cicatrisation, le tissu spinal est envahi par des éléments particuliers : cellules épithéljoïdes, leucocytes, polyblastes, corps granuleux de diverses origines, dont la fonction est d’éliminer du foyer traumatique les débris myéliniques, fibrillaires et cellulaires produits par l’agent vulnérant. Cette réaction cellulaire, qui peut être très vive, ne doit pas en imposer pom un processus inflammatoire infectieux. Elle est l’accompagnement obligé de toute destruction massive des éléments nerveux. La présence de cellules plasmatiques (plas-
(1) Voir Roussy et Lhermitte : Les techniques anatomo-fathologiques du système nerveux, Masson et édit.
Explication
Planche III
Lésions histologiques des lésions directes de la moelle
Fig. 1. — Moelle dorsale inférieure (D. 10, ü. 11) prélevée immédiatement au-dessous d’un gros foyer de destruction par éclat d’obus.
Cavité nécrotique intéressant la plus grande partie des cordons postérieurs, des cornes postérieures, la commissure grise et empiétant en avant sur les cornes antérieures (Méthode de Weigert- Pal).
Fig. 2. — Moelle lombaire inférieure (L. 4) fragment sousjacent à un foyer de destruction primitif par balle au niveau de D. 9 D. 10.
Petites cavités, irrégulières de la substance grise. Destruction des cellules et des fibres de celle-ci qui n’ést plus représentée que par un tissu névroglique très lâche (Méthode de Weigert-Pal).
Fig. 3. — Moelle lombaire (L. 3). Fragment prélevé au niveau d’un foyer par contusion médullaire sans ouverture de la duremère. Zone de ramollissement de la substance grise à droite, avec nombreux corps granuleux péri-vasculaires.
Quelques fibres dégénérées dans les cordons antéro-latéraux et postérieurs (Méthode de Marchi).