CHAPITRE III
LA CONTUSION DES VAISSEAUX
Les balles de fusil peuvent produire une contusion artérielle ou veineuse dans diverses conditions :
Exceptionnellement, une balle, arrivée à la fin de sa course ou ralentie par son passade à travers un os peut venir s’arrêter au contact d’un gros vaisseau qu’elle frappe plus ou moins violemment mais sans l’ouvrir ; plus souvent, une balle frappe une artère tangentiellement, n’entrant en contact qu’avec sa tunique externe ou même la gaine fibreuse périvasculaire ; quelquefois enfin la contusion artérielle succède au passage d’une balle à une certaine distance du vaisseau.
Le mécanisme de la contusion est donc varié. Ce peut être le choc direct, comme dans le cas d’une balle morte frappant un vaisseau en fin de coursé. Ce mécanisme est naturellement plus fréquent dans les plaies par balles rondes que dans les plaies par balles de petit calibre. Ce peut être le choc hydraulique produit sur le vaisseau au moment du passage de la balle à son contact ou à son voisinage immédiat. Ce peut être enfin, et c’est là le mécanisme le plus fréquent, l’élongation, l’étirement du vaisseau. Ce mécanisme, qui est considéré comme essentiel dans les ruptures sous-cutanées des artères, joue aussi un rôle prépondérant dans la contusion des vaisseaux par projectiles de guerre. J’ai vu plusieurs fois apparaître, aussitôt après le passage d’une balle dans le creux sous-claviçulaire ou l’aisselle, une paralysie complète du
Fïg, 40. — Section de l’ai-tère iliaque externe droite par balle.
En amont de la section, l’artère présente des rétrécissements consécutifs à la rupture des tuniques internes par élongation. Décès 12 heures après la blessure. (Pièce de Latarjet, Musée du Val-de-Grâce.J