‹ Les Bois-Francs (volume 2)Chapitre 56 sur 115 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

EN Angleterre, Somerset est un comté sur le côté sud du canton de Bristol.

I^a paroisse a été placée, dit M. P.-G. Roy, sous le patronage de Saint-Calixte, en l'honneur de Mgr Calixte Marquis, un des missionnaires des Cantons de l'Est.

La paroisse de Saint-Calixte de Somerset fut érigée canoniquement le six juillet 1848 et civilement le 24 janvier 1853.

Le village de Plessisville, nommé ainsi à la suggestion de M. l'abbé Chs Trudelle, en mémoire de Mgr J. O. Plessis, évêque de Québec, fut incorporé le 27 avril

Dans l'automne de 1835, un cultivateur, natif de la Baie-du-Febvre, du nom de Jean-Baptiste Lafond, époux de Maguerite Poirier, un sac de provisions sur le dos et une hache sur l'épaule, partait de Bulstrode, avec un de ses fils, pour chercher un établissement dans les cantons voisins. Après avoir traversé le canton de Stanfold, oii quelques habitants étaient déjà établis, il s'arrêta sur le 3oème lot du 8ème rang de Somerset. Jusqu'au jour oii

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cet intrépide pionnier de la colonisation vint fixer sa tente dans ce vaste domaine de la nature, le bruit de la cognée ne s'était pas encore fait entendre dans cette forêt. Elle n'avait été visitée que par quelques rares chasseurs des paroisses du fleuve. Les animaux sauvages s'en disputaient l'empire et le chant des oiseaux, dont rien ne troublait les concerts harmonieux, seul en égayait les échos.

Lorsque, le premier soir de son an'ivée, seul avec son fiils, assis sur un tronc d'arbre, devant le feu qu'il venait d'allumer pour seréchaufî"er et préparer son frugal repas, il rêvait à son avenir, qu'aurait-il pensé de celui qui serait venu lui dire : " Brave homme, vous voilà seul en ce moment avec l'ennui, mais gardez-vous bien de vous laissez vaincre par son insépaiable compagnon, le découragement. La pauvreté avec son hideux cortège de souffrances va bientôt, il est vrai, vous assaillir et chercher à vous faire regretter la démarche que vous venez de faire; les plus grandes privations attendent ceux qui vont suivre vos traces ; mais, avant longtemps, tout cela sera fini. Une superbe église sera construite sur les bords aujourd'hui inhabités de la petite rivière qui coule à quelques arpents d'ici, et autour de cette église seront groupées les maisons d'un grand et joli village." Il eût sans doute pris pour un rêve extravagant ces paroles alors incroj^ables, et cependant, avec le temps, ce rêve est devenu une réalité.

Dans le printemps suivant(i836), Lafondvint résider avec sa famille sur la terre qu'il avait commencé à défricher, et, dans le même temps, un autre colon, du nom

de Joseph Grondin, époux de Marie Coulombe, vint s'établir sur le lot ^i.

Puis, à leur suite et presque simultanément, un bon nombre de nouveaux colons prirent des terres dans les iième, loème çème et Sème rangs. La plupart de ces colons venaient de St-Grégoire, de Bécancour et de Gentill3^ Ils se fixèrent presque tous au sud-ouest de la rivière Blanche, tandis qu'au nord-est de la même rivière se placèrent ceux venant de St-Barthélemy, de St-Cuthbert et de quelques autres paroisses au nord du fleuve, comme les familles Laurendeau, Savoie, Comtois, McCraw. D'autres familles vinrent bientôt se joindre à ces premiers, en particulier MM. :

Narcisse Pépin, époux de Angèle Michel, Jean Noël Darois, époux de Marie Grondin, Toussaint Grondin, époux de Apolline Hébert, Joseph Hébert, époux de Pélagie Gélinas, Moïse Bourbeau dit Beauchesne, époux de Céleste Grondin,

André Nadeau, époux de Rosalie Bourbeau dite Beauchesne,

Isaïe Boisvert, époux de Marie Pratte, Siméon Marcoux, époux de Louise Hudon, Auguste Dubé, époux de Déneige Garon, Moïse Perrault, époux de Josephte Dorval, François Bourbeau dit Beauchesne, époux de Rosalie Poisson.

Peu de temps après l'arrivée des premiers colons, le capitaine Lupien, de Bécancour, fit bâtir sur le huitième lot du septième rang de Somerset une perlasserie, sur le

bord du petit ruisseau qui se trouvé entre la station du cliemin de fer et l'église.

La potasse et la perlasse, produits des cendres que les défricheurs retiraient en abondance des énormes bûches de bois-francs qu'ils livraient aux flammes, furent une des premières branches de commerce de nos cantons. Il n'est donc pas surprenant de voir que la première institution de Somerset ait été une perlasserie.

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