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LE COLLÈGE COMMERCIAL DE PRINCEVILLE

Le 14 novembre 1859, dans une assemblée du conseil, les paroissiens de Stanfold décidèrent de bâtir un Collège, dont la direction serait confiée soit aux Révérends Frères, de la Doctrine Chrétienne ou aux Révérends Frères Viateurs.

Le lendemin, MM. les conseillers de Princeville, Louis Richard, Stanislas Trudelle, Antoine Jutras, Godfroy Brunelle et D. O. Bourbeau votèrent une résolution dans le même sens.

A la séance du conseil de Princeville, le 12 décembre 1861, le plan pour la construction du collège, tel que dressé par M. l'abbé Narcisse Pelletier, curé de Stanfold, fut accepté avec reconnaissance, et la soumission de M. Louis Richard, écuyer, pour bâtir et parachever cette maison, toute en pierre à l'extérieur avec un rang de brique à l'intérieur, pour les prix et somme de dix huit cents louis, moins la somme de cent louis dont M. Richard fait don à la municipalité, est également acceptée.

Le 9 août 1858, la paroisse de Stanfold avait voté un emprunt à trente ans, au montant de douze mille piastres du gouvernement pour des fins quelconques.

C'est cet argent qui servit à bâtir le collège de Princeville.

On commença à bâtir le collège en 1862.

Mais à qui confier le soin de l'instruction de la jeunesse de Stanfold ? A des prêtres ? A des frères ?

A des laïques ? Il va sans dire que des trois les prêtres étaient les éducateurs les plus à désirer.

Aussi, M. Robitaille propose dans une assemblée, et M. Germain seconde : "Que dans le but d'assurer le succès du collège de Princeville, il serait à propos de le mettre sous le contrôle d'une maison d'éducation déjà existante ; que la corporation du collège de Nicolet, paraissant disposée à s'en charger, à certaines conditions, qu'il soit nommé une députation auprès de Mgr Thomas Cooke, évêque des Trois-Rivières, priant Sa Grandeur de permettre à la dite Corporation du Collège de Nicolet de se charger de la dite maison d'éducation, construite dans le village de Princeville, et que le notaire Pratte et le docteur St-Germain soient les personnes déléguées auprès de Sa Grandeur."

Mgr Cooke fut très heureux de constater le zèle des cito^^ens de Stanfold à promouvoir les intérêts de l'instruction, et, pour leur témoigner sa joie, il leur accorda tous les privilèges possibles.

Le i6 novembre 1865 avait lieu la bénédiction solennelle du Collège Commercial de Princeville.

Le Collège de Nicolet, qui avait grand besoin de ses professeurs, n'en envoya que quelques uns. Les autres professeurs furent des laïques.

L'ouverture du collège se fit sous d'heureux auspices : pas moins de 140 élèves furent inscrits.

Le 6 septembre 1866, Mgr Thomas Cooke donna la permission de dire la messe et de conserver le Saint-Sacrement dans l'oratoire du collège commercial de St-Eusèbe de Stanfold.

M. J. A. L Douville (aujourd'hui, 1914, Mgr J. A. I.

Douville, p. A.), fut le premier directeur du collège. Le second directeur fut M. Isaac Géliuas, plus tard Mgr Gélinas. Le troisième directeur fut M. l'abbé Joseph Blais^ mort le 10 octobre, 1900, curé de St -Guillaume d'Upton.

Les professeurs séminaristes furent : MAL Adélard Buisson, Edouard Laflèche, Arthur Faquin, Zéphirin Tourigny, Jos Dolbec et J. O. Simard.

Le Collège de Prince ville fonctionna de la sorte à peu près trois ans.

Mais le Collège de Nicolet ayant été obligé de retirer ses prêtres et ses séminaristes, le Collège de Princeville fut laissé sous la direction des professeurs laïques.

Peu à peu, ces professeurs laïques ne donnèrent plus satisfaction aux parents, et le nombre des élèves descendit à trente deux.

Ce que voj^ant, le conseil de Princeville ferma, en 1871, les portes du collège.

En présence d'un pareil désastre, on résolut de tenter un dernier et suprême effort. On s'adressa à des religieux enseignants, mais les parties intéressées n'ayant pu s'entendre sur les conditions, le projet, encore une fois, échoua, et c'en fut fait pour toujours du collège commercial de Princeville.

C'est alors que MM. T. Girouard, James Huston, Louis Richard et le docteur Gravel jetèrent les bases de la "Compagnie Manufacturière de Stanfold" et prirent possession du collège que le conseil leur prêtait, pourraiton dire, sans conditions, tant elles étaient minimes. On ouvrit une usine pour les chaussures, qui s'éclipsa après quelques années seulement d'une jeunesse orageuse, pour faire place à une tannerie. Cette tannerie elle-même n'a

fait que passer, et son " tombeau fut si près de son berceau, que ses langes lui ont servi de linceul."

Le 6 octobre 1880, le conseil de Princeville vendit cette bâtisse à M. P. H. Matte, pour la somme de $2000.

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