ANATOMIE PATHOLOGIQUE DES BLESSURES DE LA QUEUE DE CHEVAL
A rou-rorture du canal rachidien, on. constate, pendant la phase immédiate, l’existence dans le foyer subdural d’esquilles osseuses, d’hémorragies et enfin parfois de projectiles. La duremère présente des lésions de méningite externe ; généralement la pachyméninge a été ouverte par le projectile et l’orifice méningé apparaît irrégulier, comme mâehé. Quant aux racines, elles sont englobées dans un épanchement hémorragique qui comble l’extrémité inférieure de l’étui durai. Latarjet a constaté la suppuration de ces foyers. Les racines sont plus ou moins complètement dilaoérées et sectionnées, leurs extrémités libres flottent librement dans la cavité-méningée.
Parfois, le cône terminal, lui aussi, a été atteint par le projectile, l’extrémité de la moelle apparaît complètement ramollie et terminée par ime section irrégulière (Latarjet).
A ime phase ta/rdive, soit au cours d’une intervention, soit à l’autopsie (3 cas personnels) l’aspect des lésions est bien différent.
Ce qui nous a semblé remarquable, c’est la rapidité avec laquelle s’effectue l’occlusion spontanée de l’orifice ou des orifices créés par le passage du projectile. Le sac durai adhère intimement au canal rachidien, et sa dissection est difficile ; celle-ci doit être menée avec grand soin, si l’on veut ne pas s’exposer à la ruptrue du sac méningé, ce qui n’est pas sans inconvénients au cours d’une intervention. Dans nos cas, nous avons remarqué que la zone de pénétration du projectile était, comme au niveau de la moelle, marquée par l’accumulation de tissu graisseux abondant, véritable lipome extra-dural, qui permet de s’orienter et de retrouver la cicatrice de la porte d’entrée. Dans un cas personnel, le sac durai était complètement sectionné, ^insi que les racines, et les dernières paires
sacrées étaient isolées dans un sac méningé clos de toutes parts.
Après l’ouverture de la dui’e-mère, les racines apparaissaient plus ou moins adhérentes entre elles et aux méninges ; leurs extrémités sectionnées se perdaient dans les tissus de la cicatrice durale ; parfois, comme nous l’avons vu, l’extrémité des racines antérieures, renflée, est nettement névromateuse.
Ainsi que nous y avons insisté déjà, les blessures de la queue de cheval, pas plus que celles de la moelle, ne présentent de tendance marquée à l’infection grave. Nous n’avons jamais constaté de méningite ascendante ou localisée au cul-de-sac durai. En revanche, parfois une infection mortelle peut se développer dans le rachis lui-même ; il en était ainsi dans un de nos faits, où rm petit éclat d’obus, ayant traversé d’arrière en avant la queue de cheval, s’était fiché dans le disque intersacro-vertébral. De là l’infection s’était propagée suivant les gaines des psoas, déterminant une double psoïtis suppurée.
Uhistologie des lésions traumatiques de la queue de cheval ne présente rien de bien particulier et permet seulement de compléter le diagnostic macroscopique. C’est dire qu’au microscope, on constate la coalescence des méninges, l’englobement des racines dans un tissu cicatriciel enveloppé d’une masse lipomateuse. Nous avons observé, par la méthode de Bielschowsky, la régénération active des cylindraxes des racines antérieures et leur bourgeoimement en plein tissu cicatriciel.