‹ Les Bois-Francs (volume 2)Chapitre 53 sur 115 · NOMINATION DU PREMIER CURE DE STANFOLD · texte numérisé non relu

NOMINATION DU PREMIER CURE DE STANFOLD

'' Québec, 4 octobre 1848.

RÉVÉREND M. Racine,

Vicaire de la Malbaie.

Monsieur,

Je vous confie par la présente, jusqu'à révocation de ma part ou de celle de mes successeurs, le soin des cures et paroisses de Saint-Eusèbe de Stanfold et de Saint-Louis de Blandford. Vous percevrez les dîmes et oblations ordinaires, auxquelles sera jointe, au moins pour cette année, une allocation sur les fonds de l'oeuvre de la Propag^ation de la Foi. Vous exhorterez vos paroissiens à se mettre en mesure de pourvoir par eux-mêmes au soutien de leur prêtre et de ne pas compter pour l'avenir sur de nouveaux secours de l'œuvre ci-dessus mentionnée, laquelle n'aura pas toujours les mêmes ressources.

Vous trouverez sur une des feuilles ci-jointes la liste des pouvoirs que vous êtes autorisé à exercer, en votre qualité de curé de Stanfofd et autres lieux ; l'autre ren-

ferme des instructions qui pourront vous être utiles dans Toccasion.

En attendant que l'on vous ait bâti un presb^-tère à Sianfold, vouspouiTez prendre pension chez AI. le curé de Somerset, à moins que vous ne trouviez à Stanfold une maison convenable oii vous puissiez le faire.

Je suis etc.

t Jos. Archevêque de Québec."

Algr Antoine Racine, né à la Jeune-Lorette, près Québec, le 26 janvier 1S22, de Michel Racine, forgeron, et de Louise Pépin, fit ses études à Québec, oii il fut ordonné le 12 septembre 1844. Vicaire à la Malbaie (1S44-1848); premier curé de Stanfold (1848-185 1), où il a construit un presbj^tère ;curé de Saint-Joseph-de-Beauce (1851-1853), de Saint-Jean-Baptiste de Québec (1853-1874); premier évêque de Sherbrooke (1874-1893), élu le i septembre 1874 et sacré à Québec par Mgr Taschereau le 18 octobre suivant ; fondateur du séminaire de Sherbrooke, en 1875. Il est décédé à Sherbrooke, succombant à une affection organique des valvules du cœur, le 17 juillet

En arrivant à Stanfold, M. A. Racine trouva une chapelle, mais le presbytère n'était pas encore habitable. Il logea en attendant chez M. Louis Richard, marié à la nièce de M. Pierre Prince.

Les paroissiens de Stanfold, ayant à cœur de loger aussi convenablement que possible leur curé, se firent un devoir de faire les sacrifices voulus en de telles circonstances. Grâce à cette bonne volonté qui caractérisait nos ancêtres, M. A. Racine n'attendit pas longtemps

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avant de pouvoir habiter son modeste logis. Il était heureux et content de partager la pauvreté de ses ouailles.

Quel dévouement ! quels sacrifices de la part des premiers missionnaires des Bois-Francs ! Les temps sont changés, mais nous serions bien ingrats de ne pas reconnaître leurs mérites et de ne pas remercier la Providence d'avoir suscité à l'heure propice des hommes au cœur noble et magnanime, capables de tous les sacrifices.

Le 28 octobre 1848, Mgr l'Archevêque de Québec émit un décret ordonnant l'élection d'un corps de marguilliers pour la paroisse de St-Eusèbe-de-Stanfold.

Cette élection se fit dans la maison d'école, le 12 novembre 1848, sous la présidence de M. Antoine Racine, curé de St-Eusèbe de Stanfold. Les marguilliers élus furent MM. Louis Richard, Léon Thibaudeau, Pierre Prince, François Pratte, Moïse Rhault, Rémi Grenier, Gilbert Lemay-Poudrier et Amable Sicard. M. Louis Richard fut proclamé premier marguillier du banc, M. Léon Thibaudeau, deuxième, et M. Pierre Prince, troisième.

Le II janvier 1849 eut lieu la bénédiction de la première cloche de Stanfold, baptisée sous les noms de Julie- Esther. Cette cérémonie fut présidée par M. l'abbé Olivier Larue, archi-prêtre, curé de Gentilly et ancien missionnaire de Stanfold.

