‹ Les blessuresChapitre 8 sur 14 · VEKS LA SPLENDEUR DES CIMES I9I · texte numérisé non relu

VEKS LA SPLENDEUR DES CIMES I9I

L'Être infime

JE m'en allais seul dans la plaine, Par le soir languide et sans voix...

Je sentais palpiter, parfois.

Les seules plaintes de ma peine.

Comme en de très longs bercements, Là-bas, vagues, au ciel sans voiles, Tremblaient de tristes yeux d'étoiles Aux doux rayons d'enchantements.

Rien ne troublait l'uiiibrc profonde.

L'heure pleine de majesté, S'en allant avec gravité, Passait lentement sur le monde.

Et je me suis dit, consterné :

« Combien vous paraissez infime Devant ce silence sublime, O pauvre cœur abandonné!

IÇi LES BLESSURES

« Qu'étes-vous donc dans la nature, O vous qui marchez dans la nuit?

Et devant Tétoilc qui luit Qu'étes-vous, frclc créature?

« Tu n'es rien dans l'imincnsité! Tes cris, on les entend à peine.

Halte! arrête-toi par la plaine Et retourne à la vérité. »

Une étoile m'a dit dans l'ombre :

« Pourquoi ton cœur a-t-il frémi?

Laisse là ce monde endormi :

Vers moi lève ton regard sombre.

a Élève-toi vers l'infini :

L'homme doit porter haut la tête; Oui, monte où le rêve, ô poète!

Ne commence ni ne finit. »

Alors, vers les splendeurs nocturnes, Je suis monté seul dans le soir; Et le cœur tout rempli d'espoir J'ai bu le rêve dans leurs urnes.

Et je suis resté très longtemps.

Plongé dans l'extase lointaine, Bien loin de la souffrance humaine.

Dans l'éternité des printemps...

Page 1