‹ Les Bois-Francs (volume 2)Chapitre 55 sur 115 · CX · texte numérisé non relu

CX

Enfin, le 2 septembre 1884, la Fabrique deSt-Eusèbe de Stanfold racheta de M. P. H. Matte, pour la même somme de $2,000.00, la dite bâtisse, pour la convertir en un couvent dont la direction serait confiée aux Révérendes Sœurs de l'Assomption de Nicolet.

Celles-ci en devinrent propriétaires pour la somme de $1400.00, le 30 décembre 1886.

Depuis leur arrivée à Princeville, en 1884, les Révérendes Sœurs de l'Assomption ont eu les sympathies et l'admiration de toutes les familles, et surtout des centaines d'élèves qui ont conservé le meilleur souvenir de leur " ALMA MATER."

QUATRIÈME CURÉ

MONSIEUR l'abbé C.-F. BAILLARGEON.

A l'automne de 1874, M. l'abbé C.-F. Baillargeon prenait possession de la cure de St-Eusèbe de Stanfold, laissée vacante par la mort de M. l'abbé Narcisse Pelletier,

Miné par la maladie, épuisé par l'exercice d'un ministère laborieux, M. l'abbé C.-F. Baillargeon espérait recouvrer ses forces en jouissant du grand air de la

campagne. II n'avait cependant rien perdu de son énergie, de son amour au travail et de son zèle pour le bien des âmes. M. Baillargeon fut un homme d'action, un vaillant distributeur de la parole de Dieu, un pasteur vigilant, un prêtre rempli de dévouement.

Mais il est une question qui a toujours été chère à son cœur : c'est l'instruction de la jeunesse. Si nous étions tentés d'en douter, nous n'aurions qu'à jeter les yeux sur Trois-Rivières et considérer les œuvres qu'il a accomplies en faveur de cette importante et noble cause.

Aussi, un de ses premiers soins, en anivant à Stanfold, fut-il de procurer à la jeunesse de sa paroisse les avantages, la facilité d'acquérir ce grand bienfait d'une bonne et sainte éducation. Il ne laissa pas s'écouler un long temps sans se mettre à l'œuvre, sans aviser aux moyens de réaliser ce patriotique et religieux projet. Il s'agissait d'appeler ou des Frères ou des Sœurs à Stanfold, pour l'enseignement de la jeunesse. Un collège commercial était bien à souhaiter ; mais comme les Frères ne pourraient se charger que du soin des petits garçons, il fut résolu qu'on appellerait des Sœurs, parce que celles-ci s'occuperaient et des filles et des garçons.

Mais, pour exécuter cette œuvre, il y avait des obstacles assez sérieux à vaincre. L'échec subi au sujet du collège, quelques années auparavant, était de nature à en tenir un bon nombre dans la crainte, à faire des incrédules. M. Baillargeon était de taille à affronter et à surmonter tous les obstables. Les difficultés d'une œuvre à accomplir n'ébranlaient nullement son courage ni sa volonté. Il savait par expérience qu'avec du travail, de l'énergie e t de la persévérance on peut opérer des merveilles.

Il poursuivait ainsi son but, lorsque, par une disposition de la Divine Providence, la maison qui, jadis avait été bâtie pour un collège devint disponible.

M. Baillargeon comprit que le moment favorable était arrivé et qu'il fallait en profiter. Cette fois, le succès va couronner l'œuvre entreprise. Après plusieurs pourparlers avec messieurs les fabriciens, il fut décidé qu'on ferait l'acquisition de la maison en question, pour en faire un couvent, dont on confierait la direction aux Révérendes Sœurs de l'Assomption de Nicolet, lesquelles arrivèrent le 27 août 1884.

La première supérieure fut la Révérende Sœur Sainte-Marie. La fabrique, qui avait acheté l'ancien collège de M. P. H. Matte, le 2 septembre 1884,1e revendit aux Révérendes Sœurs de l'Assomption, le- 30 décembre 1886.

Deux ans après l'ouverture du couvent, M. l'abbé C. F. Baillargeon abandonnait l'exercice du saint ministère et prenait sa retraite dans le village de Princeville.

CINQUIÈME CURÉ

M. l'abbé THOMAS ALEXIS L. DESAULNIERS

Le successeur de M. l'abbé C.-F. Baillargeon fut M. l'abbé Ths-A.-L. Desaulniers, curé de Saint-Bonaventure.

Monsieur le curé Desaulniers fit considérablement agrandir le presbytère, restaurer l'intérieur de l'église et l'enrichit de trois superbes cloches. La bénédiction de ce carillon eut lieu le 27 mai 1890. Mgr Antoine Racine, évêque de Sherbrooke et ancien curé de Stanfold, présida cette grande cérémonie. Mgr Gravel, évêque de Nicolet, était aussi présent, ainsi qu'un grand nombre de membres du clergé et de laïques importants.

La première cloche pesait 1500 livres, la seconde, 1171 livres, et la troisième 950.

Ce carillon fut détruit dans l'incendie du 3 mars

SIXIÈME CURE

Le sixième curé de Saint-Eusèbe de Stanfold, le curé actuel (1914), est M. l'abbé F. Edouard Baril. Il fut nommé en mars 1907.

M. le curé Baril a fait construire une splendide église pour remplacer l'ancienne, incendiée le 3 mars 191 1. Ce temple élevé à la gloire du Seigneur, un des plus beaux non seulement des Bois-Francs mais de tout le diocèse de Nicolet, redit bien hautement la générosité et l'esprit de foi des braves paroissiens de Stanfold et le zèle de son dévoué curé. Ce temple a été ouvert au culte pour la messe de minuit, le 25 décembre 191 3. Il a 180 pieds de longeur et 64 de largeur. La hauteur des clochers est de 192 pieds. La bénédiction solennelle a été faite, le 16 janvier 1914, par Sa Grandeur Monsei-

gneur J.-S. H. Brunault, évêque de Nicolet, qui, la veille, avait présidé à la bénédiction d'un superbe carillon composé de quatre cloches.

Uabbé François-Edouard Baril, né à St-Pierre-les- Becquets, comté de Nicolet, le 12 octobre 1854, de Pierre Baril, cultivateur, et de Olive Tousignant, fit ses études à Nicolet et aux Trois-Rivières, où il fut ordonné par Mgr Laflèclie, le 18 décembre 1884. Vicaire à St-Médard de Warwick (1884-1885), à Drummondville (i885),encore à St-Médard de Warwick (1885-1886), à la cathédrale de Nicolet (1886-1887), au séminaire de Nicolet, professeur de philosophie (i 887-1 903), en même temps directeur des ecclésiastiques (1900-1903), curé de Notre-Dame de Pierreville (1903-1904), aumônier des Soeurs de l'Assomption, à Nicolet (1904-1907), curé de Stanfold depuis

M. L'ABBE F.-E. BARIL Curé actuel de St-Eusèbe de Stanfold.

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