Le 15 mars 1849, M.Edouard Dufour, missionnaire de Somerset, érigea canoniquement dans la chapelle de St-Eusèbe les stations du Chemin de la Croix.

A la fin de l'année 185 1, M. Antoine Racine fut nommé curé de St-Joseph de Beauce. Le dernier acte

at'

Mgr ANTOINE RACINE Premier curé de St-Eusèbe de Stanfold et premier évêque de Sherbrooke.

signé par M. Antoine Racine comme curé de Suint-Eusèbe est daté du 21 décembre 185 1.

Dans une causerie intitulée "Les débuts d'une œuvre ", publiée en 1903, M. J.-A. Chicoyne, parlant de M. l'abbé John Holmes, un des premiers missionnaires de Drummondville et professeur au séminaire de Québec de 1827 à 1852, disait :

"Dans sa nouvelle cariière de professeur, il ne perdit jamais occasion d'insister sur le devoir qui imcombait aux Canadiens-français de sauvegarder cette partie de leur héritage.

Plusieurs de ses élèves prêtre et laïques, fidèles à ses leçons, devinrent d'ardents promoteurs de la colonisation.

Parmi ces adeptes de l'abbé Holmes, il en est un qui joua un rôle remarquable à plus d'un titre : je veux parler de Mgr Racine, qui débuta comme missionnaire dans les Bois-Francs et devint le premier évêque de Sherbrooke, en 1874.

Mgr Racine nourrissait la plus profonde vénération pour son ancien professeur, et, en maintes circonstances, il l'a désigné comme a3'ant été le premier apôtre de la colonisation française et catholique dans les Cantons de l'Est.

C'est à l'abbé Holmes que nous devons le fameux mot d'ordre : "Emparons-nous du sol."

M. l'abbé A. Racine, premier curé de Stanfold, devenu premier évêque de Sherbrooke en 1874, mourut en sa ville épiscopale, le 17 juillet 1893.

Le Courrier du Canada^ à la fondation duquel Mgr Antoine Racine avait participé trejite-six ans auparavant, lui consacra l'article nécrologique suivant :

"Mgr Antoine Racine naquit le 24 janvier 1822. Il était donc, à sa mort, âgé de plus de soixante et onze ans. Bel âge, sans doute, et l'éminent évêque semblait porter allègrement le poids des années, lorsque la mort, la mort acci.i tutelle, est venue le ravir à l'affection de son peuple. Sa visite pastorale allait se terminer au milieu des plus douces consolations. Oui aurait cru qu'une chute fatale enlèverait si tôt à l'Eglise du Canada un de ses prélats les plus distingués ? Quel coup pour le diocèse de Sherbrooke, pour le clergé tout entier ! A Québec, on ne pouvait croire le télégramme qui apportait cette nouvelle, tant le prélat avait paru jnsque-là défier l'âge, la fatigue, le travail. C'est qu'ici le défunt a laissé des traces inoubliables de son zèle apostolique.

Comme il fut desservant de l'église Saint Jean- Baptiste pendant vingt et un ans, il nous appartient peut-être autant qu'au diocèse de Sherbrooke de le pleurer, et de payer à sa mémoire un tribut de reconnaissance.

Quant au Courrier du Canada^ c'est un bienfaiteur qu'il a perdu, et c'est le deuil qu'il lui faut prendre.

En 1857, notre journal prit naissance. M. Racine se distingua parmi les plus zélés de ses fondateurs. De quels soins n'a-t-il pas entouré le berceau de l'organe naissant du clergé de Québec ? On put dès lors reconnaître en lui l'homme des bons combats, sans cesser d'être prêtre partout, heureux et fier de servir partout les grands intérêts de la terre et du ciel.

