L'ÉRABLE
Il est plein de sève et de force, L'ouragan ne peut le ployer :
Pourtant les fibres de son torse Sont aussi souples que l'acier.
Son feuillage, à la mi-septembre,
Au soufle du vent boréal.
Se couvrant d'or, de pourpre et d'ambre,
Brille comme un manteau royal
LES BOIS-FRANCS lOI
En avril le paysan perce Son flanc qu'amollit le dégel :
Par sa blessure l'arbre verse Tout le mois des larmes de miel.
Il est bon autant que robuste, Il berce au vent le nid moelleux Et dépouille sa tèle auguste Pour couvrir le gazon frileux.
Parce qu'il est fécond, on l'aime, Et nos aïeux, dans leur fierté, Ont pris sa feuille pour l'emblème De leur nationalité.
W. Chapman.