CHAPITRE PREMIER
T Description anatomique.
Les plaies produites sur les vaisseaux par les balles de fusil, les balles rondes* les éclats d’obus sont extrêmement variées.
Sur les artères , les balles de fusil produisent soit des plaies partielles, latérales, soit des plaies totales, circonférentielles, soit des perforations.
Les plaies latérales des artères sont produites par des projectiles frappant le 1 / 4 , le 1/3 externe du diamètre transversal du vaisseau (fig. IJ. Adventice, tunique moyenne, tunique interne sont brusquement déchirées. Sur l’intima des déchirures étoilées, plus ou moins étendues, prolongent à l’inté-
rieur du vaisseau les déchirures externes. La rétractilité de la tunique moyenne tend à écarter de plus en plus les lèvres de la plaie vasculaire ; elle produit en outre un petit changement dans l’axe du vaisseau, tel que le segment sus¬ -jacent et le segment sous-jacent à la plaie s’inclinent l’un sur l’autre, en formant un angle obtus dont la plaie occupe le sommet (fig. 1 4 , IJ. Cette double action de la tunique moyenne a pour conséquence un agrandissement de la plaie latérale, le maintien de sa béance, et favorise ainsi la persistance de l’hémorragie. Ces plaies latérales ont naturellement des dimensions variables; etles vont depuis la fente la plus étroite jusqu’à la section totale du vaisseau (fig. 2).
Les sections totales sont plus fréquentes, même sur les gros vaisseaux, qu’on ne serait tenté de le supposer. On ne rencontre qu’elles ou à peu près sur les artères de moyen calibre ; sur les grosses artères, leur fréquence s’explique par les deux faits suivants : aux courtes distances, les effets explosifs des balles sont tels que l’artère qu’elles rencontrent est largement déchirée, éclatée, avec une perte de substance souvent étendue (fig. 3 ).
J’ai vu un jeune soldat atteint par une balle qui, entrée par la fesse droite, était ressortie au niveau de l’arcade de Fallope, après avoir touché la fémorale commune. Le vaisseau était éclaté; il en manquait, entre le bout supérieur et le bout inférieur effilochés, un j segment de 5 centimètres (fig. 4 ).
D’autre part, aux distances moyennes et élevées, l’instabilité de la balle pointue est telle qu’il faut uq rien pour faire dévier sa pointe, si bien qu’au lieu de frapper la paroi artérielle bien normalement et la pointe en avant, elle l’atteint,