Avant d'être promu à la desserte de l'église Saint-

Jean, M. Racine avait séjourné pendant deux ans dans cette partie des Cantons de l'Est alors connue sous le nom de Boù-Francs.{i)Çy^st là qu'il se fit connaître et apprécier comme colonisateur. La Providence l'y exerça à tenir la houlette, dans cette mission immense qui comprenait les cantons de Stanfold, de Blandford et de Bulstrode. Les vieux n'ont pas oublié ce jeune prêtre de vingt-sept ans, parcourant la forêt pour porter la consolation dans le cœur des affligés, se faisant tout à tous, aussi pieux que modeste, charitable comme Saint Vincent de Paul. Tout dévoué aux intérêts matériels de ses ouailles, Tabbé Racine se multiplia pour leur rendre plus agréable la vie pénible du défricheur abandonné à ses propres ressources, et il rédigea en collaboration cette célèbre brochure intitulée : Le Canadien éiytigrant^ qui produisit un grand effet dans le monde politique. A partir de ce jour, les gouvernements vinrent en aide aux pauvres colons délaissés, et quand le missionnaire des Bois-Francs^ obéissant aux ordres de son évêque, courut prendre charge de la paroisse de Saint-Joseph, dans la Beauce, il pouvait prévoir pour ses colons une nouvelle ère de prospérité et de bonheur.

L'abbé Racine ne passa que deux ans à Saint-Joseph, et il y laissa une belle réputation de vertus et de science.

C'est en 1853 qu'il fut appelé à Québec pour servir, sur un théâtre plus vaste, la cause de la religion et de la patrie. Quel dévouement à toutes les œuvres de Dieu ! Son nom est identifié à toutes les grandes fêtes nation-

<1) A St Eusèbe de Stanfold

nales et religieuses. Tantôt on le voit monter dans la chaire de vérité pour y célébrer les gloires de la patrie en liesse, tantôt il vient verser des pleurs sur la tombe d'un prélat défunt. Lorsque l'autorité ecclésiastique institue le procès de béatification de la fondatrice des Ursulines, il est choisi comme l'un des membres du jury. Et quand sonna l'heure où il fallut ériger un diocèse dans les Cantons de l'Est, il n'y eut qu'une voix dans le clergé, pour jeter en avant le nom de l'abbé Racine. Cette élection fut ratifiée à Rome, et, en 1874, le prêtre devenait le pasteur intrépide qui commande et fait tout marcher à sa parole, c'est-à-dire l'évêque, le successeur des Apôtres, revêtu de la plénitude du sacerdoce, juge de la foi, gardien de la discipline.

" Gouvernez hardiment, " disait Bossuet en s'adressant aux princes. " Soyez mères ," disait Fénelon en s' adressant aux pasteurs. Mgr Racine avait sans doute entendu ces deux oracles, car il y conforma toute sa conduite. Il conduisit son clergé et son peuple en étendant sur leur tête cette verge de consolation et d'honneur dont parle l'Ecriture, cette crosse à l'abri de laquelle il fait bon vivre, quand rien ne la fait vaciller ni fléchir dans la main qui la porte : Virga tua et baculus tuus ipsa me consolata su?it. Il gouverna hardiment,commandant le respect, l'inspirant lui-même. L'autorité de sa parole suffit à conserver la paix dans ce diocèse où le protestantisme compte de nombreux et puissants adeptes. Sa prévoyance s'émut pour le recrutement du sacerdoce dans cette église où il voulait voir les biens spirituels plus abondants encore que les moissons de la terre et les richesses du commerce et de l'industrie. Il a semé, d'autres récolteront.

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Mgr THOMAS COOKE

Premier évêque des Trois-Rivières.

Les directeurs du séminaire de Sherbrooke se souviendront de l'intérêt paternel que leur portait leur vénérable évêque, de la haute estime qu'il faisait dès professeurs, de la confiance qu'il leur a accordée en tout temps. Quelle est, du reste, la communauté qu'il n'ait pas conseillée, consolée, mise à l'abri des coups du sort ? Que n'a-t-il pas imaginé pour donner au prêtre, dans chaque paroisse, l'honneur qui lui est dû, pour assurer sa subsistance, embellir sa demeure et la lui faire aimer?

Voilà, dans une rapide esquisse, comment parlera l'histoire des œuvres de Mgr Antoine Racine, premier évêque de Sherbrooke, et des monuments qu'il a laissés de son zèle et de sa piété. Mais, à côté de cet esprit si ferme, il faut voir un cœur plus tendre encore, un cœur qui fut vraiment celui d'une mère. On le connaissait dans chaque couvent, dans chaque paroisse, oii ses tournées pastorales étaient attendues avec tant d'impatience, signalées par les démonstrations d'une joie si vive, dans ces familles on il portait, par ses visites, non pas le pain du corps, mais le pain de l'âme, la parole de la vérité et de la vie. //l'c est qui 7nultum orat pro populo et pro univers a civitate.

