SAGE
à des lésions microscopiques des vaisseaux sanguins et !ymphatiques, donnant lieu à une.transsudation dans les espaces intermusculaires et celluleux. De cette constatation, nous pouvons rapprocher le syndrome de Biwaters, publié sous le nom d'œdème traumatique, ainsi que les constatations du Médecin-Commandant Delvoye, qui signale (Bull. de l'Acad. de chir. du 20 juin 1945), à la suite de l'explosion de mines, des traumatismes fermés du pied, donnant lieu à une tuméfaction monstrueuse de la partie inférieure du membre inférieur avec troubles vasculaires inquiétants : peau violacée, pouls tibial imperceptible, insensibilité des téguments. A la radio, lésions osseuses du calcanéumi, de l’astragale, de l’extrémité inférieur du tibia. Les lésions des parties molles sont également importantes, encore que les téguments semblent intacts. Ce genre de lésions semble n'avoir été rencontré que dans les régions humides, en Alsace par exemple, être dû à une diminution de la puissance explosive de la shumine, par suite de J'hydratation de la masse de tolite. Dans ce cas, œdème de Biwaters, traumatisme fermé et amputation traumiatique relèveraient d’une même origine, le choc par ébranlement exerçant son action à la fois par transmission solide et gazeuse. ;
Comme nous l'avons dit, l’amputation traumatique a deux points dé prédilection : mortaise tibio-astragälienne d'une part, tiers inférieur du tibia d'autre part. D’autres traumatismes s’y localisent : entorses, fractures de Dupuytren et de Maisonneuve, au niveau des malléoles, fractures de Gosselin, au niveau du tiers inférieur du tibia, qui, d'après Leriche, offrent une résistance dix fois moindre que celle des épiphyses, soit du fait de sa forme circulaire, soit du fait. de la jonction à ce niveau des trabécules ascendants et descendants.
1° Au niveau libio-tarsien, c’est une véritable désarticulation, comparable à celle décrite en médecine opératoire par Symes.
-L’astragale se sépare de la mortaise tibio- -péronière et, con- Hinuant à former un tout cohérent avec le reste du pied, est projeté avec lui à distance:
La séparation de l'élément amputé du reste du membre est généralement complète, alors que le traumatisme du tiers inférieur, les éléments musculaires ou aponévrotiques, à vrai dire souvent très réduits, relient encore les deux segments. | Ce mode de désarticulation est À peu près constant. Il est à remarquer l'intégrité très fréquente du pied, peut-être du fait de la protection de la chaussure. Nous avons une ou deux fois RÉRRUEE des désarticulations astragalo-calcanéennes. nr: |
Le blessé apprend généralement la gravité de sa lésion quand, s’asseyant, il constate l'absence de son pied.
Au niveau de la plaie, c’est une véritable dissection des éléments tendineux et de la partie inférieure du muscle rebroussé sur le tibia, comme une peau de banane sur la pulpe. Le tendon d'Achille est sectionné comme écrasé entre deux pierres..Nous n'avons pas constaté sa i désinséstion au niveau du calcanéum.
Les fractures o$seuses sont rarés à ce niveau, mais un certain degré de diastasis tibio-péronié est fréquent. Nous n'avons pas vu de coexistence de désarticulation et de fracture du tiers inférieur.
Les surfaces articulaires nacrées nu avec les éléments tendineux et aponévrotiques carbonisés suivant leurs
bords. | à
2 Au niveau du tiers inférieur du tibia, c’est la fracture ouverte parcellaire avec destruction musculaire étendue et rupture vasculo-nerveuse par arrachement des neris et artères tibiaux, déchiquetés, eflilochés.
Cette plaie, que les souillures multiples et la brûlure noircissent, alors que la plaie par projectile est rutilante, est une vaste surface de résorption ouverte à la flore microbienne