VERS LA SPLENDEUR DES CIMES
Et depuis, .par les nuits sans voiles, Lorsque je marche seul parfois, Vers les cieux j'élève la voix.
Et je grandis jusqu'aux étoiles.
194 LES BLESSURIS
Repos
AFFRANCHI du mcnsongc et de ses vains mirages. Je voudrais ne plus croire aux hommes désormais Et m'en aller gravir les plus lointains sommets, Près des chênes gelants dominateurs des âges.
Là, ) .imais les ci iriL'b pures, les matins frais,
Dans la libre splendeur des cieux et des nuages,
Muet contemplateur, vivant comme les sages
Et cachant dans mon cœur meurtri mes vieux regrets.
Ou, seul sur le penchant d'une vierge colline, Quand le soir alangui sur la plaine domine, J'égrènerais du rêve en de douces chansons,
Je mêlerais ma voix à la harpe sonore D'Éole, père du chant aux douceurs d'aurore Et dieu des vents légers, des fugues et des sons.
VERS LA SPLENDEUR DES CIMES IÇf
Étoile filante
Ver de terre amoureux d'une étoile.
(Victor Hugo.)
PERLE rare, tombée un soir d'une escarcelle Et qui fus un joyau du lointain firmament; Étoile aux yeux remplis de mystère, parcelle D'astres morts et déchus aux gouffres du tourment;
Ange ou démon, dont l'àme incomprise recèle Peut-être en ses replis l'amour même qui ment; Toi dont le souvenir obsédant m'ensorcelle Et qui remplis mon cœur de ton enchantement;
Déesse du hasard, errante dans l'espace.
Je voudrais te poursuivre et retrouver ta trace
Et, si mes vains désirs n'étaient pas superflus,
Scruter, dans l'inconnu de la nuit constellée. Les profondeurs du rêve où tu t'es envolée, Étoile que jamais je ne reverrai plus.
Irréductible Orgueil
Au fond de la plaine infinie, Les astres aux tristes reflets Pleurent des larmes d'agonie, Et les cieux cachent leurs secrets.
Inertes, ces âmes, perdues Aux pays des rêves lointains, Sont des pointes d'or répandues De par les célestes jardins.
Depuis d'éternelles années, Les étoiles, quand vient la nuit.
Solitaires abandonnées, Nous disent de loin leur ennui...
Je suis, dans ma peine profonde, Rêveur que la vie accabla.
Comme l'étoile pâle et blonde Qu'au ciel le destin exila.