O vénérable prélat, votre moisson est belle, reposezvous maintenant ; vous avez été véritablement le bon ouvrier de l'Evangile, vous avez bien répondu à cette voix qui vous appelait, il y a dix neuf ans, sur les bords de la rivière Saint-François, pour travailler dans le champ du Seigneur."

DEUXIEME CURE

MONSIEUR l'abbé PIERRE-LÉON LAHAYE.

Le successeur de M. Antoine Racine fut M. l'abbé P.-Iv. Lahaye, vicaire à St-Roch de Québec. Le premier acte qu'il a signé dans les registres de Stanfold est daté du 4 janvier 1852.

M. l'abbé P.-L. Lahaye demeura à peine neuf mois à Stanfold. Trois-Rivières ayant été érigé en diocèse en 1852, M. P.-L. Lahaye préféra appartenir au diocèse de Québec. Il demanda son rappel, et, à l'automne de 1852, il retourna à St-Roch de Québec, comme vicaire.

Le dernier acte signé par M. P.-L. Lahaye comme curé de St-Eusèbe de Stanfold est daté du 5 octobre

TROISIEME CURE

MONSIEUR l'abbé NARCISSE PELLETIER.

Avant sa nomination à la cure de St-Eusèbe de Stanfold, M. l'abbé Narcisse Pelletier était vicaire à Ste- Anne-de-la-Pérade.

Le II septembre 1859, ^^s paroissiens de Stanfold

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présentèrent aux commissaires civils une requête demandant la permission de faire une élection de syndics pour la construction d'une église et d'une sacristie. L'autorisation fut accordée le 23 septembre 1859. La confirmation de l'élection des syndics par les commissaires civils est datée du 11 novembre de la même année. Les sept syndics élus furent : MM. Jean-Baptiste Pellerin, Auguste Desroches, Louis Richard, Prosper Roux, Pascal Lacourse, Léon Tliibaudeau et Louis Trottier.

Les 23, 24 et 25 juillet 1852, Mgr Turgeon, archevêque de Québec, visita Somerset, mais ne se rendit pas à Stanfold, parce que Stanfold devait faire partie du nouveau diocèse des Trois-Rivières.

Le 8 juin précédent le Saint-Siège avait érigé le diocèse des Trois-Rivières, lui donnant pour chef spirituel le Très Révérend Messire Thomas Cooke, vicaire général de l'évêque de Québec et curé des Trois-Rivières. A cette date, une grande partie des Bois-Francs fut confiée à la sollicitude pastorale du nouvel évêque des Trois- Rivières. La partie dans le comté de Mégantic seule continua à appartenir à l' Archidiocèse de Québec.

Mgr Thomas Cooke, né à La-Pointe-du-Lac, comté de St-Maurice, le 9 février 1792, de Jean Thomas Cooke, meunier, et d'Isabelle Guay, fit ses études à Nicolet, à Québec et à St-Hyacinthe ; fut ordonné par Mgr Plessis, le 9 septembre 1814. Secrétaire de Mgr Panet à la Rivière-Ouelle (1S14-1817) ; curé de Caraquet, avec desserte de rivages immenses (i8i7-i824);y compnsTracadiedu Nouveau-Bru uswick (18 18-182 3) ; curé de la Jeune Lorette (1824-1835) ; curé aux Trois-Rivières, (1835-

1852) ; grand vicaire (1835-1852) avec desserte du Cap de la Madeleine (1835-1844) ; élu premier évêque des Trois-Rivières le huit juin 1852, par S. S. Pie IX, et sacré le 18 octobre 1852, dans sa cathédrale, par Mgr Turgeon ; évêque des Trois-Rivières (1852-1870) oii il fonda le séminaire ; décédé aux Trois-Rivières le 3 avril

Le 27 décembre 1899, M. Georges Courchesne, (i) élève finissant au séminaire de Nicolet, dans l'adresse qu'il lut à Mgr J. S. H. Brunault, évêque de Tubuna et coadjuteur de Monseigneur de Nicolet, en rappelant le souvenir de Mgr Thomas Cooke, disait les paroles suivantes :

" 1852 apporta de nouveau au Séminaire de Nicolet un immense sujet de joie : le sixième de ses fils était consacré évêque, et cette fois son évêque, puisqu'il devenait le fondateur du diocèse des Trois-Rivières, Monseigneur Thomas Cooke, de douce mémoire, dont le nom brille, avec celui du premier évêque de Saint-Boniface, en tête de la liste des premiers élèves de Nicolet, en 1803. Tous deux méritèrent, à la fin de leur cours, en 1808, le bulletin suivant, en voj^é parle directeur à Mgr Plessis : " Parmi nos philosophes, les plus ingénieux sont Cooke et Provencher ; les plus vertueux, Provencher et Cooke ; les plus enclins à l'état ecclésiastique, autant que je puis le connaître, Provencher et Cooke."

En juillet 1855, Mgr Thomas Cooke, évêque des Trois-Rivières, fit la première visite épiscopale à St- Eusèbe de Stanfold. C'était la première fois que les

(1) Aujourd'hui (1914) Professeur de Rhétorique au Séminaire de ^^icolet.

paroissiens de Stanfold recevaient la visite de leur premier pasteur.

La seconde visite de Mgr Thomas Cooke à St-Eusèbe eut lieu les 6, 7 et 8 septen>bre 1859.

Il y avait alors 1708 âmes, 980 communiants et 280 familles. En 1839-1840, il n'y avait que 432 âmes et 251 communiants.

Le 25 septembre 1860 eut lieu la bénédiction de la pierre angulaire de l'église de St-Eusèbe, par M. Joseph Auclair, curé de Notre Dame de Québec.

Le 22 novembre 1860, dans une assemblée présidée par M. P.-H. Suzor, curé de St-Christophe, il fut décidé ■d'agrandir le cimetière. Cette résolution fut approuvée le 27 novembre 1860, par Mgr Thomas Cooke, évêque des Trois-Rivières.

Le 6 octobre, 1861, les francs-tenanciers de Stanfold présentèrent à Mgr Thomas Cooke, évêque des Trois-Rivières, une requête demandant à bâtir un nouveau presbytère. Mgr l'évêque approuva cette requête le 15 novembre 1861.

Le 4 février 1S63, l'église de St-Eusèbe de Stanfold fut solennellement bénite par M. Antoine Racine, chapelain de l'église de St-Jean-Baptiste de Québec et ancien curé de Stsnfold. Cette église avait 130 pieds de longueur, 55 pieds de largeur, les murs 33 pieds de hauteur, le clocher 160 pieds de hauteur. Elle fut incendiée le 3 mars

Le ler mai 1864, dans une assemblée de paroisse, M. le curé N. Pelletier et messieurs les marguillers du banc furent autorisés à donner l'entreprise du parachèvement de l'intérieur de l'église à M. Gédéon Leblanc, architecte.

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Cette résolution fut approuvée par Mgr Thomas Cooke, évêque des Trois-Rivières, le 3 mai 1864.

Le 27 juillet 1864, M. l'abbé Louis Henri Dostie, curé de Gentilly, fit la bénédiction de la seconde cloche de Stanfold. Elle pesait 825 livres et reçut les noms de Marie-Lucile-Caroline.

La troisième cloche de Stanfold fut bénite le 5 juin 187 1, par M. l'abbé Louis Se vérin Rheault, procureur de l'évêché des Trois-Rivières. Elle était du poids de 758 livres et fut baptisée sous les noms de Charles-Lucie- Louise-Hermine.

M. Narcisse Pelletier, curé de ot-Eusèbe de Stanfold près de vingt deux ans, mourut le 13 juillet 1874. Son corps repose dans l'église de St. Eusèbe de Stanfold.

Le premier curé de Stanfold, M. Antoine Racine, ayant été curé à peine trois ans, et le second M. P.-Lahaye, seulement neuf mois, M. Narcisse Pelletier, leur successeur et troisième curé, eut en réalité tout le fardeau de l'organisation paroissiale. Presbj^tère et église à bâtir, il lui a fallu supporter tous les inconvénients et toutes les misères occasionnés en de telles circonstances. Il n'a pas failli à la tâche. Toujours sur la brèche, il a lutté comme un digne ministre du Christ et de son église. Aimé et respecté de ses ouailles, il se dépensait généreusement pour le salut des âmes qui luiétaient confiées. A sa mort, il avait la consolation de voir la paroisse de St-Eusèbe de Stanfold bien organisée et possédant un établissement religieux des plus enviable. La population de St-Eusèbe a consen-é de ce pasteur zélé et dévoué un souvenir des plus précieux.

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